‹ La folie lucideChapitre 38 sur 65 · PARIS · texte numérisé non relu

PARIS

Chez ,I.-B. BAILLÈRE et FILS

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PHÉFACE.

Il est fort difficile de parler de soi sans blesser la modestie ou la vérité ; telle est pourtant la position de l'auteur dans toute préface. Aussi, pour échapper à cette situation délicate, étions-nous entré tout d'abord en matière. Mais il est arrivé que ce travail, destiné à un concours, a été jugé par une commission de savants non moins éclairés qu'impartiaux, et que nous n'avons pas cru devoir priver le lecteur d'une si haute appréciation. L'extrait que nous lui offrons est emprunté tel quel à l'Union médicale de Bordeaux. Nous n'y avons ajouté qu'une courte réponse aux objections qui nous ont été faites.

Voici les termes mêmes de la question mise au concours :

Il PUÉFACE.

« Déterminer, par des faits bien observés' et sévèrement contrôlés, si les troubles de la toL lonté sont indépendants de ceux de l'intelligence', et établir dans quelles circonstances l'homme e^ irresponsable de ses actes. Quels vœux pourrait^ on émettre, à ce sujet, relativement aux modiQcations à apporter à la législation ?» à aiôin 'ivi

Extrait du Rapport.

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« Il n'est pas possible de peser les termes du programme , dit M. Desraaisons , rapporteur^, sans mesurer de suite, avec une sorte de crainte bien motivée, l'étendue des connaissances qu?il faudrait posséder à fond pour démêler et faire ressortir, comme tout esprit consciencieux se sent porté aie désirer, les conséquences renfermées dans ces quelques lignes.

» Déterminer la nature des troubles de la volonté et de ceux de l'intelligence, appliquer aux uns et aux autres leur véritable 'rôle, dans les cas où les premiers apparaissent isolés et indépendants, puis en tirer la théorie de l'irresponsabilité; suivre celle-ci dans les diverses cir-

l'KÉl'ACE. ,„

constances où, par suite de latteinte portée à l'activité volontaire normale, elle peut être invoquée ; c'est mener de front l'examen de questions liées entre elles par des rapports nombreux et directs, mais l'une et l'autre tellement importantes, qu'en répondant à la première de manière à pleinement satisfaire les exigences de la critique, un auteur aurait, en grande partie, résolu implicitement la seconde, du moins sous le rapport scientifique.

)> Celle-ci, c'est-à-dire la question de l'irresponsabilité des actes commis par l'homme sous l'influence d'un dérangement, même partiel, des facultés intellectuelles ou morales, est, en outre, du ressort de la conscience, et mériterait, pour être envisagée sous toutes ses faces, des développements qu'il est rare de rencontrer dans les concours académiques.

»> Il n'est pas jusqu'à la troisième partie du programme : « quels vœux pourrait-on émettre, à ce sujet, relativement aux modifications à apporter à la législation? » qui ne renferme la matière d'un vaste travail. Les matériaux en sont épars dans les arrêts et les jugements des tribu-

V PRÉFAÇP.

naux, dans les consultations médico-légales, et dans les modes d'interprétation de mesures administratives concernant les aliénés; , ils ne Çj^i^raient être classés avec la méthode, et présentés avec les caractères d'évidence nécessaires pour entraîner l'assentiment du législateur, que par une main dès longtemps exercée à fouiller les archives de la jurisprudence comme celles de la médecine mentale, et à diriger dans ses détails pratiques, devenus si compliqués depuis la promulgation et la mise en vigueur de la Ipi de

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1838, le service spécial auquel elles s'appliquent.

» Aussi, Messieurs, tout en comprenant le (Revoir d'être sévère dans l'appréciation des travaux destinés à élucider de si graves questions, votre Commission a. considéré les obstacles et les écueils qu'ont dû rencontrer les concurrents, et elle leur en a tenu compte.

Quoiqu'il soit toujours tacitement convenu de laisser aux auteurs l'entière responsabilité,, de leurs opinions, alors même que le corps savant auquel leurs travaux sont adressés les a jugés dignes d'une récompense, la nécessité de renouveler cette déclaration formelle est l'une des pre-

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