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LES CIRCONSTANCES DE LA MORT D'IESCHOU

L’épanchement avait pu d’ailleurs survenir cette

nuit même. Il commence à se former dès le début

de l'inflammation, et Laënnec prétendait pouvoir le constater cliniquement d'une à trois heures après

‘ le frisson. Andral et Wintrich, dans leurs expérien-

ces sur les animaux, l’ont vu se former cinq et trente heures après l’injection de substances irritantes dans la plèvre.

Il put, chez leschou, augmenter rapidement en raison de l'obstacle apporté à la circulation par le crucifiement. -

LES CIRCONSTANCES DE LA MORT D'IXSCHOU EXPLIQUÉES PAR L'ÉPANCHEMENT PLEURÉTIQUE

Mieux encore que la fatigue de ces jours sinistres où que l’asthénie consécutive à la crise d’hématidrose, mieux que la syncope de déglutition, l'existence d’une pleurésie avec épanchement abondant nous permet de comprendre l’accablement et le mutisme d'Ieschou pendant ses interrogatoires, son impuissance à porter l'instrument de son supplice,sa mort au bout de six heures en croix et la soudaineté de cette mort.

L’accablement, le mutisme, l’impuissance étaient dus à l’empoisonnement par les toxines de Koch résorbées au niveau de la plèvre, à la compression du poumon, au refoulement du diaphragme, au dépla-

cementet à la compression du cœur, des oreillettes surtout, de l’aorte et des veines caves par un épanchement d'autant plus dangereux qu’il siégeait probablement à gauche.

Quant à la mort,subite, elle est loin d’être rare dans la pleurésie séro-fibrineuse.

Elle frappe surtout l’homme, de préférence entre vingt et trente ans, et le plus souvent lorsque la pleurésie est récente et de nature tuberculeuse. Préparée par la compression du poumon et du cœur et laltération du muscle cardiaque, elle terrasse les sujets faibles et impressionnables dont le nervosisme est exagéré par l’intoxication pleurétique, et ce à l’occasion d’une excitation périphérique, d’un mouvement ou d'un effort. C’est purement une syncope réflexe persistante.

Chez Ileschou, cette syncope fut provoquée par une absorption de liquide, absorption qui suffit, nous l'avons vu, à la provoquer chez les crucifiés sains.

Les considérations qui précèdent jettent une vive lumière sur le passage de l’évangéliste Tohanan, consacré au coup de lance.

La lance du soldat pénétra aisément dans la cavité pleurale, parce que la pression du liquide détermine l’écartement des côtes.

Ce liquide fut pris pour de l’eau (u3wp), parce qu’il est transparent.

Il était mélangé de sang (œua), parce qu’en sortant il entraîna le sang provenant de la plaie pariétale ou d'une plaie du poumon, la lance ayant pu pénétrer jusqu’à cet organe.

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