Id., partie. I, livre II
éveille ou qu'il rappelle* ; Taccusation de vol portée par Rousseau contre une domestique qu'il fit chasser par un mensonge et V « impression terrible » qu'il en garda*. Je citerai enfin les déclarations suivantes qui confirment ou complètent ce qui précède: «Les doux souvenirs de mes beaux ans, passés avec autant de tranquillité que d'innocence m'ont laissé mille impressions charmantes que j'aime sans cesse à me rappeler. On verra bientôt combien sont difiFérenls ceux du reste de ma vie. Les rappeler c'est en renouveler l'amertume. Loin d'aigrir celle de ma situation par ces tristes retours, je les écarte autantqu'il m'est possible, et souvent je réussis au point de ne les pouvoir plus retrouver au besoin. Cette facilité d'oublier les maux est une consolation que le ciel m'a ménagé dans ceux que le sort devait un jour accumuler sur moi. Ma mémoire qui me retrace uniquement les objets agréables, est Theureux contre-poids de mon imagination effarouchée qui ne me fait prévoir que de cruels avenirs'». Et l'on entrevoit ici un des emplois, une des utilisations de la mémoire affective. Restif de la Bretonne, «le Rousseau du ruisseau », présente les mêmes phénomènes de mémoire affective. L'intensité des émotions, le bouillonnement d'une sensibilité assez souvent grossière et trouble frappe vivement à la lecture de ses livres autobiographiques. Le souvenir faisait revivre avec vivacité ses