ERASTE, HORTENSE, LYSANDRE, LA VICOMTESSE, ALCIPE
Eraste, frappant de la main auparavant sur sa poche, et puis jr fouillant avec les deux mains.
Allons, morbleu ! voicy de quoy, et il faut me convaincre autrement que vous n'avez fait.
Hortense, pensant qu'il tire Vespée, Ahl
La Vicomtesse.
Ahl
Erastb , tirant un livre de sa poche, Voicy une autre Andromaque^ que je viens de
quérir et qui n'est point falsifiée comme la vostre. Montrez-moy un défaut dans celle-cy..
Lysandre.
Ouy, Monsieur, à livre ouvert, comme dans Tautre.
Ahl que j'ay eu peur, aussi bien que vous, Madame !
HoRTENSE , souriant en reprenant haleine.
Ah! ahl j'en suis encore toute ému6^ mais je me suis trompée heureusement.
Alcipe, riant.
Hay ! hay ! il n'est pas si emporté que vous le croiez, Mesdames.
Eraste.
Qu'avez-vous tous à rire? Nous allons voir un homme bien camus, car celle-là est sans faute. (A Lysandre.) A livre ouvert donc.
Lysandre, à Alcipe.
Il est vray qu'elle est sans fautes. Lisez un peu cet endroit-là, il y a cinq fautes en six vers.
Eraste.
Vouloir trouver cinq fautes en six vers dans VAndromaque! Cela n'est-il pas déplorable?
Alcipe.
Ha ! Tendroit est de ma connoissance, et il est vray :
Je pensay que la guerre et la gloire
De soins plus importans rempliroient ma mémoire ; Que, mes sens reprenant leur première vigueur^ L'amour acheTeroit de sortir de mon cœur.