‹ La folie érotiqueChapitre 2 sur 28 · LA FOLIE DE UAMOUR CHASTE · texte numérisé non relu

LA FOLIE DE UAMOUR CHASTE

L'EROTOMANIE

ou LA FOLIE DE L'AMOUR CHASTE

C'est à rérotomanie simple que je veux consacrer cette première étude, et pour rester fidèle aux habitudes cliniques de notre enseignement, c'est par l'histoire détaillée de deux malades que les hasards de la clinique ont mis à notre portée, que je veux commencer.

Notre premier malade (i) est un jeune

(i) BalL, De l' Erotomanie {Encéphale,\SS3, T. III, p, 129).

14 L EROTOMANIE

homme de trente-quatre ans, et si je dis un jeune homme, c'est parce qu'il a Tair plus jeune que ne le comporterait son âge. De petite taille et vigoureusement constitué, il a conservé sur sa physionomie les attributs de la jeunesse et on ne lui donnerait certainement pas Tâge indiqué par son extrait de naissance.

Fils d'un professeur de dessin, il a reçu une éducation assez complète ; il est bachelier, et jusqu'à Tépoque de son entrée à Sainte-Anne, il exerçait les fonctions de professeur de latin dans une institution de jeunes gens. Comme vous le voyez, il tenait un rang fort honorable dans la société et cependant il est profondément aliéné depuis de longues années. Il n'est pas inutile de rappeler en quelques mots sa biographie.

Il a eu des convulsions dans l'enfance.

ou LA FOLIE DE L AMOUR CHASTE I^

Son intelligence, assez précoce d'ailleurs, a suivi une courbe assez irrégulière : elle était tantôt ouverte, tantôt fermée.

Le caractère est faible, sans ressort, aisément influencé.

Dès l'âge de six ans^ nous voyons poindre des prédispositions à son état actuel • il avait, dit-il, quelques idées lubriques, mais au milieu d'une ignorance absolument complète, il n'a pas tardé à contracter des habitudes de masturbation accouplées à des conceptions fort singulières, dont nous parlerons tout à Theure.

A vingt ans, il est soumis à la conscription et incorporé dans l'infanterie de marine ; on l'envoie à Brest, il y prend assez rapidement des habitudes d'ivrognerie ; mais sous les autres rapports, il se conduit en bon militaire, sauf quelques petites infractions au règlement. Devenu caporal.

i6 l'érotomanie

il a été cassé de son grade par suite de libations exagérées.

Mais, en 1870, il a rempli très honorablement son devoir de soldat-, présent avec rinfanterie de marine aux batailles de Mouzon, de Bazeilles et de Sedan, où ce corps sur dix mille hommes en a laissé quatre mille sur le terrain, il s'est très vaillamment comporté. Fait prisonnier avec toute l'armée à Sedan, il s'est évadé, au moment d'entrer en Prusse, au risque de sa vie, par un prodige de courage et d'adresse; rentré dans ses foyers, il s^ est reposé quinze jours, puis il est reparti pour l'armée, afin, disait-il, de venger ses frères.

Après la fin de la lutte, il est envoyé à la Guadeloupe; il y reste dix-huit mois, il y contracte les fièvres paludéennes et rentre fort malade en Europe. Une fois rétabli

ou LÀ FOLIE DE L AMOUR CHASTE IJ

et libéré du service, il entre comme professeur de latin dans une institution privée.

Vous le voyez, sauf la tache de l'ivrognerie, Texistence de ce jeune homme a été non seulement honorable, mais héroïque.

Et, cependant, pendant tout cet espace de temps, pendant qu'il servait si vaillamment sous les drapeaux, il était absolument fou.

Il s'agit d'une vraie monomanie ; car si jamais on peut prononcer ce mot, c'est bien certainement dans le cas présent.

