La folie espagnole
SDITEtrB DES OEUVRES DE PIGAtTLT-LEBBUfr f f ▲f.A.W-lOTAfc , HlAttiaB LB THiATEB VEÀUÇAlf , ITi* Si;
llS.d, 7^.
JLje conducteur de la litière s^airèle devant une maisoni^ette fort jolie ^ bàr lie au milieu du parc et entourée dq jardins rians. Elle était habitée par ^nç espèce de concierge , boa bamme ^ obligeant comme tous les domestique^ de Gerdagne ^ chargé comme eux 4# faire tout ce qui plairait au beau cher valier ^ ayec Pinjonctiou commune 4 tous lesr autres d^observer une ^isrr crétion absolue.
A peine Mendpee eut41 mis pktf à terre , que le concierge ^i servit un repas dont il avait le plus grand besoin ^ et>auquel Trufaldin n^eut pas la forc^
de toucher. En mangeant , en buvant «^
ÏV. X
3 LiLFOLIf:
Mendoce classait ses idées. II trouvait étrange que Rotrulde , Inès et les autres eussent aussi brusquement disparu^ Cet article lui était à peu près indiffé-^ rent^ il nWait plus d'amour pour la jolie brune ^ ce qui raffligeait sensiblement \ c^est que le seigneur qui Tarait liri de la ville , qui Favait escorté en route avec ses hommes d'armes , se fut dérobé à «a reconnaissance. Au reste ., comme U n'était pas homme à éprou-r ver de sensations bien durables , il sortit après son repas , laissa son écuyer Bux soins du concierge , et se promena » àans le parc , chantant la petite chan^ scm , et s'applaudissant de retrou^rer son or dans ses poches.
: iUnç grande allée , qvCû suivit jusqu'au bout , le conduisit en face d un itrès - grand , très - gothique . et très -r respectable phàteau- Le pont était leyfS , les fossés plrins d'ew} il regar-^
Mm
liait 9 U exammait tout. Un nain , x^i était sur une tourelle^ lui cria quW ne s'arr«taît pas là. A te, mot j Mendooe sWit sur lliei^be. Le nain renouvela Tordre de passer. Mendoce lui rk au nez. Le nain (brîeux disparut , et revînt avec quelques archers çpii ajuistèrent la flèche à Tare. Mendoce était brave , mais il était sans défense ) et , dans tous les cas^ la partie n'eut pas été égale. Il se repentit de s^être engagé si avant ^ et il jugeait qu^il ne lui était cË;pendant pas permis de céder à la menace. Incerain ^ irrésolu , il ne savait quel parti prendra. Les archers rajustaient d^un air très-déterminé ^ lorsquW^ jeune dame parut et ordonna ^ de la part de son père , aux hommes dWmes de se retirer. Ils obéirent , et la jeune dame , adressant la parole k Mendoce , le pria dépasser ^ d'un ton 9 d'un air qui lui allèrent à Tâme.
La beauté de la jeune personne l'at«iit vivement frappé 5 sa voîx acheva l'enchantement. Il se leva , lui fit ime profonde révérence , et sMloigna , plein de l'objet qu'il venait de voir , et que, selon les apparences , il ne reverrait plus.
Cerdagne était rentré chez lui , plein de joie d'avoir conduit le fugitif jusque dans ses terres. Il ne fallait , pour l'y fixer , que lui faire voir Séraphine j mais Cerdagne voulait qu'elle le secondât sans pénétrer ses projets. Il sa* vait que les cœurs ne se donnent point par avis des pareus , que les obstacles , au contraire , font naître l'amour , même chez les gens indiJBTérens , et que la constance de Mendoce dépendrait uniquement des difficultés qu'il croirait avoir surmontées.
En conséquence il ordonna , en ren* trant chez lui , que son château ^ tou*
ESPAGMOIiB. 5
îôuTS ouvert, fut fermé à tout le monde* Sa fiHe n^avait jamais use de la li-»
Jbertë décente quW lui accordait , et cette espèce de contrainte lui dépluté Cependant ^ respectueuse et docile^ elle ne se permit aucune réflexion* Sa charmante figure se couvrit d^une lé-^ ger nuage ^ son père s^en aperçut y et 8^^i applaudit en secret.
