LE RÈGLEMENT DU GASCON
Un Gascon s'était marié, Et, bien qu'il eût écus en caisse , A son impatient curé One ne voulait payer la messe. Depuis ses noces vainement Notre homme attendait un enfant Pour perpétuer sa lignée.
Sa bonne foi fut indiiïnée
Du mensonge du capelan.
« Ah ! » s'écria-t-il a bon jésuite , Bon trafiquant de l'eau bénite , Ah ! vous me promettiez , sadis t Dans votre langue hétéroclite , Autant d'enfants pour mon logis Que la mer a de grains de sable ; Sadis ! et depuis ce temps-là
J'attends le titre de papa
Sadis f la chose est détestable, Et de mes sous vous n'aurez brin , Je vous jure.... » Parole il tint.
Du jour qu'il eut épouse en chambre , Trois fois janvier suivit décembre Sans qu'au presbytère il revînt.
Le dit curé fut las d'attendre , Mais dans la crainte d'un esclandre Oncques il n'osa s'adresser Au juge , autre mangeur d'épices.
Pourtant ne pouvait renoncer A de si pieux bénéfices.
Adonc , un matin , furieux , Armé des canons de l'église ,
Il court chez l'autre et lui dit: « gueux ^
Paie ou je t'anathématise. »
— (( Sans vous on peut aller aux cieux, »
Répond le gascon « je m'en moque.
J'avouerai donc sans équivoque
Que je vous dois réellement ;
Mais avant de toucher l'argent "
On finit l'œuvre , ce me semble :
Attendez mon enterrement ,
Et nous réglerons tout ensemble. »
Toulouse.