‹ La folle querelle: ou, La critique d'AndromaqueChapitre 64 sur 73 · ACTE III, SCENE VIII. qS · texte numérisé non relu

ACTE III, SCENE VIII. qS

Mais admire avec moy le sort, dont la poursuite Me fait courir moy-mesme au piège que j'évite.

Est-ce bien écrire que de mettre : j'ay crû que

la guerre et la gloire de soins plus importans

rempliroient ma mémoire, au lieu de: rempli-

roient mon esprit? La mémoire ne se remplit

que des choses passées, et mémoire et esprit

sont deux choses bien différentes.

Lysandre.

Il n'est rien de plus vray.

Eraste.

Ohl vrayement ouy, Monsieur, il n'est rien

de plus vray. Voila donc une faute ; où sont les

quatre autres ?

Algipe.

Que, mes sens reprenant leur première vigueur, L'amour acheveroit de sortir de mon cœur.

Cela est encore tres-mal écrit : car plus les sens sont vigoureux, plus on a de disposition à l'ampur. Au moins il me le semble ainsi, mon cher cousin.

Eraste , à Alcipe et puis à Hortense, Le misérable ! Vous le semble-t-il aussi, Madame?

Hortense.

Moy? je ne sçay pas cela.

Alope, à Eraste, Il faut dire ma raison, et non pas mes sens.

Lysandre.

Dit-on encore : le sort dont la poursuite, pour :

dont la persécution ?Me/ai7 courir moy-tnesme ce moy-mesme n'est-il pas une belle cheville ?

ÂLCIPE.

Et de quatre, mon cher cousin.

HORTENSB.

Et puis, courir au piège que f évite , par quel sortilège peut-on courir à ce qu'on évite?

Alcipe, à Eraste* Et cinq.

Eraste , à Hortense, Je vous y feray courir tantost, sans sortilège^ en vous obligeant à m' épouser : ne vous en mettez pas en peine.

Hortense.

Si cela estoit, ce ne seroit point à ce que j'éviterois, mais à ce que je voudrois éviter.

Lysandre.

Madame répond juste, il faut dire : au piège que je voulois éviter, et non pas : que j'évite. Mais il y a vingt autres fautes de cette nature dans cette mesme scène.

La Vicomtesse.

Vous critiquez les endroits qu'il vous plaist.

Lysandre.

Je prendray la pièce par la fin ou le commencement, pour montrer que je ne choisis pas.

Tenez :

Il croit que^ toujours foible et d*un cœur incertain. Je pareray d'un bras les coups de l'autre main.

Ces vers ne sont-ils pas dans vôtre Andro^ tnaque. Monsieur?

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