‹ La folie de JésusChapitre 60 sur 171 · Évangile selon Iohanan, VII · texte numérisé non relu

Évangile selon Iohanan, VII

. LI " = mn

D'où il résulte avec évidence qu'ilse rendait compte du danger qu'il courait et se méfiait de ses frères.

La fête des Huttes ou des Tabernacles (du mot latin {abernaculum qui signifie Autle) était la fête des vendanges. Elle se célébrait en septembre et durait sept jours. Ploutarchos la comparait avec raison aux fêtes en l’honneur de Dyonisios.

Elle donnait lieu aux plus importants pèlerinages de l’année, ce qui montre la place que tenait, dans les préoccupations des anciens juifs, la culture de la vigne. Heureux de s’abandonner à leur instinct nomade, ils affluaient à Hiérusalem en si grand nombre que beaucoup, n'ayant pas où se loger en ville, étaient obligés de se construire dans la banlieue, sur le mont des Oliviers par exemple, des abris pro-

visoires avec des branches d'arbres, d’où le nom

donné à la fête.

D'où aussi l'habitude de commémorer, à cette occasion, la fuite des Bené-Israël hors d'Égypte et leur vie au désert sous l'abri provisoire des tentes.

Durant ces sept jours, il était interdit de travailler. On festoyait en famille ; on invitait à sa table les lévites, les veuves et les orphelins ; on dansait sur les places publiques ;.on remerciait Iahvé des récoltes de l’année et on offrait des sacrifices au temple.

Le pèlerinage des frères d'Ieschou à l’occasion de la fête des Huttes montre qu'ils n'étaient pas moins religieux que leur père et que leur mère. Nous allons voir que la piété de l’un d’eux, laäkob, allait jusqu’au fanatisme.

Ils ne tardèrent pas à changer d'attitudeà l’égard du Meschiach. Dans un second voyage à Caphar-

em Dm —

naum ils font partie de sa suite et, à cette occasion, l’évangéliste selon Iohanan les nomme avant les disciples, comme si déjà ils eussent occupé dans la secte une place prépondérante.

De son côté l’auteur des Actes nous les montre, eux et leur mère, se réunissant après le crucifiement avec les apôtres dans la chambre haute de Hiérusalem où leschou avait coutume de se tenir.

Sans doute, impressionnés par ses cures et l’en- à thousiasme. populaire qu’il provoquait, ils .en étaient L arrivés à croire à son caractère surnaturel, à | moins que, en juifs industrieux eten paysans madrés, ils n’eussent trouvé profitable de.se faire entretenir par les prosélytes fortunés et. en particulier par ces dévotes qui, au témoignage de l’évangéliste selon Lucanus, « aidaient [eschou de leur avoir ‘ ».

L’un d'eux assurément, laäkob, était sincère.

Deux au moins vivaient encore à l'époque où Schaoul dit Paulos (saint Paul) composa sa Première épiître aux corinthiens c’est-à-dire en 57.

En effet l’apôtre, répondant à certaines attaques, g'écrie :

« N’avons-nous pas le droit d'emmener avec nous une femme sœur ?, de même que les autres apôtres et Les frères du seigneur *. »

« Une femme sœur »signifie une femme appartenant à la secte chrétienne.

I1 résulte dece passage que plusieurs frères d’Ies-

Page 1