‹ La folie lucideChapitre 41 sur 65 · PRÉFACE. XIII · texte numérisé non relu

PRÉFACE. XIII

Prof)Osition que personne ne conteste, et qui explique l'examen demandé par le programme du concours.

Cette proposition est le nœud du problème physiologique et pathologique ; si personne ne la contestait, eût-elle été mise au concours? En réalité, elle est si contestable que c'est à elle que s'adressent forcément toutes les objections ; car, si la volonté est un faisceau composé d'éléments solidaires , la lésion séparée d'aucun de ces éléments ne serait possible. Or, telle est notre thèse, qui est précisément opposée à celle de notre cohnpètiteur allemand. ' '" * ' ''''*"^^^'

'( En nous reportant aux termes et ^r^^it du programme, est-ce bien, Messieurs, continue le rapport, entrer dans ses vues que de ne prendre à priori le mot volonté que dans son accep-

tion rigoureuse d'une manifestation de l'intéllij gence? Faut-il que celle-ci ait préalablement

comparé, délibéré, jugé, choisi, avant que l'acte volontaire puisse se produire ? >' ' ^ ^^ ^nsnq

Nous répondrons à cette double objection : il nous a semblé impossible de concevoir la volonté indépendante de l'intelligence, de Vouloir ■liui'vti ■< .^•.■■iiDMA i'iù j/.aifinîoa /.ijiij g( i^îO o'.i\ui

XIV HRÉFAflE.

sans que la conscience connût l'objet de la vblition, de vouloir sans savoir- quoi. La volonté est souvent prise pour synonyme de liberté morale, suivie de liberté d'action ; nous l'en avons distinguée, car les fous, les enfants, les animaux ne sont pas privés de volitions quoiqu'ils manquent de libre arbitre. Il était donc essentiel de ne pas faire de confusion de mots, de prendre volonté dans son acception rigoureuse, sauf de tomber dans une confusion d'idées.

Mais nous ne pensons pas qu'il faille flêcëésairement « que la volonté ait préalablement comparé, délibéré, jugé, choisi, avant que l'acte volontaire puisse se produire. » Ces opérations supposent sinon la sanction de la raison, au' moins l'exercice du raisonnement, facultés qu'on ne saurait trop distinguer, car la première est le critérium de la liberté morale, et partant de la responsabilité; elle est étrangère aux fous, aux enfants et aux animaux qui possèdent, au contraire, à divers degrés, la faculté syllogistiquèt' La manie raisonnante offre ce type de la dialectique, souvent la plus remarquable, chez une personne privée de la raison. ■'• ''

PUÉFACK. ixv

Les aliénés peuvent donc raisonner et vouloir; mais il en est qui veulent sans délibération préalable, ce sont les fous instinctifs. Il leur arrive Jbabituellement, et à un degré plus élevé, ce que chacun a maintes fois éprouvé , de parler et 4'agir à l'instant même oîi une idée, un senti- «ment, une sensation se produit d'une manière réflexe, qui est bien ici l'antithèse de réflexion', mais non de volonté. Car vouloir, c'est satisfaire un besoin, un désir, plus ou moins pressants, ou du moins avoir l'idée de les satisfaire. Or, quelque court que soit l'intervalle entre l'émotion, l'inquiétude, comme dit Leibnitz, et la réaction , il y a volition , mais non délibération, choix, jugement préalable, surtout chez, l§s, ffl%lades qui nous occupent. - r . ,

, I Çl'est parce qu'on prend à tort volonté dans le sens de libre arbitre, qu'on tombe dans des difficultés inextricables comme celle-ci : « Il est arrivé que le magistrat et les jurés ont exonéré la volonté de sa sujétion absolue à l'intelligence, et que les deux questions ayant été posées à l'égard d'um même inculpé, le jury a répondu :!,0w4 l'accufé, a agi volontairement ; oui, il, était en état de dé-

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