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tres ; une grande porte, toujours ouverte pendant le jour. |
Entrons. Nous voici dans une chambre unique au mobilier des plus simples. À terre quelques nattes. Çà et là l’établi et les outils du charpentier, un moulin à bras où, chaque matin, la femme ou les filles moulent le grain; un fourneau de cuisine à
deux réchauds, une plaque de fer pour griller le
blé ou cuire le pain, des écuelles de bois, quelques outres, une ou deux cruches de terre, des gobelets, des tasses; un boisseau qui sert à La fois de mesure, de tiroir, de sac et de table; un vaste coffre où l’on serre pendant la saison chaude les nattes et Les couvertures; un balai; une lampe d'argile à huile et à deux ou trois becs, très haute et qu’on pose à terre ou, si l’on veut éclairer toute la chambre, sur le coffre ou sur le boisseau. Les lits sont des couchettes portatives qu'on roule chaque matin et qu'on place sur des étagères pratiquées dans les murs. À ceuxci sont accrochés quelques vêtements : des robes et des voiles.
Cette chambre est à la fois un atelier, une cuisine, une salle à manger et une chambre à coucher. Elle sert à toute la famille.
Au temps d’leschou, avant chaque repas, on se lavait les mains, non par propreté, car le juif d'orient n’est pas propre, mais pour se conformer à une prescription religieuse suggérée par cette malpropreté même.
La famille faisait cercle autour du boisseau retourné sur lequel on avait posé un plat. Le père rendait grâces à [ahvé de la nourriture accordée
(c'est l'origine de notre Benedicite). Son fils atné répétait une partie de sa prière; puis on s’accroupissait à la mode orientale et la mère distribuait à chacun une galette ronde et plate sur laquelle elle avait posé une part de beurre et de fromage ; chacun rompait sa galette et en trempait les morceaux dans le plat. Outre le beurre et le fromage, le menu ordinaire se composait d’œufs, de miel et de graïn rôti; on n’achetait de viande, bœuf, mouton ou chevreau, qu'aux jours de fête. En été, un peu de raisin et quelques figues complétaient le menu. À certaine époque, les enfants allaient récolter des sauterelles qu’on réduisait en poudre et dont on faisait un gâteau. On buvait du vin, beaucoup de vin, le vin très alcoolique du pays, ou du schéchar, bière commune, préparée avec du froment et des fruits. Des deux repas le plus frugal était celui du soir.
Dans ces villages juifs, l’hiver, toute la famille couchait dans la chambre. L'été, la chaleur et les insectes qui y pullulaient la rendant inhabitable, on se réfugiait sur la terrasse, dont le sol dur, fait de chaux mélangée à du gravier et battue avec de la cendre, laissait passer çà et là une maigre végétation.
Telle était la vie pendant la semaine.
Mais, le jour du sabbat, où letravail était interdit, le charpentier rangeait ses outils et le temps se passait en dévotions ‘, courtes promenades et causcries.
4. On lit dans la Vie de Saint Issa : « Les parents du nouveauné étaient de pauvres gens appartenant par leur naissance à une famille d’une piété insigne. » ©