‹ La folie lucideChapitre 39 sur 65 · PRÉFACE. V · texte numérisé non relu

PRÉFACE. V

ràières •considérations que votre Commission désife'^^us' soumettre, afin qu'aucun doute ne 'tJlitsée subsistera cet égard. ^® i^^e'inémoirèti*' i; -ainsi que nous le désignerons'f'^è'^ l'œuvre d'un médecin aliéniste allemand;' ■'• - '

» Lé mémoire n" 2 (c'est celui-ci), est dû à un -auteur français, attaché, comme le précédent, selon toute probabilité, quoique on n'en trouve pas la preuve positive dans cet écrit, au service "médical d'un asile d'aliénés.

'" » Ce qiii frappe tout d'abord l'attention lorsqu'on parcourt ces deux mémoires, émanés l'un et l'autre de médecins voués aux mêmes études, c'est la différence existant entre les points de vue sous lesquels ils ont envisagé le nœud de la question, c'est-à-dire la nature des troubles de la volonté et de ceux de l'intelligence, et les rapports qui les unissent, et les distinctions qu'il ^importe à la science d'admettre ou de rejeter.

'" En quoi consiste le désaccord? Tel a été le ■ ''■point de vue essentiel pour votre Commission, '"'dans l'examen comparatif des deux mémoires ''qu'il s'agit de vous soumettre : c'est en même

M préface:

temps s occuper de rechercher les origines fle ces divergences.

» On s'attendrait naturellement à relever, dans cette étude comparée, les traces des habitudes littéraires et scientifiques des nations auxquelles appartiennent les deux auteurs ; mais, par un contraste d'autant plus frappant qu'il est en désharmonie complète avec l'idée que nous nous , formons, en général, du caractère et du génie des deux peuples, les méthodes et les procédés employés par l'un et l'autre font exception à iK^ loi commune : les rôles semblent intervertis.

» L'écrivain français.a,ccorde beaucoup à l'érudition, plus encore à l'abstraction : il consulte successivement tous les philosophes. La première partie de son œuvre est consacrée à la discussion métaphysique ; notre compatriote pose les questions de psychologie pure sur l'essence de la volonté, de l'intelligencej sur l'activité volontaire ; il les agile, y répond. La forme syllogistique est celle qu'il emploie de préférence ; il en abuse peut-être en la conservant presque jusqu'à la fin ; mais ce procédé, manié* avec talent, n'est pas. sous sa pliimc, d une Wiè^

PRtfACE- vu

diocre utilité pqur entraîner les opinions fluttantes ou incertaines.

^ » JLe mot de l'énigme, U le demande à une sçj^ence dont il tire une formule absolue qui reste l'idée-mère, le pivot de toute son argnmentatiop, et contre laquelle rien, dans la suite de son tpyail, ne prévaudra,^^,^ ^^^^^^^ ^,^^^j^„.^ ^ « La volonté, dit-il, est la plus complexe des » facultés; » proposition que personne ne conteste, et qui explique l'examen demandé par le programme du concours, « C'est, ajoute-t-il, la » pensée même tendue vers un objet ; c'est l'im- » pulsion inhérente à tous les phénomènes de » Il'esprit; c'est le mouvement réactionnel qui » suit toute idée, tout sentiment, toute sensation; » c'est une force intelligente et sensible, irréduc- );^tible en ses éléments. Elle n'est pas indépen- » dante de l'intelligence en l'état de santé ; elle » ne l'est pas davantage dans la maladie. » ,-» Tels sont, Messieurs, les principes et les conclusions de l'auteur : vous avez, par cette citation, une idée de son style dans la première partie du mémoire, consacrée à l'étude philosophififu^f M phystQlogiqiie des ^ rapports ^ de la vo^ lonté avec l'intelligence.

vin PRÉF.\Cp, ,

)' Sans doute, Messieurs , nous ne blâmons pas l'écrivain français d'avoir sondé les profondeurs de la psychologie pour y puiser les prin-. cipes qui sont les fondements les plus solides dei; la médecine légale. Nullement ; mais, malgré les : recherches qu'il a poursuivies dans cette direction, avec une patience et un talent dont la Coro-.i mission lui sait gré, une restriction nous est ici ■ commandée. .up niElisa J88 li

,|i^Loin d'être, comme le travail de son compq-i' titeur, un exposé systématique des observations qu'il aurait recueillies, la partie clinique du mémoire français est transformée en une revnela critique des faits dans lesquels le délire partiel -: a présenté à divers aliénistes des caractères tels A qu'ils ont cru devoir les rattacher à une lésion de l'activité volontaire.uoiJo9iioo adon^i à h&quU\

» Il est facile de se rendre compte des motifs qui ont imposé à l'auteur cette méthode. En admettant qu'il pût se servir de nombreuses obserrn valions personnelles, eût-il tenté d'en faire l usage, elles n'auraient pas rempli le but qu'i^ ., s'était proposé d'atteindre. Il faut, en effet, ,qi}jU.i,i "■'^h/.f^jFio^te/f'.^P-W^ J^RWrqueson opir,,.

PREl-'A'ciî'.'' IX '

nî^'^ôlt' fondée, il faut iju'il n'existe pas un seul cas dans lequel un trouble de la volonté se serait' manifesté indépendamment d'un trouble

de l'intelligence; s'il s'en rencontrait un, tout

„.,.., . )9b8ra£l

1 editice menacerait ruine.

"«-C'est par l'analyse minutieuse des observations d' autrui que ce travail a acquis, aux yeux delà Commission, une sérieuse importance; et il est certain que si, comme tout esprit systématique, l'auteur s'aveugle quelquefois lui-même sur la valeur de ses opinions théoriques, par contre, le besoin d'y tout ramener accroît sa clairvoyance, et lui fait découvrir comment se sont également laissés entraîner à l'exagération

les partisans de la doctrine contraire.'' " ^

I» L'abondance des faits, empruntes pour la' ' plupart à la riche collection des Annales médicopsychologiques, est trop considérable pour nous permettre de suivre l'écrivain dans l'examen de ces observations et dans les considérations qu'elles lui ont inspirées; mais, Odèle à ses prémisses, il a su montrer en quoi les écrivains qui admettent l'existence des troubles de la volonté en dehors des lésions de l'intelligence, ont, par

X ' PRÉFAtÈv''

nlomèft ts;' forée "léS Conséquences de Cërtaltfs''' faits, et n'ont pas aperçu, sous le masque des perversions purement instinctives, ainsi qu'ils le disent, le délire de l'intelligence qui s'y troUVè'' mêlé, et qui peut en être la source méconnue/'*''

» S'il suffisait d'avoir des principes arrêtés, de n'en pas dévier, de les exprimer avec l'énergie d'un esprit convaincu et avec le talent que donnent d'ordinaire dételles convictions, l'auteur' du mémoire français aurait dépassé toutes' nos' ' espérances ; mais, tout en reconnaissant les sér-^' vices qu'il a rendus par ce travail, il est impossible de ne pas y trouver le défaut de ses qaa?*i litésjoosfî'J) mon no8 na anoaoqoiq aiiov euoW <

» Le mémoire allemand n'a envisagé le côté pratique du sujet qu'au point de vue de la manié instinctive; la commission eût désiré qu'il' développât davantage les recherches dans le sens général indiqué par le programme. ' m. i'à

» 'Le' mémoire français eât,' sous ce rapport' comme sous celui: de la discussion métaphysique, plus complet : pour l'auteur en psychologie, sentir, penser, vouloir, ne sont, à la vérité, que les manifestations d'une même faculté ; en pra-

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