‹ La folle querelle: ou, La critique d'AndromaqueChapitre 49 sur 73 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

LANGOUMOIS, LISE.

Langoumois.

Voila donc mon maistre bien chaudement, Lise, d'avoir enlevé la Vicomtesse en croyant enlever Hortense ? Ah I j'en enrage. Qu'en diton chez toy?

Lise.

Ma maîtresse rit et danse, et croit que cela fera conclure son mariage avec Lysandre; mais Madame ne dit ce qu'elle a dans l'esprit à personne. Je tiens pourtant mes cent pistoles bien avanturées.

Langoumois.

Je perdray plus que toy si l'afifaire ne va pas bien, car mon maistre me devoit faire perru-

quier, dés qu'il auroit épousé ta maîtresse. Mais pourquoy ne vins-tu pas l'avertir qu'elle ne descen droit point au jardin? Il n'auroit pas fait cette

beveuë.

Pourquoy luy aurots-je esté dire cela? Ma maîtresse n'a pas manqué d'y descendre, non plus que moy, et nous y entrions justement comme ton maître faisoit cette belle affaire, qui nous a fait retourner sur nos pas plus viste que nous n'estions venues.

Langoumois.

C'est toujours ta foute : si tu l'eusses fait descendre plustost, il n'en eût pas pris une autre pour elle.

Lise.

Tu es fou. Si j'eusse pu l'empescher absolument d'y aller, je l'eusse fait, et j'eusse creu bien servir ton maistre. M'avoit-il dit qu'il vouloit l'enlever? Et puis, qui se seroît imaginé que cette l'endort de Vicomtesse se trouveroit là si à propos, pour estre cause de tout ce malheur?

Langoumois.

Maudites soient ses visions et ses promenades

nocturnes 1 Cette mal heureuse- là n'est faîte que

pour faire damner tout le monde. Voila une

avanture de roman telle qu'il la luy falloit.

Lise.

Adieu; U voicy que ton maistre rameine chez elle.

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