LA RÉGION PERFORÉE
Où fut porté le coup de lance ?
Sur la demande des principaux d’entre les juifs, Pontius Pilatus donna l’ordre de briser les jambes des trois crucifiés.
. Le brisement des jambes ou cruri/ragium était un supplice particulier, appliqué d'habitude auxesclaves et aux prisonniers de guerre. Chez les crucifiés, il déterminait une syncope mortelle et, avec le coup
à la tête et le coup au cœur, était un des trois moyens qu’on employait pour les achever *.
Si les juifs avaient demandé le crurifragium, supplice dégradant, c’était sans doute afin qu eschou fût définitivement perdu de réputation.
Les soldats romains brisèrent donc les jambes des deux brigands ; mais, sans doute en haine et mépris des juifs fanatiques, ils évitèrent de briser celles du Meschiach.
Seulement, pour s’assurer qu'il était bien mort et l’achever au besoin, l’un d’eux lui porta un autre
1. Origénès cité par Winer. Dictionnaire critique de la Bible. article «Crucifiement ».
des coups mortels, lui enfonça sa lance dans le côté en visant le cœur.
C’est donc, selon toute vraisemblance, au côté gauche que le coup de lance fut porté :.
À quelle hauteur ?
Le mot grec employé par l’évangéliste xhy rheupav signifie le côté, le flanc et plus particulièrement /a partie latérale du thoraroccupée par les cdtes, comme l’indiquent les mots dérivés de la même racine :
æheupioy — petite côte.
rheupirrs — costal.
rheupitu; — pleurésie.
mhevpoaëns — semblable à une côte.
rAsupé6ey — côte à côte, sur le côté.
Au surplus, si le coup avait été porté à la région latérale de l’abdomen, l’eau n’eût pu provenir que d’un épanchement péritonéal, d’une ascite apparente et qu’on n’eût pas manqué de nous signaler.
Le coup de lance atteignit donc le thorax dans la région latérale.