‹ La folie de JésusChapitre 39 sur 171 · LS · texte numérisé non relu

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La synagogue de Nazareth était, comme toutes les synagogues, une construction rectangulaire supportée par huit colonnes intérieures, quatre de chaque côté, et ornée de rinceaux et de torsades. Le fond, construit en hémicycle (comme l’abside de nos églises), était occupé par une estrade qui supportait une petite chaire et une armoire pour les manuscrits sacrés. (C’est l'origine de notre tabernacle.) Cette estrade était réservée aux lecteurs, aux scribes et à certains fidèles. (C'est l’origine de notre banc d'œuvre.) Le reste de la salle était garni de bancs. D’un côté se tenaient les hommes, le turban sur la tête, de l’autre les femmes, voilées. (Cette séparation des sexes existait encore dans nos églises au moyen âge.) Toutes les places étaient gratuites, sauf celles de lestrade et du premièr rang.

Lorsque le service commençait, un personnage, désigné d’avance et monté sur l’estrade, récitait le schéma et le schémoné ezré ; à la fin de chaque prière, tout le peuple debout répondait d'une voix forte : Amen, (mot hébreu resté dans la liturgie catholique). Le hazzan (sorte de sacristain) tirait alorsde l'armoire l’étui renfermant les textes hébreux du Pentateuque et sept lecteurs lisaient à tour de rôle, d’une voix monotone et nasillarde, trois ou quatre versets chacun. Chaque verset était aussitôt traduit en araméen, car les galiléens ne comprenaient pas plus l’hébreu que beaucoup de bretons ne comprennent le français.

Un des lecteurs faisait ensuite un commentaire oral ou midrasch. « C'était la plupart du temps, dit

Edmond Stapfer, de pauvres etinintelligentes remarques, des rapprochements forcés, des observations puériles ‘. » (On pourrait en dire autant des homélies actuelles, qui proviennent des midrasch juives). Les assistantsavaient le droit de faire des objections et de poser des questions aux lecteurs.

« Ce commentaire achevé, le personnage qui avait récité les premières prières venait lire un passage du livre des prophètes ; tous les trois versets, un interprète traduisait. Enfin la bénédiction était prononcée (comme dans nos églises) et l'assemblée se retirait. Les dernières lectures et récitations étaient séparées (comme dans nos églises) par le chant des psaumes; et trois diacres recueillaient les dons des fidèles pour les pauvres *. » (C’est l’origine de nos quêtes *.)

Après l'office de la synagogue, lossef, Miryam et leurs enfants faisaient sans doute une promenade, sans parcourir toutefois plus d’un kilomètre, ce qui était défendu le jour du sabbat. Peut-être montaient-ils sur le djebel-es-Sikh, montagne de 542 mè-

1-2. Edmond Stapfer. Jésus-Christ avant son ministère, Fischbacher, 1806.

3. On voit quo les catholiques ont mauvaise grâce à se proclamer antisémiles. La religion chrétienne est aussi juive que son fondateur.

Les aryens catholiques ne peuvent pardonner aux juifs de n'avoir pas les mêmes défauts qu’eux-mêmes. Mais il n'est pas cortain que les défauts des juifs soient, au point de vue social, plus graves que ceux des aryens.

Quoi qu'il en soit, nos modernes antisémites oublient un peu trop souvent cette parabole de la paille et de la poutre que conta, il y a dix-neuf cents ans, dans une minute de clairvoyance, ce uif, fils de juifs, dont ils font leur dieu.

tres de hauteur, la plus élevée des environs immédiats de Nazareth et qui en domine au nord les plus hautes maisons. De ce plateau, où souffle une brise perpétuelle, on aperçoit au nord des monts de Saphed et le pic neigeux du djebel ech Cheïkh (Hermon), à l’est les montagnes du pays de Nablous (l’ancienne Sichem), les Gelboë, le djebel-Tor (Thabor), que l'antiquité comparait à un sein, et, par delà la vallée du Cheriat-el-Kebir (Jourdain), les hautes plaines de la Perée; au sud les montagnes de Sébaste; à l'occident enfin le double sommet qui domine Megiddo et la chaîne bleuâtre du djebel-mar-Elias (Carmel) tombant à pie-dans la mer bleue. |

LES PÈÉLERINAGES D'IOSSEF ET DE MIRYAM

lossef et Miryam n'étaient point de ces provinclaux qui n’ont jamais quitté leur pays natal.

Comme :ïl était interdit par la loi de Mosché (Moïse) de sacrifier hors du temple de Hiérusalem, chaque année, à la fin de mars, après avoir pris des précautions minutieuses pour être en état de pureté, ils se rendaient dans cette ville, distante de 108 kilomètres en ligne droite, pour la fête du printemps, la paskhâ (la pâque). Peut-être s’y rendaient-ils

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aussi pour la fête des vendanges dite des Huttes ou des Tabernacles.

Tous les dévots du village partaient ensemble. Les hommes étaient armés car, sur les chemins de ce pays mal policé, on était exposé aux attaques de brigands. Parmi les pèlerins se trouvaient des « parents » ‘ d’Iossef et de Miryam, ce qui prouve qu’ils appartenaient à une famille pieuse.

Voici, d’après Edmond Stapfer, le chemin que suivait la petite troupe:

Comme il fallait éviter l’hérétique Samaria, boycotée par les orthodoxes, ils croisaient la grande route des caravanes d’Égyptia à Damascus (Damas), passaient à Shunem, à Esdraëla et arrivaient enfin, après neuf heures de marche, à Scythopolis C'était une ville forte, dominant le Jordanes (Jourdain) d’une hauteur de 100 mètres et remplie de monuments païens : temples, jeux et théâtres. Les pèlerins n’y entraïent pas, pour ne point contracter de souillures par le contact des infidèles; ils campaient au voisinage de ses murs, les hommes dressant les tentes et les femmes préparant le repas du soir.

Le lendemain, ils suivaient la*vallée du Jordanes, couverte de riches pâturages et traversée par de nombreux ruisseaux. Îls passaient à Suchoth et à Archelaïs, que venait de construire Archelaüs, l’un des fils d’Hérodès. Cette seconde étape était de douze heures.

Le troisième jour, ils doublaient Phasaëlis, ville

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