D'abord notre homme affirme qu'il est resté vierge de tout contact féminin; assertion étrange pour un ancien soldat d'infanterie de marine qui se grisait volontiers avec ses camarades. Et cependant nous croyons absolument qu'il dit la vérité, car son récit est parfaitement en rapport avec ses idées.

Ball. — Folie erotique. 2

L EROTOMANIE

Cet homme vierge a été assujetti pendant toute sa vie à des préoccupations obscènes. Constamment préoccupé de Tidée de la femme, il ne voyait absolument dans son idéal que les yeux. C'est là qu'il trouvait l'expression de toutes les qualités qui doivent caractériser la femme ; mais enfin ce n'était point assez; et comme il fallait absolument en venir à des idées d'un ordre plus matériel, il avait cherché à s'éloigner le moins possible des yeux qui constituaient son centre d'attraction ; et dans son inexpérience absolue il avait placé les organes sexuels dans les fosses nasales. Sous l'empire de ses préoccupations il avait tracé des dessins étranges. Les profils qu'il esquissait, et dont il nous a montré quelques exemplaires, reproduisaient assez exactement le type grec^ sauf en un seul point qui les rendait irrésistible-

ou LA FOLIE DE L AMOUR CHASTE 19

ment comiques. Mais comme il n'avait mis personne dans la confidence, il a pu mener une vie régulière et tranquille jusque vers la fin de Tannée 1880.

11 était, nous Favons déjà dit, professeur dans une institution privée • et on l'avait chargé de conduire les élèves en omnibus à la pension.

Dans une de ses promenades il rencontre son idéal en la personne d'une jeune tille habitant le quartier, il aperçoit une forêt de cheveux au-dessous desquels se dessinent des yeux immenses.

A partir de ce moment son destin est fixé, il est décidé dans son esprit qu'il épousera la belle inconnue ; il s'assure de son domicile et sans plus d'ambages il monte chez elle et se fait annoncer. 11 est reçu par la mère à laquelle il demande catégoriquement la main de sa fille. On le

20 L ER.OTOMANIE

jette à laporte^ ce qui ne modifie nullement ses sentiments ^ il se représente une seconde et une troisième fois ; il finit par être arrêté et conduit à la préfecture.

Arrivé à la clinique de Sainte-Anne, il se présente à nous dans un état de délire complet ; il parle avec onction de ses amours -, il insiste sur la pureté de ses sentiments et veut être examiné publiquement à la clinique, devant tous les élèves, en état de nudité, pour prouver qu'il a conservé sa virginité.

Sous tous les autres rapports son intelligence paraît régulière. Il parle avec bon sens et modestie de sa vie passée, sans tirer vanité de ses belles parties ; il reconnaît ses défauts et convient qu il a eu tort de s'abandonner à ses penchants alcooliques.

11 ne se fait aucune illusion sur sa posi-

ou LA FOLIE DE L AMOUR CHASTE 2Î

tion sociale et nous déclare avec la plus parfaite bonhomie qu'il gagne cinquante francs par mois dans Finstitution à laquelle il est attaché. Il n'en persiste pas moins dans ses projets, et paraît incapable de saisir la contradiction entre les intentions qu'il annonce et les moyens dont il dispose pour les réaliser.

Les sentiments morauxn'ont subraucune atteinte. Il parle avec le plus grand respect de son père, et avec une vive affection de ses autres parents-, il ne présente aucune trace de la malveillance habituelle aux aliénés ; il n'accuse personne, il ne se connaît point d'ennemis- il ne manifeste aucune animosité contre sa bien-aimée -,11 est convaincu que s'il est enfermé à Sainte- Anne, c'est pour y passer un temps d'épreuve, et se rendre plus digne d'elle, 'est ainsi que dans les romans de cheva-

22 L EROTOMANIE

lerie, le héros subit les plus dures humiliations pour conquérir sa dame.

