‹ La folie de JésusChapitre 143 sur 171 · Féré. La pathologie des émotions, p · texte numérisé non relu

Féré. La pathologie des émotions, p

V. Pachon. Recherches expérimentales et cliniques sur la respiralion. Th. de Paris, 1892.

pléer à plusieurs inspirations restées incomplètes ‘.

Ce ralentissement de la respiration a pour résultat:

1° La stase de l’air vicié dans les alvéoles pulmonaires: d’où hématose imparfaite.

2° Le dépôt dans le poumon de poussières, germes et bacilles, qui, dans l’état normal, auraient été chassés au dehors par l’énergie du courant expiratoire. L'infection de l'arbre pulmonaire devient donc plus aisée.

Mais l'interruption partielle d’un certain nombre de conducteurs et la chute de la pression nerveuse dans les circuitscorrespondants a pour résultat l’augmentation de cette pression dans les autres, c’est-àdire des phénomènes de court circuit portant en particulier sur les neurones vaso-moteurs. D'où une vaso-constriction intense. Cette vaso-constriction de la tristesse et de la crainte a été constatée par Hallion et Comte *, Alfred Binet et Courtier *, Pachon *‘ et l’Herminier ‘.

Or cette vaso-constriction, en empêchant la diapédèse des globules blancs et la phagocytose, favorise l'infection.

Féré fit l'expérience suivante. Il introduisit sous la peau de l'oreille de plusieurs animaux des tubes

1. Cureau. Des influences psychiques dans l'étiologie des étais morbides.Th. de Bordeaux, 1889.

2. Hallion et Comte in Archives de physiologie, fév. 1894, janvier 1895, janvier 1896.

3. Binet ot Courtier in Année psychologique, 1897, p. 65, 127.

à. Pachon, Loc. cit.

5. L'Herminier, Études pléthysmographiques en psycho-physiologie. Th. de Bordeaux, 1897.

capillaires remplis de microbes et soumit un certain nombre de ces animaux à l'influence de l’effroi. Au bout de quelques heures, il constata que, chez ceuxci, les tubes ne contenaient qu'un très petit nombre de leucocytes et que les microbes étaient intacts. Chez les animaux témoins au contraire, les tubes étaient envahis par les leucocytes et les microbes avaient disparu.

Il constata aussi que l’inoculation de cultures virulentes de microbes pathogènes (charbon, choléra des poules, pneumocoque) tue beaucoup plus vite les animaux effrayés que les animaux témoins.

La tristesse et la crainte déterminent même l'infection du sang car, par l’ensemencement,le sang des animaux effrayés donne des colonies une fois sur deux, tandis que le sang des animaux témoinsreste stérile *.

Gamaleia * parle d'une femme mordue par un chien enragé, chez laquelle on vit la rage se déclarer brusquement sous l'influence d’une frayeur.

Féré * cite le cas d'un paludéen, n’ayant pas eu d’accès depuis douze ans, qui en eut un nouveau en trouvant morte une femme qu’il connaissait.

Au rapport de Grisolle +, une femme fut atteinte de pneumonie en apprenant qu'elle était victime d’un vol.

Enfin Hutinel rapporte le cas d’un enfant qui, ayant vu la foudre tomber en face de lui, fut pris de pneumonie le lendemain.

1. Féré. Influence du système nerveux sur l'infection. Comptes rendus de la Société de biologie, 1889.

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