ACTE III, SCENE VIII
Eraste.
Hé bîeni qu'en voulez- vous dire?
Lysandre.
Dire de F autre main, pour : de Tautre bras.
Eraste, en colère.
Vous connoissez-vous en poésie? Bras a-fil du rapport avec incertain? La rime y seroitelle?
HORTENSE
Non, mais la raison y seroit.
La Vicomtesse , à Lysandre, Mais commencez un peu par les premiers vers de la pièce, puis qu'il n'y a rien ^e bien escrit.
Eraste.
Fort bien, Madame, je Talloîs dire.
Lysandre.
Comme il vous plaira. Les voicy :
Ouy, puisque je rencontre un amy si fidelle.
Ma fortune ya prendre une face nouvelle, Et déjà son courroux semble s*estre adoucy.
Je ne les ay pas falsifiez, au moins. Dk-on : le courroux de ma fortune? La fortune en gênerai peut avoir du courroux ; mais quand fortune signifie la condition, la misérable posture de quelqu^un, peut-on dire : ma misérable posture a du courroux contre moy^ ou bien : a adoucy son courroux?
Eraste.
Dieu me damne 1 je me trouve icy avec des gens bien sçavans.
90 la folle qdereli.e.
Lysandre.
Voicy un autre endroit où Oreste dit à Iliade :
Mais dis-moj de quels yeux Hsrniione peut voir Ses attraits oSeoccz et ses;euiMas pouToir?...
HORTENSE
De quels yeux une mesme personne peut voir sesyeux! Voilà une estrange justesse d'expression.
La Vicomtesse.
Pour moy, je trouve cela bien.
Eraste.
Et moy aussi.
Alcipe, riant, à Lysandre.
Lisez un peu l'endroit où Pirrkus vient à l'audience d'Oreste, et ce qa'Oreste luy dit.
HoRTENSE.
Ahl ne nous embarrassez point de cela; nous n'aurions jamais fait, si l'on vouloit examiner cette belle barangue qui est toute pleine de fautes.
On vous en croira, ma belle.
Lysandre.
Il n'y a pas d'endroits dans la pièce où je n'en trouve, vous dis-je.
Eraste , prenant le livre. Ouy? Ohl trouvez-m'en donc en celuy-cy! Je le prendray par tant de costez que je l'attraperay.