‹ La Fontaine et ses devanciers: ou, Histoire de la̓pologue jusqu'á LaChapitre 25 sur 57 · VULPIS ET GO&VUS · texte numérisé non relu

VULPIS ET GO&VUS

« Qui se laudart gavdent verbU subdolis decepti pœnitent. De quibus similis est fabula. Quum de fenestra corvus caseum raperet, alta consedit in arbore. Vulpis ut hune vidit, sic ait corvo : corve, quis similis est tibi? Et pennarum tuarum quam magniis est nitori qualis décor tuus esset, si vocem hahuisses claram; nullaprior, avis esset, At iUedumvuiti^laicere et vocem ostendere, validius clamavit et ore patefaclo caseum dejecit, quem celeriter vulpis dolosa avidis rapuitdentibus. Tune corvus ingemuit et stupore detentus deceptum se pœnituit. Sed irreparabile factum quid juvat pœnitere?»

Le premier vers est pris tout entier de Phèdre, on n'a ajouté que le barbarisme pomitefiit et l'introduction inutile et niaise, de quibus similis eM fabula, à la place du vers dant pœnas pœnitentiœ^ que l'on a peut-être pas compris ; le reste est la fable même presque littéralement reproduite.

98. Un anonyme du xii^ siècle, avons-nous dit, nommé Salo de Parme par les uns, Gaufredus ou Galfred par les autres, Hildebert de Tours par d'autres encore,

FABLES LATINES BU ItfOTEN AGE. 113

mit en distiques les fables de Romulus et obtint pendant deux ou trois siècles un succès prodigieux que l'on a de la peine à s^expliquer d'abord, mais que l'on comprend après quelque réflexion. Ses vers ont un air de naturel et de facilité; ils sont pleins d'antithèses, de jeux de mots et d'abstractions; ils sont rapides, quelquefois spirituels et même subtils ; ils ne sont pas léonins , comme tous ceux du temps ; par là ils ont été longtemps admirés dans les écoles, répondant par leurs qualités et surtout par leurs défauts au goût de leur époque. L'imitation de Phèdre et de Romulus y est plus ou moins effacée, quoique plus reconnaissable dans d'autres fables que dans celle-ci :

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