Non seulement il est calme et bienveillant, mais encore il est parfaitement serviable, et c'est avec une entière bonne volonté qu'il se prête à l'instruction des jeunes enfants que nous avons à la clinique et qui sous sa direction ont accompli quelques progrès. La santé physique est assez bonne, il mange et dort bien et ne souffre nulle part.

Il est important de remarquer que ce malade a conservé une force musculaire très considérable, qui le rend dangereux pendant les accès d'agitation qu'il présente quelquefois.

Le second malade (i) est un hom.mede

(i) Bail, La Folie erotique {Encéphale, 1887. T. VII, p. 188).

ou LA FOLIE DE L AMOUR CHASTE 2}

3g ans bien constitué physiquement et ne présentant aucune de ces tares qu'on a l'habitude de rencontrer chez les aliénés héréditaires ; et cependant une hérédité des plus déplorables pèse sur lui depuis le commencement de son existence ; son père était un halluciné persécuté ; il était généralement connu dans le pays sous le nom àQ fou. Cet homme, mort à un âge très avancé, a eu dix-neuf enfants, dont notre malade est le treizième. Comme je Tai fait remarquer bien souvent dans mes leçons, la longévité et la fécondité excessive chez les ascendants sont des prédispositions à l'aliénation mentale.

La mère est morte à l'âge de g5 ans ; elle était épileptique. Notre malade a subi de bonne heure la double fatalité héréditaire qui pesait sur lui. Persécuté, il Test par son père; épileptique, il l'est par sa

24 L EROTOMANIE

mère ; cependant il a pu conserver une vive et puissante intelligence.

Cet homme a reçu une éducation supérieure. Destiné à devenir prêtre, il est entré au séminaire où il a fait de très bonnes études classiques, et s'il |n'est point bachelier, c'est que ses supérieurs ne désiraient point qu'il acquît ce grade. Manquant de convictions religieuses, il quitta le séminaire pour entrer dans l'enseignement, dans l'enseignement libre, le seul qui lui fût ouvert puisqu'il n'avait aucun grade académique. Cependant, dès les premiers temps de sa vie, il avait éprouvé des phénomènes singuliers, qui ne peuvent être caractérisés que par un seul mot : ce sont des vertiges cpileptiques. Ces accidents ont augmenté de plus en plus et l'ont poursuivi dans tout le cours de son existence.

Après avoir cherché à se faire une posi-

ou LA FOLIE DE L'AMOUR CHASTE 25

tion dans renseignement, il Pavait quitté pour entrer dans le commerce, où il était très apprécié à cause de ses qualités de comptable ; mais, à chaque instant, des incartades venaient compromettre son avenir-, des actes étranges, insensés, venaient traverser une vie d'ailleurs très régulière. C'est ainsi qu'un jour jouant au billard il s'était oublié jusqu'au point d'uriner dans le paletot d'un de ses deux collègues. Interpellé pour ce fait,. il nia avec la plus grande énergie, mais les preuves de sa culpabilité, étaient trop évidentes, et il fut congédié. Bientôt après il tomba dans la misère.

Malgré toutes ces vicissitudes, il ne paraît pas avoir jamais eu d'impulsion criminelle. Mais, au milieu de ces circonstances, un nouveau trouble se dessinait chez lui, il y a sept ans. C'est alors qu'il

26 l'érotomanie

a commencé à éprouver des hallucinations de Touïe ; il entendait des injures grossières, et par degrés, il est entré dans la sphère du délire des persécutions. D'abord ses soupçons se sont portés d'une manière vague sur le monde tout entier; puis il a fini par être interné dans divers asiles et en particulier à Fasile de Saint-Dizier; là il a fait choix de son persécuteur dansThonorable directeur de cet asile. Nous avons donc affaire à une épileptique, à un halluciné et à un persécuté, trois conditions qui concourent à en faire un aliéné très dangereux.

