DE LA HAYA Y DE LA CANNA VER A
El humilde permanece, y el sobervio perice. La haya viniendo al vientonon quiso abaxarse, yuuacannaveraque esta va cerca d'alla, y viendo venir il viento rezio, abaxavase, y bolviala al viento a qualquiera parte que queria, y dixese che dixo la haya : Porque non estas firme come y o ? por essa puedes saber que soy màs fuerte que tu. Mas dende a poco vino un gran viento, e quai derribo a la haya fuerte, y dexo la cannavera que se abaxava.
Desta manera muchas vezes los sobervios y duros de corazon, son destruyados resistiendo, y loshumildes escapan dando lugar y soifriendo a los mas fuertes,
Cette fable assez sèche, n'offre guère de remarquable que cette expression pittoresque en parlant du roseau, y bolviala al viento a qualquiera parte que queria. Mais au xvue siècle, îriarte se distingua par un recueil de fables d'un genre nouveau et assez piquant, c'est-à-dire par des fables littéraires donnant des leçons de critique avec beaucoup de goût et de finesse. Ce fut un des principaux modèles de Florian.
499. En Allemagne, un ancien poète du xiii© siècle, Hugo de Trymberg, avait composé des fables pleines de bonhomie et de gaîté sous le titre de Der Renner {le Courrier) ; Sébastien Brandt au siècle suivant, y mêla un esprit de satire; c'est ce que nous avons déjà vu en France. L'ancien roman du Reriart ou Reinecke ne fut rédigé que plus tard au xv® siècle, puis mis ea latin par Hartmann Schopper, et remanié supérieurement de nos jours par Gœihe. On recueillit aussi au xv® siècle, quatre-vingt-dix fables des anciens poètes ou Minnesinger. A la même époque, il se fit d'autres recueils, l'un par un anonyme sous le titre de Liber similitudinis ; un autre était l'Esope' ordinaire traduit par Steinhovel; enfin quatre cents fables furent mises en vers par Burcard Wàldis. Au xvme siècle, Gatel traduisit en vers les fables de La Fontaine; Lessing en composa en prose selon la manière d'Esope, et fit le procès à La Fontaine comme trop poétique et trop orné ; mais ces fables estimées en Allemagne sont sèches et peîi intéressantes pour les étrangers. Au contraire, on estime la facilité aimable de Gellert, de Lichtwer, de Hagerdorn, de Pfeffel qui ont souvent pris La Fontaine pour modèle, mais sont restés au-dessous de lui. Ils ont tantôt de la finesse, tantôt de la bonhomie ; mais ces deux qualités
sont rarement réunies chez eux comme chez les fabulistes français; ils n'ont pas en général cette légèreté naturelle qui n'est ni au-dessus ni au-dessous du sujet, mais qui y prend un sérieux intérêt et qui amuse en faisant réfléchir, caractère particulier du vrai fabuliste.
200. En Angleterre, Ogilby publia quelques années avant La Fontaine, un recueil de fables en vers, dont le sujet était pris d'Esope, majs paraphrasées avec beaucoup plus de liberté, de manière que l'unité de composition se perd au milieu de détails agréables, mais excessifs. Plus tard Dryden et Prior, célèbres dans d'autres genres de poésie, laissèrent aussi quelques fables. Gay se distingua surtout par un tour facile et naturel quoique un peu diffus, et fut suivi dans cette voie par Wilkie, Edouard Moore et Dodsley.
On retrouve en Hollande le recueil ordinaire des fables d'Esope traduit à la fin du quinzième siècle. Au dix-huitième le polonais Krasicki se distingua dans l'apologue , et au dix-neuvième , Krilofl*, .un des meilleurs poètes de la Russie, fît aussi des fables qui eurent un grand succès. Ne pouvant parler de cest auteurs que sur la foi d'autrui, nous avons dû nous contenter de les citer sans les juger; nous n'avons pas même eu la prétention d'être complet, pas plus pour ces poètes étrangers que pour les poètes français» D'ailleurs comme la plupart ont été inconnus de La Fontaine, ou même sont venus après lui, ils ne rentrent pa§ dans notre plan et pourraient faire l'objet d'un autre travail, sur les successeurs de La Fontaine.