‹ La folie de JésusChapitre 93 sur 171 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

La Constitution

Les évangiles canoniques ne nous fournissent aucun renseignement précis sur la constitution d'Ieschou bar-lossef.

Mais certains passages de ces biographies vont nous permettre de procéder à son égard comme Georges Cuvier à l'égard du mégalonyx et du mégathérium dont il ne possédait que quelques os, ou comme les statuaires contemporains à l'égard des marbres antiques dont il ne reste que des fragments.

Aucune image authentique d’Ieschou ne nous est parvenue. Ses portraits traditionnels sont des œuvres d'imagination. Néanmoins ils doivent peu différer de la réalité. Il existe en effet une corrélation entre la constitution physique et la constitution mentale, de telle sorte qu’on peut se représenter,

avec un certain degré d’exactitude, l’habitus d'un sujet d’après ses actes et ses paroles.

Les écrivains chrétiens des premiers siècles, loustinos, Tertullianus, Origénès tenaient Jeschou pour laid ; 11 semble qu’ils furent victimes des préjugés antiesthétiques de l’époque.

IL est difficile d'admettre qu’un homme laïd ait pu provoquer un pareil enthousiasme, surtout de la part des femmes, dont plusieurs, au témoignage de l’évangéliste selon Lucanus, « aidaient [eschou de leur avoir » *.

Pour que Schimeün dit La Pierre et son frère Andréas (André), pour qu’Iaäkob (Jacques) et Iohanan bar-Zebadya (Jean fils de Zébédée) se soient mis à le suivre sur une simple invitation de sa part *, pour que de grandes foules l’accompagnassent ?, pour que, chez Schimeün de Béthania, une fille de joie ait répandu sur sa tête une alabastre de myrrhe, pour que Miryam de Magdala (Marie-Madeleine) lui soit restée fidèle jusqu’au pied de la croix, il faut qu'il se dégageât un certain charme de sa personne. Je veux qu’on me montre la courtisane capable de manifester une pareille tendresse à un prophète ayant le visage de Triboulet ou de Quasimodo.

Il est des fous qui sont beaux; on peut admettre qu’Ieschou fut de ceux-là. |

Du reste nous lisons dans l’Évangile selon Lucanus (Luc) qu’il progressait en sagesse, en taille et en grdce devant Dieu et devant les hommes*. »

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