Il sourit quand le nain vint lui dire qu'un jeune seigneur, for4 bien ^mis , refusait de s^éloigno* des envierons du château. Il, fit des questions anr ce jeune audacieux. ïl était beau Comme un ange , d^une taille , d^une toi^mure parfaite , et sa voix était pleiûe d'expression , quoiqu'il fut opiniâtre 5 fet même ^ impet^tinent. Séraphine écoutait ^n paraissant s'occu-^ per d'autre chose ] elle souriait aussi au tableau que le tiain faisait de Men-^ doce , tableau d'autant plm vrai qu'il
n'était pas étudié , car Gerdagne n\iTdit pas mis le petit homme dans sa confi*dence. Elle jeta , à la dérobée , un eotip d^œil sur son père» Il l'observait d^un air riant ^ lout à coup sa figure se rem« brunit , son sourcil se fronça ^ ses yeux s^alluraèrent ^ et il ordonna d'un ton terrible à ses arcbers de mont^ sur la tourelle ^ et de percer de leurs flèches le téméraire qui oserait lui désobéir*. A. cet ordre, Sétaphine pâlît, et représenta avec douceur à son père quMl est crûel de tuer un beau jeuue homme parce qu'il regarde un châteao. Gerdagne répéta IWdre , les. archers partirent ^ mais leur chef avait le mot.
Séraphiu»^ seule avec son père, continua , d^un ton timide , ses. premières observations. Elle ajouta que probablement le jeune seigneur était galant , et que sans doute il accorderait à la pre-»
nière demande d'une femme Qe qu'il
ɻPAGNOI/E. 7
refasait à la force ^ et que ce moyeu était bien plus dams le caracteFe de son père , que celui qu'il se proposait d^em^ ployer «^ Cerdagne ne repondit rien^ sa fille le regarda tendrement ^ lui baisa la main^ et^ jugeaut par son s'^ lence de son acquiescement à ce qu'elle proposait^ eUe courut sauver la vie d'un homme pour q;ui Cerdagne eût volontiers exposé la siennes
Dès que ce Y^re , aussi prudent qu'a^ ^oit ^ eut perdu sa fille de vue ^ il se laissa aller à la joie que lui causaient des commencemens aussi heureux. 41115 se verront., dit41 ^ charmaos tous deux,, ils se plairont : le temps et Fétourderie de Mendoce feront le reste. »
Il fit partir secrètement Pédrillo' pour le château d^Aran. Il était bien naturel de rassurer un père et une mère désolés , et de les faire renaître à Tespair de Taveuir le plus heureuxv
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Mendoce se promenait dans le para^ traîquement occupé de la jeune dame qu'il venait de voir. « L'aimerai-je , disart-il ? Non , je ne Taimeraî pas 5 elle est trop intéressante pour la rendre ftialheureuse , et ma funeste inconstance ptodtiîrait en effet. ••• Mais je parlé, en rériié, comme si j'étais sûr de plaire, comme si cet objet enchanteur avait vécu caché à tous les yeux , et ' qu'il m'eût attendu pôbr aimer; Et puis le seigneur de ce château est sans doute un homme puissant ^ il doit avoir des vues pour sa (Uie.... Oh! on a rompu plus d'un mariage arrêté.... Oui, mais mes étôurderies...4 Je dois avoir dans
le pays une réputation détestable
Allons , allons , ne pensons plus à tout cela, et chantons. »
Trufaldîn , lui , ise remettait însen* siblement chez lé concierge. Ses idées réprenaient de la suite , et son estomac
BSϻAGNbtE. J)
patlâ d'ime manière lén^rgîque. Il se testaurà ^ A jasa ensuite , et le concier^ -B€ répondait que par oui et par non.
