Flavius lossef. Antiquités, XVIIL
ÿo À ces documents il faut peut-être ajouter la
Vie de saint Issa, le meilleur des fils des hommes, qui aurait été écrite dans l’Inde, d’après les renseignements fournis par des marchands venus de Judæa, l’année même de la mort d’Ieschou. Elle aurait été apportée de l'Inde, vers 200 de l’ère vulgaire, dans un couvent du mont Marbour près Lassa, ville du Thibet, sous la forme d’un manuscrit en langue pali, qui fut déposé ensuite dans la bibliothèque de Lassa et traduit en langue thibétaine. C’est sous cette forme que Nicolas Notovitch déclare en avoir pris connaissance au couvent Himis, près Leh, capitale du Ladah.
Les quatre évangiles canoniques nous sont parvenus sous la forme de manuscrits grecs du v° siècle.
Ces livres,que les chrétiens regardent comme des « livres sacrés »,sont en réalité des biographies légendaires écrites dans un but de propagande, analogues aux haddith relatifs à Mohammed (Mahomet), mais où il est facile de distinguer la légende de l’histoire.
Elles sont l’œuvre d'hommes ignorants, peu intelligents, naïfs, passionnés, et somme toute de beaucoup inférieurs aux plus humbles desservants de nos campagnes.
Elles ne sont pas l'œuvre de romanciers ou de conteurs.
À cette hypothèse, quasi officielle dans la francmaçonnerie, les sociétés de libre pensée, les partis
anticléricaux et généralement reçue, les exégètes laïques opposent avec raison les arguments suivants :
Des romanciers et des conteurs eussent produit des récits plus homogènes. Ils n’eussent pas laissé passer les contradictions et les incohérences ni commis les bévues qu'ont commises les évangélistes.
On ne verrait pas chez eux revenir à deux reprises les mêmes faits, tels que le signe du ciel réclamé à leschou, le reproche qu’on lui fait de chasser les démons par Baal-Zéboub (Belzébuth), la multiplication des pains.
< Ge n’est pas ainsi qu'on invente, disait Rousseau, et l'inventeur d'une pareille histoire en serait plus étonnant que le héros. »
« Il y a chez les premiers apôtres du christianisme, dit Peyrat, une forte dose d'enthousiasme, mais nulle trace de mensonge calculé ; ils étaient trop simples pour arranger une fable qui pût faire illusion. Quels que soient les auteurs des évangiles, leur ingénuité et leur bonne foi sont évidentes ; un imposteur y aurait mis plus d’habileté ; il aurait mieux fondu dans la véritable histoire les légendes, les mystères, les prétendues prophéties, plus ou moins applicables à Jésus, considéré comme Messie; iF aurait senti combien l’inébranlable incrédulité des contemporains infirmait les miracles attribués à Jésus ; et il les aurait moins prodigués ‘. »
« Si on avait inventé Jésus, dit Albert Réville, on
1. A. Peyrat. Histoire élémentaire et critique de Jésus, Michel Lévy, 1864, p. 33.
l’eùt évidemment revêtu de tous les caractères attribués à celui qui devait déhvrer le peuple juif et le faire régner sur la terre. Cela est si certain qu'on n'a pas manqué de reporter sur son second avènement tout ce qui, dans les attentes messianiques, avait manqué au premier ‘. »
Son existence réelle est prouvée, non seulement par le caractère des évangiles canoniques, mais par le caractère des écrits qui virent le jour à la période de formation de l'Église, comme les épiîtres de Schaoul dit Paulos (saint Paul), et « dont la composition serait entièrement inimaginable, s'ils n'avaient été précédés par une réalité historique semblable, tout au moins dans ses lignes générales, à celle qui nous est décrite par les narrateurs évangéliques *. »
Renan, frappé en visitant la Palestine de l'accord des textes avec les lieux et de l'harmonie de l'idéal évangélique avec le paysage galiléen, écrivait en 1867 :
« Supposons qu’il y a quinze ou vingt ans trois ou quatre vieux soldats de l'Empire se fussent mis chacun de leur côté à écrire la vie de Napoléon avec leurs souvenirs. Il est clair que leurs récits offriraient de nombreuses erreurs, de fortes discordances. L'un d'eux mettrait Wagram avant Marengo:; l’autre écrirait sans doute que Napoléon chassa des Tuileries le gouvernement de Robespierre ; un troisième omettrait des expéditions de plus haute importance. Mais une chose résulterait certainement
1. Albert Réville. Jésus de Nazareth, Fischbacher, 1897, I, p.128, 2. Ibid., 260.
avec un haut degré de vérité de ces naïfs récits, c’est le caractère du héros, l'impression qu'il faisait autour de lui. En ce sens, de telles histoires populaires vaudraient mieux qu’une histoire solennelle et officielle. On peut en dire autant des évangiles ‘. »
Je pourrais, moi médecin, m’en référer à ces spécialistes en matière d’exégèse et m’on tenir à leurs arguments.
Je n’userai pas de ce procédé facile, parce que ma conviction repose moins sur ces preuves que sur d’autres, qui me sont personnelles et que j'appelle les preuves biologiques de l'authenticité des évangiles canoniques.
Voici en quoi elles consistent.
Nous sommes en présence du dilemne suivant :
Ou les évangiles canoniques sont l'œuvre d'historiens, de biographes ayant réellement observé ce qu’ils rapportent, ou ils sont l'œuvre de conteurs.
Envisageons la seconde hypothèse.
St les évangiles sont l'œuvre de conteurs, ces conteurs ne peuvent être que des médecins, des neurologistes, des aliénistes.
Comment des conteurs en effet, autres que des médecins et des aliénistes, eussent-ils pu savoir que la dégénérescence donne lieu, dans les familles, à l'apparition des types dissemblables ;
Que la folie religieuse se développe surtout dans les campagnes et plus particulièrement dans les