Après Pavesi, Verdizotti et Gapaccio, il suffit de
nommer Baldî, Domenechi, Gello et Giràldi Cinthio. On sait déjà que Doni et Firenzuola, traducteurs des fables indiennes, avaient eux-mêmes été traduits en français, par Pierre Larrivey ; enfin on doit citer avec honneur des fabulistes italiens plus récents : Thomas Crudeli, Roberti, Passeroni, Pignoti et Bersola qui se recommandent par des mérites divers, mais dont aucun n'a pu approcher de La Fontaine. A la fin du xviii® siècle l'abbé Gasti imprima à la Fable un nouveau caractère. D'abord il lui donna une portée politique, en quoi il a été souvent imité de nos jours ; ensuite il en fit une épopée régulière, dans les Animaux parlants y sorte de poème en vingt chants qui eut un succès mérité. <r Casti, dit jf. Calvi, dans son Histoire de la Littérature itali€7iney décrit les efforts, qu'après avoir acquis le talent de la parole, font les animaux pour s'établir en société et se donner une constitution. Ils préfèrent d'abord la forme monarchique et choisissent le lion pour leur roi. La mort de ce bon prince, la régence de la lionne &a veuve , la mort de son fils, donnent lieu à divers événements galants, diplomatiques, militaires et révolutionnaires. On y reconnaît sans aucun eflfort les tableaux les plus vrais des cours, des courtisans et des peuples du temps de Tauteur, et à cet égard on ne saurait imaginer un poème plus bizarre et à la fois plus instructif. » Peut*être qu'en effet, la Fable, au lieu d'un récit court et un peu puéril auquel le lecteur sérieux se prête difficilement dans un siècle blasé, pourrait prendre un développement plus étendu et plus satirique, par une sorte de merveilleux bouffon et fantastique tel qu'on en trouve dans Rabelais et dans Aristophane, et prêcher en badinant de bonnes vérités
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dans Tordre social. Nous en avons vu quelques exemples en France dans les gravures dont un artiste célèbre a orné les fables de La Fontaine, et dans un autre ouvrage de ce genre : Scènes de la vie publique et privée des animaux^ ou les Animaux peints par eux-mêmes. Vienne un homme de génie, et il poun'a peut-être faire rire et réfléchir ses contemporains sur tant de scènes étranges de notre vie politique ; mais il faudrait selon nous, s'élever au-dessus des préoccupations des partis, et peindre largement les travers généraux dont nous avons été les témoins, sans chercher à faire deviner les acteurs, afin d'obtenir un succès plus durable.
198. En Espagne, on ne trouve guère à signaler d'abord que le recueil ordinaire des fables d'Esope publié au xvi® siècle, sans nom d'auteur, et un recueil de fables et de contes en prose par Seb. Mey, au commencement du xvii« siècle. Voici dans l'Isopo la fable du Chêne et du Roseau, ou plutôt de l'Olivier et du Roseau.