Cependant quand il vit Trufaldin s^afflïger àérieusetnent die ce que dès oiefe avaient empêché Fenfant prodiguie <î'être rendu à ses parens^, quand il Tenrendit regretter sa gro^e Inès , il jugea qu'il savait le secret du voyage de i\otriilde , et il pensa quMl est plus dati- Igôreu^ dé jouer an fin avec dès geni iiâtr^its que de chercher à fes gagner téut-à-fait ^r la franchisé. Il itastruîsk donfe Trufaldin qu'il était che* le tototé de Gef-dagne; A celte nouvelle Trufaldin, dégoûté plus que jàriiais des iavèntweÂ' , l>ût six coups de plus ^ él dévora wk faisan en quatre bon-* ékées. DaM fes intervalles il îtitètfôgea le concierge sul^ les desseiiia lilt^ri^e^ûrsF dtt c6nite de Gerdagne ^ et le côntièrge^quî ne datait que ce quîl fèîiaii
pour ranplir ses ordres^ ne pnt satis-^ ùke le curieux écojer- « Mais^ disak Trafaldin, pourquoi fermer soa châ^ tean ? — Je n*ea sais rien* — II veut donc que le jeune homme lui échappe en?core ? -7 Je ne crois pas. — ^ U était plus simple de le recevoir y de Taccueillir j de Tamuser , et de faire arriver le papa»
-^ Sans doute^-^ Et puis ^ s'il j a encore au château quelque beauté qui puisse remplacer Rotruide. -^ Ck>nunenl9 s'il y en a ! mademoiselle de Gerdagne est la plus belle personne de toute TEspa-»
gnCf -^ Eh ! que diable y à quoi pense donc ce père? il fallait la faire voir i Mendoce , il en serait devenu, passionnément amoureux^ et le reste allait de suite ] au. lieu qu'il partira d'ici au premier moment; il faudra que je Iç 3uive ; et comme le mal. va toujours en croi^sant^ je perdrai la. vie à la pre*^ ]^ière catastrophe; qui ne manqu^i^
pas de m'arriver. Eu vérité ^ c'est fort désagréable. — J'en conviens^ mais jf approuve la conduke de mon maître^ Sans doute Mendoce aimerait Seraphine , tout le monde raimc ^ mais elle pourrait Taimer aussi, et en ne peut penser à la marier à. un fou de cette espèce-là. — 'Bab! il ne serait pas le premier étourdi que le mariage aurait corrigé. •— II ne serait pas prudent d'ei¥ courir les risques. »
Pendant que €ies> deux bonnes iétea^ se perdaient en raisonnem^hs , Men-doce , riant , cbanCant y rêvant ^ rentrait à la maisonuette.r Sou* premier soin, comme vous le pensez bien , fut de.
demander le nom du seigneur qixi avait une fille si accomplie , et qui ne^ voulait pas qu'on regardât seulement:
le Jxaut de ses tourelles. Le concierge répondit qu'il se nommait Ripai : c'était en çffet le npm de famille dë^
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Cerdègne, et personne ne pôtivau être àccùf^é d^avoîr usé de finesse ^ quand lôut sé découvrirait.
Mèndoce savait que Cerdagne était fatiii le plus intime de sa famille^ et ji^âii il ne Savait entendu désigner (me S0U3 de nom. Il fut un peu étonné d eil etitendre un qui lui était inconnu^ à atissi peu de distance des domaines:
àe isoto père. Trufaldin lui rappela qu^il avait quitté très^jeune les foyers jpul^ëls , qu^il ne se souvens^it pas des jïùmsi^ de ti^s ses troisins , et que le seigneur de Ripai n^étant peut-être pas lié avec te comte d'Aran , il n'était pas; extraordinaire que ce nom né Feùt j,a^ mais frappé. Ce qui véritablement Pintértesiait plus que tout le teste , cYtâà là beauté de Séraphin^. 811 ïi'était pas:
absôhfmeiit décidé à lui faire ^a cottv '^ il n^Âvàit pas ûè raison de TéVifef • il .Vwilaft Vivre à une tdle pi^ximiKé ék
espagkoIie; i3
diàteau d'Aran qu^on ne pensât point à le chercher là ^ et c^est peut-être le tnoyen le plus sûr d^échapper à toutes les perquisitk>ns. Le seigneur de Ripai paraissait être nne espèce d'ours qui ne sortait pas ^ qui ne recevait personne , et qui ne Texposerait à aucun inconvénient ; et puii \ à avantage égal , le voisinage d^une demoiselle charoârante a toujours quelque chose d'engageantit
En chantant, en dansant, en riant ^ Mendoce déclara au concierge qu^iL était tout-à-fait livré à la philosophie ^ qu^il fuyait le commerce des hommes,.
quMl cherchait une retraite isolée où it pût lihremeût méditer, et il lui pro-posa , en faisant une pirouette , de le prendre en pezitsion chez lui. . .
Le concierge fit des diflicnkés. H étaaft logé, petitement ^ sa tahle était
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frugale ^ Mendoce manquerait des soim auxquels il était sans doute accoutumé j et le philosophe répondait à cela qu^un homme raisonnable devait se contenu* 1er d^une chambre et d^'un lit ^ que la sobriété entretient la santé du corps et la clarté des idées ^ et que le sage n'a besoin des soins de personne.^ Le concierge se défendit ^ Mendoce insista ^ il donpa de Tor ^ il crut avoir remporté une grande victoire quand le bonhomme lui eut accordé une chose à laquelle il' avait ojdre dé Tamener, si elle* ne venait pas naturellement de lui.
