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ces médecins, en leur évitant de fâcheuses et regrettables fautes. Nous croyons aussi qu'il rendra service aux étudiants pour les porter à la hauteur de leur future responsabilité. La confiance qui s'adresse à celui dont on invoque la science, n'a pas de limite, il faut que la réponse ne soit pas plus bornée que la demande. C'est à force d'apprendre et de savoir qu'on se met suffisamment en garde contre l'erreur et contre l'impuissance. Nous sommes également convaincu que les magistrats qui ont si souvent à partager nos recherches et nos scrupules, liront avec intérêt et peut-être avec quelque fruii ce résultat de nos travaux.
Le médecin qui observe les dérangements de la raison, au lieu de laisser restreindre et morceler son domaine, doit au contraire l'accepter entièrement, le respecter et le faire reconnaître dans toute son intégrité.
L'étude de l'intelligence nous appartiendrait sous tous ses aspects, dans sa normalité et dans ses anomalies.
XII AVAM-PKOl'OS.
Sous le tilre Folie, nous comprenons plus de dépendances que ne le voudraient quelques-uns de nos confrères. Nous n'hésitons pas à considérer l'imbécillité et l'idiotie, c'esl-à-dire l'état amorphe ou anidien de l'intelligence, comme nous appartenant aussi bien que la démence qui est son état de ruine.
Un grand nombre d'imbéciles et d'idiots n'ontils pas, d'ailleurs, des accès d'agitation qui ne permettent plus la moindre incertitude dans leur classement?
Nous savons qu'on reproche à ce livre son titre avant mi^me sa publication. Nous avons beaucoup réfléchi à ce titre et nous croyons devoir n'y rien changer. On nous accorderait Les aliénés lucides, mais on nous conteste La folie lucide. — On a tort et l'on ne nous fait cette objection que «parce qu'on n'a pas assez vu les malades dont nous nous occupons. Ces malades sont fous, mais ne paraissent pas fous parce qu'ils s'expriment avec lucidité. Ils sont fous dans leurs actes plutôt que dans leurs paroles. Ils ont assez d'attention pour ne
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laisser échapper rien de ce qui se passe autour d'eux, pour ne laisser sans réponse rien de ce qu'ils enlendent, souvent pour ne faire aucune omission dans l'accomplissement d'un projet. Ils sont lucides jusque dans leurs conceptions délirantes. Leur folie est lucide.
Nous les avons pris dans les différentes catégories d'aliénés oii ils se trouvent et nous en avons fait un groupe particulier, parce que nous pensions avoir à dire sur leur compte des choses utiles.
Loin de nous, du reste, la prétention de jeter la moindre lumière sur le travail de classification auquel on s'attache en ce moment. Nous avons suivi attentivement toutes les phases d'une discussion longtemps soutenue au sein de la Société médico-psychologique lorsque nous avions l'honneur de la présider, et malgré le souvenir que nous gardons des choses excellentes qui v ont été dites et écrites par MM. Bûchez et Jules Falret; lîaillarger, médecin de la Salpôtrière, Delasiauve, médecin de Bicêtre, Morel, médecin de l'asile Saint-Yon, Parchappe, inspecteur gé-