ERASTE, ALCIPE, LA VICOMTESSE
Eraste, à Alcîpe^ tandis que la Vicomtesse s'avance sur le bord du théâtre, le mouchoir sur les yeux.
Entre chez Sylviane ; avant que je la revoye dis-luy que je croyois enlever Hortense pour rompre la partie faite entre elle et Lysandre; sçache ce que l'arrivée de Cleonte aura pu produire, songe enfin â tout, car j'enrage. (S'avançant en suite vers la Vicomtesse.) Vous voila chez vous, Madame, il n'y a rien de gasté.
La Vicomtesse.
Va, lâche ! ton action a étouffé dans mon ame tout ce que j'y avois d'estime pour ta personne.
Eraste.
Il ne faut pas pleurer.
La Vicomtesse.
Ha I je pleurcray plus long-temps cet afïront ({u'Andromaque n'a pleuré son Hector. Va, je
t'aymois, puis qu'il faut que je le die, et tu me teoois lieu quelquefois d'un objet assez doux dans mes resveries innocentes; maïs...
Ebaste.
Je TOUS ay dit-..
La Vicoutesse.
Non, je te regarde comme un in&me ravisseur.
Eraste.
Que diable...?
La Vicomtesse.
Comme un monstre de brutalité, et le Ciel permettra que je sois vangée du plus perfide de tous les amans.
Eraste.
Mais, Madame, à qui parlez-vous et de quoy
vous plaignez-vous? Je me suis mépris: hé bien,
je vous eo demande pardon, et je vous ramené
chez vous tout aussi entière que je vous en ay
^^^K La Vicomtesse.
^^^H Imagine-toy que je suis CUUe et que tu es
^^^H Horace, et que, malgré ton amour, je te halray
^^^H désormais comme la mort.
^^^B Eraste.
^^^H Au diable soit la folle 1 Morbleu I Madame,
^^^^k regardez-moy bien, je m'appelle Eraste; cher-
^^^^^^ chez vostre Horace où il vous plaira; je ne vous
^^^^^^k demande rien, je vous reods à tous vas gens, et
^^^^^^^m je l'aurois fait dés cette nuit, quand j'ay connu
^^^^^^E que je vous avoîs prise pour une autre, si vous