Actes des apôtres, XV
viandes étouffées c’est-à-dire non saignées, d’excès ou de perversions sexuelles et de certains contacts réputés impurs :.
laäkob ajoute qu’au surplus, grâce à l’expansion du peuple juif, il existe une synagogue dans chaque ville importante et qu'on y lit, à chaque sabbat, des. passages de la loi de Mosché.
En n’exigeant pas la circoncision des non-juifs qui désiraient entrer dans la secte chétienne, le frère d’Ieschou fit preuve de clairvoyance. S'il n’avait pas cédé sur ce point à l’apôtre des goym, la secte n’y eût pas survécu ou du moins n’eût jamais dépassé les limites de la Palestina.
En effet, outre que l’opération était douloureuse, il était interdit aux romains de s’y soumettre sous peine d’exil perpétuel et de spoliation de leurs biens. Ils s'exposaient à la même peine s'ils toléralent la circoncision chez leurs esclaves. Un juif qui imposait cette mutilation à ses esclaves non juifs était puni de mort. Beaucoup de juifs même renonçaient à la circoncision pour échapper à la persécution dirigée contre les chrétiens et à l'impôt de capitation auquel tout israélite était soumis et qui donnait lieu à des visites corporelles.
On peut dire que l'avenir du christianisme a tenu
1. Cesprescriplions sontdes règles d'hygiène empirique introduites dans la religion juive. Les viandes non saignéos sont dangereuses parce qu'ellesse corrompent rapidoment el déterminent des intoxications alimentaires (exemple : le canard à la rouennaise). Les excès et les perversions soxuels déterminent des troubles nerveux, Enfin l'interdiction des contacts impurs était un premier pas vers l'asepsic.
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tout entier dans la question du prépuce et que son succès fut l’œuvre de Schadëul.
Ainsi laäkob ménage la chèvre sémitique et le chou aryen. Non moins astucieux que son frère Jeschou, qui condamne sans le condamner l'impôt dû au césar, il approuve Schaëul sur un point et le désapprouve sur d’autres. Comme lui, il dispense les non-juifs de la circoncision, mais à son encontre il exige d'eux certaines observations mosaïques.
Il fallait faire connaître aux goym d’Antiochæa la décision du frère d’Ieschou sans paraître désavouer Schaôul et bar-Nabi. Voici comment:on s’y prit :
« Alors, continue l’auteur des Actes, il sembla bon aux apôtres et aux anciens ainsi qu’à toute l'Eglise d'envoyer à Antiochæa des hommes choisis en son sein avec Paulos (Schaoul, Saint Paul) et bar-Nabi savoir : lehouda dit bar-Abba et Silas, éminent parmi les frères, à qui ils remirent cette épttre :
« Les apôtres, les anciens et les frères aux frères appartenant aux goym à Antiochæa,en Syria et en CGilicia, salut. Ayant appris que quelques-uns d'entre nous vous ont troublés par leurs propos et ont jeté l'inquiétude en vos âmes sans avoir mission de notre part, nous avons décidé d’un commun accord de vous envoyer des personnages choisis par nous avec nos très chers bar-Nabi et Paulos, lesquels ont exposé leur vie pour le nom de notre sei-
" gneur, leschou l'Oint. C’est pourquoi nous avons
expédié Jehouda et Silas qui vous expliqueront cela de vive voix. | En effet il a semblé bon à l'esprit saint et à nous-
mêmes de ne plus vous imposer que les choses essentielles, savoir l’abstention des viandes sacrifiées aux idoles, du sang, des bêtes étouffées et de la paillardise, desquelles choses si vous vous gardez vous ferez bien. Adieu! »
« Ceux-ci, après avoir pris congé, se rendirent à Antiochæa où, ayant réuni l’assemblée, ils remirent la lettre. Lorsqu'on en eut pris connaissance, on loua Dieu de la grâce. [ehouda et Silas, qui étaient prophètes, exhortèrent les frères par de longs propos et les confirmèrent dans la foi. Après avoir séjourné quelque temps à Antiochæa, ils furent congédiés en paix par les frères pour rejoindre ceux qui les avaient envoyés », (c’est-à-dire laäkob et les autres apôtres).
Schaôul lui-même raconte l'affaire en ces termes, dans son Épître aux Galates, écrite en 56 :
« Quatorze années plus tard, je montai de nouveau à Hiérusalem avec bar-Nabi, emmenant aussi Titus avec moi. J’y montai d’après une révélation, (Schaôul, qui était extrêmement orgueilleux, se garde bien de nous dire qu'il y fut mandé d'office par les chefs de la-secte). Et je conférai avec eux sur l’évangile que je prêche parmi les goym. — Je le fis en particulier avec les plus considérés d’entre eux, afin qu'il fàt constant que je courais et n'avais pas couru en vain... et, reconnaissant la grâce qui . m'avait été accordée, laäkob (le frère d’Ieschou), La Pierre et Iohanan, estimés des colonnes, nous donnèrent à moi et àbar-Nabi la main d'alliance pour que nous allassions, nous vers les goym, eux vers la cir-
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concision, à cette seule condition que nous nous souvenions des pauvres, ce que je me suis empressé de faire ‘. »
IV. Les émissaires d’Iaäkob à Antiochæa. — Nous voyons laäkob intervenir une seconde fois pour faire respecter par les apôtres la loi de Mosché (Moïse). Mais cette fois il s’adresseà Schimeën dit La Pierre :
« Lorsque La Pierre vint à Antiochæa, dit Schabul qui pour le moment se conformait aux ordres d’Iaäkob, je lui résistai en face parce qu’il était à reprendre.Car d’abord, avant que certains fussent arrivés de la part d’Iaäkob, il mangeait avec les goym * ; mais, ceux-ci venus ‘, il se retira à part par crainte de ceux de la circoncision ».
Il résulte de ces passages:
1° Qu’laäkob, tout en se laissant suggestionner par leschou, était resté attaché au culte mosaïque au point d'en exiger l’observance des païens qui se convertissaient à la nouvelle religion ;
2° Qu'il jouissait, dans l’église de Hiérusalem, d’une influence prépondérante, qui rappelle celle d’Ali, gendre de Mohammed, dans la secte mahométane ;
3° Qu'il faisait partie du groupe d’apôtres qui s'étalent chargés de la conversion des juifs.
1. C'est-à-dire que nous prélevions sur les produits de notre prédication une certaine somme pour les pauvres. Schaüul. Épttre aux Galates, If.
2. C'est-à-dire qu'il ne se conformait, ni dans son alimentation ni dans sa manière de manger, aux prescriptions de la loi mosaïique.