‹ La folie de JésusChapitre 31 sur 171 · VIIL. — L’évangile selon Iohanan (Jean · texte numérisé non relu

VIIL. — L’évangile selon Iohanan (Jean

L'auteur de l’évangile selon Iohanan écrivit probablement à Éphésus (Éphèse) en Asie-Mineure entre 100 et 120 de l’ère vulgaire.

Les sources où il puisa sont :

4° Les évangiles synoptiques ;

2° Des documents inconnus, sinon de l’évangéliste selon Lucanus, du moins des évangélistes selon Markos et Matthias, et dont l’un émanait de l’apôtre lohanan, fils de Zébadya (Zébédée), qui habita Hiérusalem.

L’auteur est un juif ou peut-être un grec écrivant sous la dictée d’un juif. La construction de ses phrases est tout hébraïque.

C'est un mystique imbu de la doctrine du Logos, originaire d'Alexandrie, courante en Asie, en Grèce et en Égypte chez les Benè-Israël ayant subi l’influence hellénique et où la philosophie grecque s’alliait au monothéisme juif. D'après cette doctrine incohérente, dont le principal représentant est Philôn, la Parole, le Verbe (Logos) est l’ensemble du monde des intelligibles ou des idées-types divines, le lieu et l’unité des puissances divines, le révélateur et l’intermédiaireentre Dieu et l’homme dansle monde moral. Dieu gouverne le monde par la Parole dispensatrice de la vie et de la vérité. Or l’auteur de l’évangéliste selon Iohanan veut qu'Ieschou soit la Parole le Verbe fait chair. Il s’attache à le prouver et surcharge lés faits d'entretiens théologiques.

Comme l’évangéliste selon Matthias, il voit des prédictions relatives à l’Oint dans des passages de l’ancien Testament où il n’en est nullement question et commet, en traduisant tel passage de Zekarya (Zacharie, XII) ou du psaume LXIX, de naïfs contresens.

Il abuse de l’allégorie et du symbole.

leschou ayant dit, dans un accès de délire, en parlant du temple de Hiérusalem : « Abattez ce temple et je le reconstruirai dans trois jours », il assure qu’il a voulu parler du temple de son corps.

Malgré ces défauts, qui l'ont fait réprouver par les critiques allemands et hollandais, cet évangile a une grande valeur historique.

Eirenatos (Irénée) n’avait aucun doute sur son authenticité et plusieurs pères de l’Église le mettaient au-dessus des synoptiques.

Hase, Weizsæcher, Michel Nicolas, Ernest Renan, Edmond Stapfer, Percy Gardner ont reconnu sa valeur. ‘

On trouve chez lui des passages dépourvus d'orientation et d’intention, des circonstances indifiérentes et désintéressées qui sont d’un biographe et non d’un conteur.

Pour tout ce qui a trait au séjour d'leschou à Hiérusalem, surtout au dernier, il est incontestablement supérieur aux synoptiques, bien qu'il commette des erreurs de détail. « Plusieurs traits de la Passion, inintelligibles chez eux, dit Ernest Renan, reprennent, dans le récit du quatrième évangile, la vraisemblance et la possibilité .. »

1. Ernest Renan. Vie de Jésus, 13° édition. Introduction, LXX VII.

Il dépeint avec exactitude le caractère de Pontius-Pilatus et est d’accord avec les talmuds sur la date du crucifiement.

On lui a reproché avec raison de prêter son propre style à leschou. Ernest Renan reconnaît pourtant que, « dans ces longues homélies, il y a plus d'un trait qui a sa valeur historique *. »

Edmond Stapfer dit de son côté : « Il est une foule de paroles placées dans la bouche du Christ qui sont certainement aussi historiques que celles que les trois premiers évangiles lui attribuent et qui portent le cachet inimitable des mots authentiques du Seigneur *. »

Au surplus certaines de ces paroles se retrouvent identiques dans les synoptiques.

La vérité est que si l’évangéliste selon [ohanan n’a pas respecté le style d'Ieschou, 27 a respecté sa pensée: Nous avons là, comme le fait remarquer Renan, quelque chose d'analogue aux lettres de Catherine de Sienne, rédigées par son secrétaire, ou aux révélations de Catherine Emmerich, rapportées par Brentano.

Je montrerai en effet que les discours prêtés à leschou par cet évangéliste sont, par la nature des images et des idées et par leur agencement, tout à fait semblables aux discours que tiennent les délirants mystiques.

De telle sorte que l'argument d’Ernest Havet, qui

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