ACTE III, SCENE VIII
Je Tay yeu yers le temple, où son hymen s'appreste. Mener en conquérant sa nouvelle conqueste Et, d'un œil qui desja deyoroit son espoir, S*enyyrer en marchant du plaisir de la yoir.
La Vicomtesse.
S'est-il jamais rien dit de si juste et de si beau?
Eraste.
Pardonnèz-moy, Madame, cela est plein de fautes.
HORTENSE
Ce seroit une pitié qu'il n'y eust rien de juste dans toute une pièce.
Lys ANDRE.
Ne nous excusez pas encore, Madame; cela n'est pas si bien qu'il se l'imagine.
Alcipe.
Non, cela ne vaut gueres mieux que le reste.
Eraste.
Quoy?
D'un œil qui déjà deyoroit son espoir, S'enyyrer en marchant du plaisir de la yoir.
Cela n'est pas magnifique? Allez, maudits critiqueurs, il vient de vous enyvrer vousmesmes, vous ne sçavez plus ce que vous dites. C'est un endroit où j'ay veu tout le monde se recrier.
La Vicomtesse.
Oh 1 pour cela, Messieurs, vous avez le goust dépravé.
100 la folle qderellb.
Alcipe.
Non, Madame, on ne s;auroit dire qu'un œil dévore son espoir.
Eraste.
Et moy, traistre, je te dévore bien des yeux, quand je t'entends parler si sottement : pourquoy ne veux-tu pas qu'un œil dévore?
HORTBNSE.
Hé ouyl Mais un homme aussi bien nourry qu'Alcipe seroit un meilleur morceau qu'un espoir,
Lysandre.
En effet, c'est une viande un peu creuse qu'un
espoir. Mais en voila assez; Monsieur doit estre
desabusé par cet échantillon. 1
Eraste.
Moy? je dis toujours que la pièce est belle. I
Tu fais bien; garde-toy bien de te desdlre.
HoRTENSE, à Eraste. '
J'ay pourtant gaigné ma cause en dépit de 1 vous.
Eraste. '
Ouy, mais, en dépit de vous aussi, nous n'en épouserons pas moins aujourd'huy, et j'ay dequoy vous braver, puisque )e me vois à couvert du méchant tour que vous me vouliez joQer cette nuit. j
HORTENSE
Andromaque eu dit autant aux Grecs après la j mort de Pirrhus. Elle ira jusques dans Sparte j