Actes des apôtres, I
2. S’il faut en croire les récits rédigés par Nikephoros Callistos d'après Évodius, elle passa onze ans dans sa maison et mourut à 59 ans (d'autres disent à 72 ans).
D'après ces données, elle aurait été âgée de 48 ans (ou de 61 ans) à la mort d'Ieschou ot, celui-ci étant mort à l’âge de 33 ans, de 15 ans (ou de 28 ans) à sa naissance.
On lit dans Le livre du passage de sainte Miryam que celle-ci habitait à Hiérusalem, sur la montagne de Sion, et qu'elle allait matin et soir prier sur lo Goigotha. Les juifs, ajoute l'auteur de cet ouvrage, résolurent de la faire périr et de brûler sa maison. Mais ils eurent connaissance d'une lettre adressée par Abgar Oukäma, roi d'Édessa, à Tiberius, pour le prier de ne pas trouver mauvais qu'il aille, à la tête d'une armée, châtier les juifs d’avoir crucifié Ileschou.Les cohènes de Hiérusalem prièrent alors Miryam de quitter la ville pour éviter une sédition. Elle serait morte onze ans après [eschou, à 59 ans, etles apôtres auraient assisté à sa mort. D'après l'Évangile des douze apôtres de Revillout, celleci serait survenue quinze ans après celle d'Ieschou. On lit aussi dans cet évangile que les juifs voulurent brûler son corps de peur que les chréliens n’en fissent aussi une ressuscitée, qu'ils ne purent mettre le feu à sa maison et que Miryam fut transportée au ciel par Îeschou dans un char de feu précédé de chœurs d'anges.
Le fragment copte de La mort de la Vierge, traduit par Dulau-
rier, la fait mourir aussi quinze ans après leschou et le Livre du passage de sainte Miryam vingt-deux ans après.
La liturgie romaine identifie Miryam avec la sagesse des Proverbes et de l’Ecclésiastique. Son hagiographie résume toutes les perversions mystiques de l'esprit humain. Épiphanès (saint Épiphane) proclame sa virginité perpétuelle. Ambrosius (saint Ambroise) et Grégorius (saint Grégoire le Grand) soutiennent qu'elle a enfanté clauso utero. En 431, le concile d'Éphésius lui donne le titre de Osotoxoc (mère de Dieu). En 608, le pape lui consacre le panthéon de Rome. Ses prétendues reliques font des miracles. Ses images se multiplient dans les églises, les rues et les maisons. Pierre Damien montre Dieu lui-méme chantant les cantiques de Schélomo (Salomon) en son honneur. Bernard Tescelin (saint Bernard) lui adresse des prières. A partir du xr siècle. un office spécial lui est consacré dans les cloîtres , le samcdi lui est voué, puis le mois de mai. Dans le Grand Psautier de Marie, on travestit tous les psaumes en prières à elle adressées et les attributs divins lui sont transportés. Les carmélites se vantent de sa faveur spéciale et leur sixième général Simon Stock prétend avoir reçu d'elle, en 1246, un scapulairé qui préserve du feu éternel. Les dominicains lui consacrent le rosaire en 1280. Les franciscains proclament sa conception immaculée. Plusieurs jésuites déclarent qu'elle est le centre caché de toute l’Écriture et qu'elle a plus de part que le saint-esprit à l'inspiration du nouveau Testament. Les congrégations des sœurs théatines de l’Immaculée- Conception, des sœurs de l'Annonciation, de la Visitation, de la Présentation, des sept Douleurs, de l’Assomption, etc. se fondent en son honneur. Au zvtri° siècle, Alfonse de Liguori soutient que ses prières sont des.ordres pour Dieu, qu'il faut passer par elle pour arriver au paradis et qu'elle peut sauver les âmes de l'enfer. Enfin, vêtue de blanc ou de bleu, nimbée et couronnée d'or, elle donne lieu à plusieurs hallucinations mystiques entre autres à celles de Bernadette Soubirou qui nous valurent Lourdes.