‹ La folle du lac d'OoChapitre 58 sur 59 · IG · texte numérisé non relu

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Chantent la naissante verdure :

IS'ont-ils pas aux premiers rayons Oublié la triste froidure ?

Vous dont l'amour si vrai , si doux ,

Avec les roses qu'il y sème

M'a rendu cher l'exil lui-même ,

Oubliez mes soupçons jaloux

En voyant combien je vous aime I

Toulouse, 18S5.

^Sé) ^^(car/e^nofé€//e t^. ^.

Hier dans ma chambre où la Fortune JN'a pas besoin de gros verroux , Aux pâles clartés de la lune Je pensais à vous , ô ma brune , 3Ia brune , je pensais à vous;

Et sur un rayon de lumière Une fée arrivant des cieux Surprit ma Muse roturière :

Ses petits pieds comme poussière Laissaient des rubis précieux ;

Et la fée ôtant sa couronne La mit en riant sur mon front :

G Prends , dit-elle , je te la c'onne ,

« Pour l'amante fidèle et bonne , « Elle a dans chaque fleur un don.

u Une fleur sera la richesse , 0 Une fleur sera la beauté , « Une autre sera la jeunesse , « Une autre , la gloire et l'ivresse , « Une autre eufin , la volupté !

« Mais pour que la fleur merveilleuse « Ainsi se transforme à l'instant , « 11 faut que , (le t'a voir heureuse « L'amante la plus gracieuse « Te jure amour et de\ouement ! »

La belle foc alors m'embrasse , Et puis sur l'aile dus zéphyrs Elle ouvre son vol dont la trace A travers les champs de l'espace Forme une ligne de saphirs.

Et cette couronne divine Aux fleurons toujours embaumés , Aux roses toujours sans épine , Elle est pour vous', ma Joséphine , Elle est pour vous si vous m'aimez!!

Toulouse , septembre 18b>.

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3Ies vœux vous paraissent étranges , Mes désirs vous paraissent fous , Comme un refrain de billet doux Vous considérez mes louanges :

Je suis trop vieille , dites-vous.

Vieille ! Qui le croira? Personne.

Et vous m'en voudrez bien longtemps Si jamais au mot je vous prends , Et si j'ose aux fruits de l'automne Préférer les fleurs du printemps.

Les Ris entourent votre tête.

Votre guimpe cache un trésor, Les Grâces font votre toilette :

Vous n'êtes donc pas vieille encor Puisqu'encor vous êtes coquette.

D'ailleurs ce que la bouche dit Prouvez-vous que le cœur le veuille ?

Une vieille de votre esprit Sait qu'une femme qui vieillit Est une rose qu'on effeuille !

Toulouse, 1853.

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Pardonnez-moi , je ne sais plus Dans un embarras fort étrange Comment rimer une louange , Vous êtes sans doute au-dessus.

Irai-je chanter d'une mère Les ten Cesses et la douceur ?

Mais l'éloge de votre cœur Votre en'ant seul pourrait le faire.

Dirai-je que toujours je vois Les trois Grâces à votre suit© 7 Mais à ma discordante voix Elles prendraient toutes la fuite.

Vanterai-je au monde étonné Vos chefs-d'œuvre de broderie ?

Mais je craindrais pour une amie Les infortunes d'Arachné.

De votre luth plein d'harmonie Je répéterais bien les airs , Mais une juste jalousie M'empêche de citer vos vers.

Je dois donc garder le silence :

Quand la simple et franche Amitié Avec des compliments s'avance , Aux Amours elle fait pitié.

Toulouse, 18bî>.

cP& ^non a'^tc &i&ca9?ît/^ de ta ^oue ,

Restaurateur des Tableaux du Musa'e de Toulouse.

Dieu ! yotre toile est animée , Quel coloris et quels contours !

Vous renouvelez de nos jours Le miracle de Frométhée.

Sans doute pour joindre si bien La force à la touche moëlkuse , Vous trempez le pinceau de Greuse iSur les couleurs du Titien.

ia comparaison est gent lie .

e m'inspire d'après vos goûts :

Apollon , Titien et vous K'est-ce pas la même famille ?

Je voudrais bien en votre honneur Rimer un chant d'apologie , Mais les fleurs de la poésie Valent-elles l'élan du cœur ?

Votre palette , à la muraille Où le cadre me sert d'autel , Dès ce jour m'a fait immortel :

Elle m'a fait à votre taille.

Cependant l'excès est un mal"; Quand je ne voulais qu'un Sosie Vous avez trop mis la copie Au-des.'Us de l'original.

3Iais d'une telle enjolivure Je vous accuse injustement ; Voyez , mon petit doigt m'apprend Que votre œuvre est une imposture.

Soyez sincère , ce portrait N'est pas de vous : dans la nuit sombre, D'un grand artiste la grande ombre L'a peint sur votre chevalet ;

Et pour qu'une gloire sublime Là vous paraisse en pronostic , Rocamir est un pseudonyme Qu'à dessein a choisi Van-Dic

Toalouse, 1855.

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Je ne puis vous rendre un hommage A votre mérite ex œquo.

Tout l'esprit d'Eugène Guinot Ne le pourrait pas davantage.

Avec quel art vous restaurez !

Quelle touche légère et nette !

Est-ce un ange aux cheveux dorés Qui vous tient pinceaux et palette ?

Comme un brin de lilas fané Donne encore du miel aux abeilles j Vous recomposez des merveilles Avec les cendres du passé ;

Et loi'sque une vieille figure Vous redoit l'éclat de ses yeux , L'auteur même de la peinture A coup sûr ne ferait pas mieux.

De Coypel vous suivez les traces , Mais vous avez bien plus d'honneurs Les Muses vous broient les couleurs Que vous octroyèrent les Grâces.

Néanmoins chez vous le talent IS'empêche pas la bonne mère :

Votre éloge le plus sincère Sort des lèvres de votre enfant ;

Aussi , si les dieux de la Grèce Pouvaient ressusciter encor, Appollon dans un temple d'or Vous choisirait pour sa prétresse.

.Parmi les fleurs qui sous vos pieds Vous rendent la route si belle , Quend Rocamir prend les lauriers , Votre main cueille l'immortelle!

Toulouse M 855.

cPé? /'S^^ùanc/e/i^.

La Garonne , ô fille des airs ,

Pour toi n'a que des flots profanes;

Voici la saison des hivers ,

Allons , de l'espace où tu planes ,

Au loin cherche des champs plus vevts ,

Cherche , n'aperçois-tu pas Cannes?

Vole , vole , où la brise aura

Plus de fraîcheur, plus d'harmonie ,

Où le plus beau ciel brillera ,

Où de la plus belle prairie

Le plus doux parfum montera ,

Arrête , c'est là ma patrie !

Oh ! que ne puis-je comme toi , Y fuir, 6 charmante hironf^elie ,

Que n'y puis-je sous mon vieux toit Préparer un gîte à ton aile !

Mais hélas ! dans l'exil sur moi Le sort pose une main cruelle.

Va , raconte a tous mes amis Combien pour eux mon cœur soupire; Dis-leur que le mot de pays Fera toujours vibrer ma lyre , Dis-leur d'accueillir ces écrits Par un bravo , par un sourire ;

Va , va revoir le sable blanc , Les pins , les rochers , l'onde amère , Va saluer chaque parent , Et sur le tombeau de ma mère Où la croix fait gémir le vent , Pour moi murmure une prière ! !

Toulouse, ccloLre 1355.

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