‹ La folle querelle: ou, La critique d'AndromaqueChapitre 50 sur 73 · ERASTE, ALCIPE, LA VICOMTESSE · texte numérisé non relu

ERASTE, ALCIPE, LA VICOMTESSE

Eraste, à Alcîpe^ tandis que la Vicomtesse s'avance sur le bord du théâtre, le mouchoir sur les yeux.

Entre chez Sylviane ; avant que je la revoye dis-luy que je croyois enlever Hortense pour rompre la partie faite entre elle et Lysandre; sçache ce que l'arrivée de Cleonte aura pu produire, songe enfin â tout, car j'enrage. (S'avançant en suite vers la Vicomtesse.) Vous voila chez vous, Madame, il n'y a rien de gasté.

La Vicomtesse.

Va, lâche ! ton action a étouffé dans mon ame tout ce que j'y avois d'estime pour ta personne.

Eraste.

Il ne faut pas pleurer.

La Vicomtesse.

Ha I je pleurcray plus long-temps cet afïront ({u'Andromaque n'a pleuré son Hector. Va, je

t'aymois, puis qu'il faut que je le die, et tu me teoois lieu quelquefois d'un objet assez doux dans mes resveries innocentes; maïs...

Ebaste.

Je TOUS ay dit-..

La Vicoutesse.

Non, je te regarde comme un in&me ravisseur.

Eraste.

Que diable...?

La Vicomtesse.

Comme un monstre de brutalité, et le Ciel permettra que je sois vangée du plus perfide de tous les amans.

Eraste.

Mais, Madame, à qui parlez-vous et de quoy

vous plaignez-vous? Je me suis mépris: hé bien,

je vous eo demande pardon, et je vous ramené

chez vous tout aussi entière que je vous en ay

^^^K La Vicomtesse.

^^^H Imagine-toy que je suis CUUe et que tu es

^^^H Horace, et que, malgré ton amour, je te halray

^^^H désormais comme la mort.

^^^B Eraste.

^^^H Au diable soit la folle 1 Morbleu I Madame,

^^^^k regardez-moy bien, je m'appelle Eraste; cher-

^^^^^^ chez vostre Horace où il vous plaira; je ne vous

^^^^^^k demande rien, je vous reods à tous vas gens, et

^^^^^^^m je l'aurois fait dés cette nuit, quand j'ay connu

^^^^^^E que je vous avoîs prise pour une autre, si vous

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