LA DERNIÈRE PENSÉE DU POÈTE
rju'il a aimés, les petits, les humbles et les délaissés; surtout, quaiid on est petit soi-même, en s'aimant et se secourant les uns les autres, en pratiquant ce que les hommes politiques appellent la solidarité et la fraternité, qui sont moins des principes politiques que des vertus humaines, et, seules, forment toutes une religion sociale.
Ne pas compter sur les grands, compter sur soi-même, faire de la société un concert de bonnes volontés courageuses et charitables; être sévère chacun pour soi, être indulgent chacun pour les autres; faire de toutes nos forces grandes ou petiteSj de toutes nos intelligences puissantes ou médiocres, de tous nos courages et de toutes nos énergies morales,ce faisceau de dards unis et pressés ensemble dont nous a parlé La Fontaine, et qu'il nous a montré invincible à tous les efforts : voilà le but que nous indique ce grand moraliste et ce grand éducateur. Nous y arriverons, ou du moins nous diminuerons de jour en jour la distance qui nous en sépare, en y mettant un peu de ces vertus modestes des chères bêtes de La Fontaine.
Vous verrez dans Molière que les Turcs, lès Turcs de comédie, par manière de salutation et de compliments, souhaitent à ceux qu'ils rencontrent « la force des lions, et la prudence du serpent. » En vous quittant, ce n'est pas par vain compliment, mais bien dun cœur sincère, que je
VOUS souhaite l'économie de la fourmi, la patience de la tortue, l'esprit de concorde de Tabeille, et la bonté de Tescarbot.