Nous relevons chez ce malade d'autres étrangetés ; d'abord notre homme est un somnambule; certains faits qui se sont passés dans sa vie ne peuvent laisser aucun doute sur ce sujet. A diverses reprises, cet homme chargé d'un grand travail

ou LA FOLIE DE L AMOUR CHASTE 2

de comptabilité, s'est levé un beau matin et a trouvé son travail tout fait, comme par enchantement. Les hommes qui éprouvent de ces agréables surprises sont toujours des somnambules. Notre épileptique, notre halluciné, notre persécuté est donc aussi somnambule • il est en même temps un impulsif. Il est atteint de cette forme de délire décrite en Amérique sous le nom de topophobie : il y a des endroits où il n'ose pas passer de peur de voir les maisons s'écrouler sur lui. Il est aussi atteint (X onomatomanie , cette curieuse défaillance irntellectuelledans laquelle les malades s'acharnent à la poursuite de noms qu'ils ne peuvent retrouver. Enfin, dans diverses circonstances, il éprouve le besoin de réciter de longues tirades classiques qui lui sont restées dans la mémoire.

Voilà donc un homme dont la vie a ap-

28 l'érotomanie

partenu dès son début à Taliénation mentale ; et cependant, jusqu'à Tépoque de son premier internement, il avait rempli de la façon la plus satisfaisante tous ses devoirs de citoyen. Il a pris une part active à la campagne de 1870, il a été blessé à Sedan et, à la fin de la guerre, il avait été proposé pour le grade de sous-lieutenant.

Une circonstance toute particulière a modifié le cours de ses idées. 11 se rendait un jour à ses occupations habituelles, lorsqu'il rencontra dans la rue une jeune fille qui croisa le regard avec lui et disparut. Il reçut aussitôt ce que Stendhal appelle le coup de foudre et, à partir de ce moment, il se prit d'un amour idéal pour cette jeune personne ; elle ne doit même pas savoir qu'elle est aimée ; lorsqu'on cherche à émettre des doutes sur le carac-

ou LA FOLIE DE L AMOUR CHASTE 29

tère platonique de cette passion, il éprouve une émotion qui va facilement jusqu'aux larmes. Le mariage répugne à ses pensées, il veut rester fidèle à Tobjet de son amour. Cependant, Timpression que cette jeune fille a faite sur ses sens est tellement fugitive, qu'il ne peut pas se rappeler si elle est blonde ou si elle est brune.

Nous pouvons, je crois, considérer les deux cas qui viennent d'être rapportés, comme deux exemples classiques d'érotomanie : par ce mot, créé par Esquirol, on entend une affection mentale d'origine essentiellement cérébrale et dans laquelle les idées amoureuses exercent une influence prépondérante et se portent tantôt sur un être imaginaire, tantôt sur un objet réel, tantôt sur plusieurs individus à la fois.

La folie chaste, véritable type de Téro-

30 L EROTOMANIE

tomanie, ne paraît inspirer que des sentiments purs, des pensées élevées, un culte exalté pour celui qui en est Tobjet ; elle frappe en général les sujets déjà faibles d'esprit, soit par vice héréditaire, soit par un état congénital.

Notre premier malade, qui paraît sorti d^une lignée saine du côté paternel, est né d'une mère impressionnable et nerveuse.

qui a donné des signes manifestes d'un état névropathique • dans sa première enfance il a eu des convulsions, et c'est là un fait souvent noté chez les sujets prédisposés à ce genre de vésanie.

Notre second sujet est le treizième fils d'une très nombreuse famille dont le père, qui était un halluciné persécuté, est mort dans un âge fort avancé.

La plupart des auteurs qui ont traité ce sujet disent que les fous érotomanes sont

ou LA FOLIE DE L AMOUR CHASTE 3 I

des faibles d'esprit, d'une intelligence incomplète, irrégulière.

C'est là, je crois, une exagération; j'ai souvent eu l'occasion d'observer des érotomanes dont l'intelligence était très distinguée. Quoi qu'il en soit, le jeune sujet chez lequel doit se développer cette folie de Tamour est ordinairement d'un tempérament assez réservé ; il se fait remarquer de bonne heure par un état singulierj par des allures étranges en société, surtout quand ils se trouvent en présence de personnes du sexe opposé.

