ORIGINE DU LIQUIDE
cadavre, le cœur gauche et les artères sont vides ; le cœur droit ne contient que des caillots.
Il ne pouvait donc provenir que de la cavité péricardique ou de la cavité pleurale.
L'hypothèse d’un épanchement péricardique n’est guère soutenable. Il n'existe en effet qu’un petit espace où le péricarde puisse étre atteint de manière à laisser échapper au dehors le liquide qu'il renferme. Or ce petit espace est situé à la face antérieure du thorax et non sur le côté (rñy xheupàav).
L’eau venait donc de la plèvre. fesohou était atteint d’un épanchement pleurétique séro-fibrineux, siégeant vraisemblablement à gauche.
Cette hypothèse a été soutenue par le docteur Legué. Voici comment 1l s'exprime: « Au xvu° siècle, la Faculté de médecine a disserté sur la question suivante: « De quelle partie du corps provenait l’eau qui s’écoula du côté du Christ quand, mort, il fut percé par la pointe aiguë d’une lance ?»
« Aujourd’hui, la Faculté répondrait que cette eau venait de la plèvre et que Jésus était probablement atteint de pleurésie avec épanchement. Elle ajouterait que c’est certainement là le premier exemple de thoracentèse 1. »
La lance du soldat, dardée de bas en haut, glissa aisément entre deux côtes et ouvrit la plèvre. Le liquide citrin, distendant le thorax élastique et maintenu sous pression, jaillit aussitôt comme d’une outre
1. Légué. Médecins et empoisonneurs au XVII° siècle, 1895, pe 25.
pleine, entraînant avec lui le sang veineux non encore coagulé (il ne l’est que quatre ou six heures après la mort) qui suintait de la plaie thoracique. Tout médecin qui a pratiqué la thoracentèse a ce spectacle devant les yeux. Dans les épanchements abondants, le liquide, l’eau (v3ws) sort, comme le dit très bien l’évangéliste, entre deux ruisselets de sang (aua) vermeil.
Un épanchement pleurétique suppose une pleurésie. De quelle nature était la pleurésie d'’leschou bar-[ossef ?
Si nous songeons à sa dégénérescence, à sa grâce, à sa faiblesse musculaire, à sa tristesse chronique, à son instabilité, à ce qu'il y avait parfois en lui de seutimentalité et de douceur, à l’irritabilité de son caractère, à son incapacité au travail; sinousréfléchissons que la tuberculose entre pour un sixième dans la mortalité du genre humain et que le plus grand nombre des pleurésies sont tuberculeuses (Bernutz, Leudet, Kelsch, Vaillard), les trois quarts, dit Germain Sée, presque toutes,dit Landouzy, quatre-vingtdeux pour cent d’après la statistique de Fiedler *,
1. Fiedler. Sur la ponction de la plèvre et du péricarde. Recueil des documents cliniques de Volkmann, 1882.
cent pour cent d'après la statistique de Ricochon ‘; nous arriverons à cette conclusion qu'Ieschou était atteint de tuberculose.
Ya-t-il là dequoinous surprendre ? Est-il étonnant qu’un aliéné soit en même temps tuberculeux®? Nous allons voir que c’est là au contraire une chose extrémement fréquente.
Dès 1814, Portal * signale la fréquente coïncidence, dans une même généalogie, de la manie, de l'épilepsie et de la pthisie pulmonaire.
En 1818, W.-S. Hallaran* note l'affinité de la scrofule et de l’aliénation mentale.
Lugol fait une constatation analogue. Selon lui, la scrofule est fréquente chez les imbéciles, les idiots et les épileptiques.
« Aliénés, idiots, scrofuleux, arthritiques, dit Moreau (de Tours), en vertu de leur commune origine, de certains caractères physiques et nerveux, doivent être considérés comme les enfants d’une même famille, les rameaux divers d’un même tronc.»
Burows, Ellis, Friedreich signalent la fréquence de la tuberculose chez les aliénés.
Ésquirol dit avoir rencontré la pthisie 28 fois sur 177 d’entre eux.
Georget trouve les poumons lésés chez plus des trois quarts des fous dont il fit l’autopsie.
« Les deux cinquièmes des aliénés qui meurent