S'il s'y refusait, le concierge devait donner un signal, d'après lequel Cerdagne se déterminerait..
Trufaldin était enchanté de ces lurangemens.. Boire , manger , dormir ! ne voir que lé concierge, trop vieux pour être dangereux ! n'avoir k ccaindre que le feu du ciel! es-«
KSPAeNOLIS. %5
pérer ^e retrouver lues dans quelqut coin du pare ! Quelle vie ! U n^était pas même à présumer que ce bonheur se serait que passager.. Monsieur Té* euyer prévoyait , ainsi que le lecteur ^ que tout cela finirait par une réeonci- Ëation générale. Il n^avail qu^un désagrément , c^était d^être obligé de garder le secret ; oh ! c'était dur... dur ! Mais un mot éclairait Mendoce , lui faisait prendre la fuite -j Trufaldin perdait Inès y le repos , une bonne table, et il pouvait rencontrer des oies , des inquisiteurs ) et peut-être pis encore.
I^e lendemain Mendoce se leva de bonne heure , et sortit* pouc aller méditer. La méditation le conduisit vers^ le château , non pas du eôté du pont— kvis.; le nain Taurait distrait des grandsobjets qui Toccupaient , et les tou^relies voisines du pont servaient sans, doute, de casernes, aux soldats que la:
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seigneur de Ri['al entretenait pour sb garde. Le philosophe tourna les der- 1 ières du château ; et ^ tout en regardant le ciel , source de toutes vérités ^ ses yeux se rabattaient de temps en temps sur le haut des tours , sur les créneaux j sur les croisées des bàtimens renfermés dans cette enceinte» Une jalousie $bu^ vrit ! . . .
A dix pas derrière Mendoee était un tertre assez élevé. Il y court , il se lève sur la pointe des pieds ^ son œil pénètre dans Tappartement 3 il recon* naît la fille du redoutable châtelain* Elle est assise : d^une main elle caresse son* épagneul ^ de Tautre elle tient un Kvrc qui paraît Foccuper sérieuse nreni..
Hélas ! la pau^Te enfant ne lisait pas; ses regards étaient fixés sur le chevsK lier ^ saûs di^ule par pure curiosités
Son amour^propre fut flatté de hi manière décente et pourtant plrâM
d'intérêt avec laquelle Mendoce la regardait. Elle le trouvait au-dessus dé ce que le nain avait dit ; elle rexaminait dans le plùis grand de'tait , parce qu'elle avait à peine eu le temps de le voir lorsqu'elle lui avait sauvé la vie , à ce qu'elle croyait, au moins. Elle disait : « Que!
dommage de tuer un homme comme cela. » Et elle faisait des caresses de plus à son ëpagneul. Etait-ce bien lui qu'elle caressait?
Cerdagne était averti que Mendocè restait immobile comme un terme devant les croisées de sa fille. Le jeune homme ne Tàvait jamais vu ^ il h'élaît donc pas possible qu'il le reconnût.
Cerdagne était bien aise de le voit aussi , et c'est tout simple 5 il voulait connaître quelle impression le jeune homme faisait sur Séraphîne , et il entra chez elle sans s'être fait annoncer.
Elle se leva précipitamment , courut
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fermer sa jalousie, parce que le soleii commençait , disait^elle , à être chaud.
« Mais non, dit le comte, il est encore bien malin , et je comptais te lire prèé de ton lit. » En disant cela , il ouvrit brusquement la jalotisie ] Mendoce qui rêvait sérieusement , nWaU pas^ pensé à changer de position. L^aspect de Gerdaguj^ Tefiraja ; ce n^était pas lui qu^il attendait.. Il se retourna vivement , s^en Ponça dans le parc ; mais la tendre curiosité de Gerdag;Qe e'tait satisfaite j il avait entrevu un chevalier accompli^ et , sans en rien dire à sa fille , sans lui laisser soupçonner quUl ent remarqué le jeune homme , il fut plus caressant ^ plus aimable que jamais.
Uaprès-diner , Mendoce revînt médi^ ter au même endroit. Séraphine, qui trouvait beaucoup de charmes à la lecture du livre que son père lui avait donné., demandai la permission, de. se
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retirer cbez elle* Son père l'accorda enf Tembrassant de tout son cœur , et en se félicitant intérieurement : ce livre était le plus ennuyeux de sa bibliothèque ^ et il Tavait^eboisi à dessein.
