‹ La FontaineChapitre 18 sur 69 · CE QU'EST LA FABLE · texte numérisé non relu

CE QU'EST LA FABLE

Qae je me plains, qne je marmnre ;

Le chant dont vous m'avez fait don

Déplaît à toute la nature ; Au lieu qu'un rossignol, chétive créature, Forme des sons aussi doux qu'éclatants,

Est lui seul rhonneur du printemps. »

Junon répondit en colère :

« Oiseau jaloux, et qui devrais te taire, Est-ce à toi d'envier la yoîx du rossignol, Toi que l'onvoit porter à l'entour de ton col Un arc-en-ciel nué (1) de cent sortes de soîos ;

Qui te panades (2), qui déploies Une si riche queue et qui semble à nos yeux

La boutique d'un lapidaire ?

Est-il quelque oiseau sous les cicux

Plus que toi capable de plaire?

Tout animal n'a pas toutes propriétés.

Nous vous avons donné diverses qualités :

Les uns ont la grandeur et la force en partage. Le faucon est léger ; l'aigle, plein de courage ;

Le corbeau sert pour le présage ; La corneille avertit des malheurs à venir; '

Tous sont contents de leur ramage.

Gesse donc de te plaindre ; ou bien, pour te punir, Je t'ôterai ton plumage. »

(1) Nuancé.

(^) Qui te panadea: Ip paon se panade lorsqu'il étale si^ queue. >:^ .

6a LA FONTAINE.

Ainsi de l'insecte à l'éléphant, et du bûcheron au reiy tout dans la nature et dans rhumanité semble appartenir au poète. Tout a dans son œuvre un rôle et une parole.

Tout parle dans mes vers, et même les poissons^

dit-il lui-même ; le monde entier lui sert de spectacle, amusant et instructif à la fois, et la fable est devenue entre ses mains : .

Une ample comédie à cent actes divers^ Et dont la scène est l'univers.

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