Les choses en restent habituellement là jusqu'à l'âge de la puberté. A cette époque, il se produit un roman caressé dans les profondeurs de l'intelligence. Les dispositions morbides se développent et s'exagèrent, mais, dans la plupart des cas, les érotomanes sont d'une chasteté absolue.

32 L EROTOMANIE

Ils ont souvent, au point de vue génital, des conceptions absolument délirantes qui trouvent leur soulagement dans les abus solitaires. En général ils restent vierges de tout rapport sexuel et Ton peut dire que le mot érotomanie est synonyme de masturbation.

Au milieu de cette agitation confuse qui marque souvent la première période de Fadolescence, il se produit un travail de l'esprit qui aboutit à la fabrication d'un roman amoureux où Timagination, les souvenirs, les lectures viennent apporter leur part.

Souvent, comme prétexte à cette fiction, une personne du sexe opposé paraît un instant sur la scène. Elle devient le point central du drame tout entier.

Presque toujours elle est plus âgée que le sujet, qui souvent ne Ta entrevue qu'un

ou LA FOLIE DE l' AMOUR CHASTE 33

instant dans des circonstances absolument insignifiantes.

Une jeune fille en traversant la rue rencontre un homme qui la regarde et passe son chemin. 11 n'en faut pas davantage pour la convaincre qu'il est éperdument amoureux d'elle = Sans connaître son nom, sans savoir quelle est son origine, elle en fait désormais le pivot de son existence et toutes ses pensées se rapportent à lui. Tel sera le point de départ de son délire.

Au milieu de ces rêves il se développe un état nerveux accompagné d'insomnies ou d'un sommeil pénible et tourmenté.

Sans cesse inquiet, agité, poursuivi par ses idées, le malade devient incapable de tout travail sérieux et souvent il verse dans rhypochondrie.

C'est sur ce terrain, depuis longtemps préparé, que le délire éclate enfi.n.

Ball. — Folie erotique, 3

34 L EROTOMANIE

Un jour le malade rencontre son idéal et dès lors la cristallisatioa s'accomplit : fait curieux, il s'adresse toujours à une personne d'un rang plus élevé que le sien. Ce sont des grandes dames, des princesses, des reines, qui reçoivent des hommages extraordinaires. Elles ont eu des milliers d'amoureux, tantôt discrets, tantôt entreprenants jusqu'au délire.

Tout le monde connaît l'histoire de ce malheureux page de Marie Stuart^ que l'on trouva deux fois dans la chambre à coucher de la reine, caché sous son lit. La seconde fois, il paya de sa vie son admiration imprudente. En montant sur l'échafaud, il ne dit que ces mots : « O cruelle dame /»

Si les reines ont eu des adorateurs, il est une reine placée au-dessus de toutes les autres et qui a eu aussi plus d'adorateurs

ou LA FOLIE DE l'aMOUR CHASTE 35

que toutes les autres : c'est la sainte Vierge, la reine des anges et Timpératrice des cieux. Pour qui connaît la filiation des idées dans les esprits malades, il n'est pas douteux que ce culte éthéré que bien des prêtres ont voué à la Sainte Vierge, que cette adoration qui brille dans tant d'ouvrages des théologiens les plus sérieux, sont les effets d'une érotomanie qui s'ignore elle-même; c'est l'amour de la femme, qui parle sous les apparences de la piété, dans le culte ardent de tous ces vertueux célibataires. Leur chasteté devait les prédisposer à cette aberration.

Quelle est l'attitude du sujet vis-à-vis de l'objet de sa passion ?

A ce point de vue, on peut rencontrer des amoureux discrets qui n'aborderont jamais l'objet aimé.

Quelquefois l'amoureux timide secon-

Page 1