Ce manège durait depuis quelques jours. Mendoce ne se contenait plus qu'à peine. Séraphtne commençait à s'interroger sur la situation de son petil, €œur, et fille qui s^interroge sur ce sujel aime déjà beaucoup , ou je me trompa focU Pédrillo ne revenait pas ^ Cerdagne s'impatientait , et ne concevait pas do*^ iranlage que Guzman^, le beau page qui accompagnait Rotrulde ^ ne fut pas rentré au château oFvec ses gens. Il se paraissait plus douteux qiv'il ne itit arrivé à ce june homme, qu'il affecr tionnaife, quelque chose de funeste. Il y rêvait un soir, quand on lui dit qu'une petite femme fort jolie demandait à être iatraduite dans Le château. Ge mot,, une
jolie femme , faisait cBCOre une ^orte dMâipression sur derddgue. U ordonna qu^on la fit eutrer, et fut asset étonné de la voir tomber à ses pieds. G^était la petite veuve que lé seigneur Gnzmm ^^ét^it si obligeamment chargé de te* Conduire chez elle*
« Seigneur , }?ai fait une grande faute. — Vous n^en pouvez fiiire que de très - agréables* — Je me suis mariée sans votre consentement.— Vous n^êtes pas ma vassale; je vous connaîtrais.— Non, seigneur, mais...— Mais, ma petite, vous n^aviez pas besoin de mon consentement. -« Non pas moi, sex-^ gneur, mais votre page Guzman....»~ C'est lui que vous avez épousé ? -^ Qtt« Youlez-vous , ^gneur , il est si beau ,
si aimable ! — Et vous si tendre !
*- Que je me suis laissée persuader.
*- Parbleu ! le fripon , il n^est pas maladroit : il me TeqVoie notre déserteur,
et il me ramène une jolie femme. -* Monseigneur ne m^en veut pas ? — Non j sans doute. — « Ni à mon petit mçtri. -— * Psb davantage. Je voudrais ^ ma petite ^ que mes domaines fussent peuplés de femmes comme vous. •— ? Q"'y g^^goeriez-vous, monseigneur f -«^ Au moins^ je ny perdrais rien ; et il *«^est pas sûr qu^aussi bi«n que mon page... »
Je n^ai jamais su la suite de la conversation. Gé qu'il y a de certain, c^est que la petite, en quittant Cerdagne, parut extrêmement contente de lui , que le suzerain érigea ^i sa faveur une nouvelle charge dans sa maison, celle de coadjutrice de madame Théodora, qui vieillissait , et n'était plus q«e méchante , mais que Ton considérait en faveur de ses services passés et de ceux qu'elle pouvait rendre encore. Au reste, l'emploi de femme de charge d'un grand seigneur était .tout ce que
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pouvait préteadre IVpouse d^un page ^ qni n'étaient et ne sont «ncore en Elspagne ^ la cour exceptée^ que d'hon«* nêtes valets.
Rotrulde avait incontestablement des droits à la survivance ^ mais Gerdagne tenait essentiellement aux obIi-> gâtions du moment^ et Rotrulde ^ en félicitant la nouvelle arrivée ^ loi ob^ sierva, avec dépit, que sa rougeur attestait des soins rendus qui commandent la reconnaissance. « Il paraît ^ madame^ lui dit la petite, que les vôtres ont été oubliés. — Moi ^ madame ! cela vous plaît à dire. — Ah ! madame est si jolie*. ••• '— Mais, madame, autant quWe autre. — Oh i bien plus , madame ^ et voilà pourquoi monseigneur n'a pu négliger des attraits. •«. — Il a pu leur rendre hommage^ madame , mais la sagesse -« La sagesse ! Âh 1 madame, toutes les femmes en parlent^
-surtout à un certain âge. — L^impertinente ! — Ce mot^ dans votre bouche ^ madame^ équrvaut à veridique. •
Gerdagne s'amusarit de tout. Il ëcou«tak derrière une portière, et la scène venait de prendre une tournure qui devait assembler les gens de la maiton, et leur donner à rire aux dé-* pens de leur maître. Le comte aimait beaucoup les |)eccadilles ; il détestait réclat. Il parut, emmena Q.otrulde, la consola probablement, puisqu'elle ne se plaignit phis , et manda son page.
Un grand seigneur se familiarise volontiers «ivec les femmes de tous les états, qui ont ce je ne sais quoi qui fait taire la fierté^ mais devant les hommes, Porgueii reproid ses droits, et le pauvre Guzman, qui avait vivement à se plaindre de son maître , sans s'en douter pourtant , le pauvre Gu2xn«i essuya la plus verte