‹ La folie de JésusChapitre 142 sur 171 · Édouard Toulouse. Les causes de La folie, 1896, p · texte numérisé non relu

Édouard Toulouse. Les causes de La folie, 1896, p

3. Th. J. Mac Kie. Folie et tuberculose chez les nègres du Sud. The journal of the amer. and assoc., 1897, 537,

4. Léon La Bonnardière. Contribution à l’étude des rapports de l'aliénation mentale et de la tuberculose. Th. de Lyon, 1898.

La pthisie serait même la terminaison la plus fréquente de la mélancolie d’après Méad :.

Esquirol dit avoir rencontré la phtisie 62 fois sur 176 mélancoliques.

Morton et Sauvage * décrivent une phtisie a mélancoli.

D'après Clouston, un dixième des mélancoliques seraient tuberculeux.

D’après Bergonier *, les mélancoliques meurent de tuberculose dans la proportion de 36 0/0, tandis que, pour les aliénés à délire expansif, la proportion n’est que de 6,52 0/0.

Alcée Biaute ‘ conclut derecherches faites à l'asile de Charenton que la plupart des aliénés morts pthisiques étaient atteints de lypémanie, et que d’autre part la lypémanie est la forme la plus fréquente de la folie consécutive à la tuberculose.

D’après une statistique publiée par O. Snell ‘ en 1890 et portant sur 1.240 autopsies pratiquées à Hildesheim depuis vingt-six ans, la pthisie atteint surtout les mélancoliques (39,7 0/0) et les déments anciens mélancoliques (41,2 0/0).

. Cette fréquence de la tuberculose chez les aliénés est due à plusieurs causes :

. 4° Le plus souvent l’aliénation mentale et la tu-

" 4. Méad. Les œuvres médicales de Richard, Dublin, 1767, p. 308. 2. Cités par Thore, Maladies incidentes, 1847, p. 102. . 3.. Bergonier. La mélancolie cause de tuberculose. Th. de Paris, 4 Alcée Biaute. Contribution à l'étude de l'état mental dans la pthisie pulmonaire. Th. de Paris, 1879.

* 5. O. Snell. La pthisie pulmonaire chez les aliénés. Allg. Zeitsch. Psychiat., t, XLIX, 1890. ou

berculose se développent sur un même fonds commun, qui est la dégénérescence. Tout dégénéré a quelques chances de devenir aliéné, de devenir tuberculeux ou de devenir l’un et l’autre. Ses cellules pulmonaires sont aussi fragiles que ses neurones.

La tuberculose, dit Jaccoud, est « l’aboutissant commun de toutes les détériorations constitutionnelles de la famille et de l’individu ».

De plus le vice d'organisation des neurones réagit sur l'organisme tout entier. En effet ce dont hérite l’hérédo-tuberculeux, c’est d’une prédisposition(Wirchow, Kock, Bouchard, Grancher, Peter), c’est d’un terrain propre à la culture du bacille, c'est d'une diathèse spéciale. Or les diathèses sont gouvernées par le système nerveux, qui estle grand régulateur chimique de l'organisme. «Ïl paraîtcertain, dit Crocq, que la nutrition est dirigée par le système nerveux. Les maladies des centres nerveux produisantdes troubles de la nutrition, il est logique d'admettre que les troubles de la nutrition générale proviennent de - troubles du système nerveux. C'est pourquoi nous croyons les maladies diathésiques dues à un trouble du système nerveux ‘. »

Le dégénéré est donc prédisposé à la tuberculose par suite de l’altération congénitale de ses cellules engénéral et du mauvais fonctionnement qui résultpour elles de l’altération de ses neurones en particulier.

2° L’hygiène de l’aliéné est mauvaise. IL se nour-

.1. Crocq. L'unité de la diathèse, Revue de médecine, 1898 P°. 821 : ° .

rit mal, est parfois atteint de sitiophobie, se fatigue, s’expose à l'infection et au refroidissement.

La vie de vagabond, vivant d’aumônes et souvent en fuite, que menait leschou bar-fossef était à ce point de vue des plus prédisposantes.

À ces causess’ajoutent, chezles mélancoliques, les modifications physiologiques produites par la tristesse et par la crainte.

La tristesse chronique, qui résulte d'un mauvais état physiologique (Dumas a constaté l'apathie physique et morale des habitants de la Sologne, des Dombes, des Maremmes et autres régions infectées par la malaria), réagit à son tour sur l'organisme.

Elle détermine, selon moi, une contraction persistante, une sorte de tétanos des neurones moteurs supérieurs qui commandent les actes et la formation, dans leurs prolongements, de neuro-diélectriques difficilement franchissables, ce tétanos pouvant à la longue se compliquer d’une altération persistante.

De là une aboulie, une parésie générale qui frappe en particulier les muscles respiratoires. L’amplitude et la vitesse des mouvements respiratoires diminuent! ; on est suffoqué par la douleur, oppressé par le chagrin. « Le nostalgique oublie pour ainsi dire de respirer, dit Cureau. Aussi le voit-on de temps à autre inspirer profondément (bâillement) pour sup-

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