‹ La folie de JésusChapitre 168 sur 171 · GENÈSE DES IDÉES D'AUTOMUTILATION CHEZ IESCHOU · texte numérisé non relu

GENÈSE DES IDÉES D'AUTOMUTILATION CHEZ IESCHOU

il en arrive, parfois sous l'influence d’une hallucination auditive de nature théomaniaque, d’un ordre de Dieu pouvant s'accompagner d’hallucinations visuelles, soit à amputer les organes sexuels siège de la volupté, soit à amputer la main masturbatrice, soit à arracher l'œil qui se platt à la vue des femmes et aux spectacles voluptueux.

Et il se mutile d’autant plus aisément qu'à son hyperesthésie voluptueuse, au court circuit qui porte * sur les neurones des sensations sexuelles correspond souvent une anesthésie sensitive, un circuit finterrompu intéressant les neurones des sensations pathiques.

Ce processus est certain chez Ieschou :

1° Il a des idées d'eunuchisme et il n’est pas impossible qu'il les ait mises à exécution.

«Il y a,dit-il,des eunuques ainsi nés du ventre de leur mère ; d’autres ont été faits eunuques par les hommes ; d'autres enfin qui se sont faits eunuques eux-mêmes pour le royaume des cieux. Qui peut comprendre cela le comprenne ! »

2 Il a des idées d’œdipisme et d'amputation manuelle qu’il rattache étroitement au coït, à l’adultère.

« Vous savez qu'il a été dit:« Tu ne commettras pas d’adultère. » Maisje vous déclare que quiconque regarde une femme pour la convoiter a déjà commis l’adultère avec elle en son cœur. Que si ton œil droit te fait chopper, arrache-le et jette-le au loin, car mieux te vaut perdre un de tes membres et que ton corps entier ne soit point précipité dans la géhenne. Que si ta main droite te scandalise, coupela et la jette au loin, car mieux te vaut perdre un de

tes membres et que ton corps tout entier ne soit point précipité dans la géhenne ‘. »

Dans un autre passage, les idées d’automutilation semblent rattachées à l’idée d’onanisme pratiqué sur des enfants :

« À qui scandalise un de ces petits enfants qui croient en moi, mieux vaudrait qu’on leur mit au cou une pierre de meule et qu'on le jetât dans la mer. Que si ta main te fait chopper, coupe-la; il te vautmieux entrer manchot dansla vie qu’avoir deux mains et aller en la géhenne, au feu qui ne s'éteint point ?. »

De ces divers passages nous sommes en droit de conclure :

4° Qu’Ieschou eût des désirs sexuels ardents ;

2 Que sa frigidité à l’égard des femmes, ou bien était en corrélation avec des habitudes d’onanisme, ou bien résultait d’une castration volontaire, oubien avait fait suite à une période d’excitation sexuelle, remplacée par de l’exaltation mystique.

En effet Krafit-Ebing * a fait remarquer que la ferveur religieuse est souvent un véritable équivalent clinique de l’instinct sexuel surexcité. De fait la frigidité est aussi fréquente que la lubricité chez les délirants mystiques.

1. Évangile selon Matthins, V. ° 2. Évangile selon Markos, IX. .

Matthias, XVII,

3. Lehrbuch der Psychiatrie auf klinischer Grundlage, Stuttgard, 1879-1880.

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