‹ La Fontaine et ses fablesChapitre 27 sur 30 · LART · texte numérisé non relu

LART

Non pas cependant. Ainsi convaincu de cruauté, l'homme se décerne lui-même le prix de vertu. Il appelle bonté son hypocrisie, et de ses propres mains lui met la couronne.

Je suis bien bon, dit-il, d'écouter ces gens-là I Du sac et du serpent aussitôt il donna Contre les murs, tant qu'il tua la bête.

,, Dès lors, suivant le mot antique, « le juste est devenu injuste, » et la fable s'arrête. Quatre dialogues successifs l'ont conduite par une série liée de preuves croissantes vers la maxime unique qu'elle devait démontrer. Les grandes œuvres poétiques sont comme les grandes œuvres naturelles : elles renferment un raisonnement intérieur dont elles n'ont pas conscience, et sont un syllogisme en action.

Tous ces mots sont faux cependant, ou du moins ils ont une apparence fausse; ils ont l'air de dire que La Fontaine est un classificateur de preuves. Au fond, et en somme, ce qui l'a frappé, c'est une idée, ou plutôt un sentiment de l'injustice; de ce sentiment a découlé toute sa fable; c'est ce sentiment qui a retranché le maladroit début du conteur indien; c'est ce sentiment qui a choisi les personnages, approprié les discours, relié les détails, soutenu le ton, apporté les preuves, l'ordre, la colère et l'éloquence; c'est ce sentiment qui a mis dans la fable l'unité avec l'art.

Il faut entrer plus avant dans l'atelier poétique, et voir de près l'artiste à l'œuvre. Un jour La Fontaine qui lisait tout, « ceux du Nord, et ceux du Midi, » tomba sur un très-médiocre livre, les Parallèles historiques que Cassandre, le pauvre auteur affamé, le traducteur de la rhétorique d'Aristote, venait de compiler et d'arranger, Dieu sait comment, prenant à droite, à gauche, racontant le combat des Horaces, et diverses choses aussi nouvelles, et se louant ■ dans sa préface d'un style aussi impertinent que iplat. Au bout du volume était une prétendue lettre jde Marc-Aurèle, inventée par Guevara, chapelain de • Charles-Quint, dans un livre d'enseignements moraux qu'il avait intitulé l'Horloge duprince. Cassandre avait amphfié et orné cette lettre à sa guise. C'est d'elle que La Fontaine tira le Paysan du Danube.

Essayons de nous le figurer pendant qu'il fait cette lecture. Tout d'abord il est frappé du « portrait fidèle » par lequel commence le récit.

« Il avait le visage petit et basané, de grosses lèvres, les yeux enfoncés dans la tête et presque tout 'cachés sous les sourcils, une grande barbe épaisse, les cheveux hérissés, l'estomac et le cou velus comme

un ours. Du reste la tête nue, un bâton à la main des souliers de cuir de porc-épic, et pour habit une saye de poil de chèvre liée d'une ceinture de joncs; marins. . . Je le prenais pour une bête sous la figure d'un homme. »

(Il y a trop de détails, cela fait paquet, il faut abré ger, fortifier ; mais certes voilà une étrange figure cet homme est digne qu'on le fasse parler ; il m parlera pas comme tout le monde. Et là-dessus l'i magination travaille; le poëte entend déjà cette voiî qui va gronder.)

« Il se présentait au sénat pour lui faire dej plaintes d'un certain censeur qui tourmentait 1( pays et exerçait toutes sortes de tyrannies. »

(Trop froid. Vous ne sentez donc pas que cel homme souffre? La Fontaine le sent.)

« Je ne crois pas que Gicéron même eût pu mieu> parler. »

(Gicéron I Quoique respectueux pour les anciens, le poëte voit du premier coup que la plus grosse sottise serait de le faire parler comme Gicéron.)

Contre Vavarice des Romains.

« Messieurs,

a Tout rustique que vous me voyez, je suis vent exprès du Danube pour vous saluer. »

(Joli début. Quelle politesse 1 Ce paysan du Da4s

nube fait la révérence comme un bourgeois de Chaillot.)

« Et comme j'ai à parler devant vous, je demande auparavant cette grâce aux dieux immortels de régler ma langue de sorte que je ne puisse rien dire qui ne soit utile à mon pays, et ne vous serve à bien gouverner la république. Car, comme de nousmêmes nous ne sommes capables que de mal faire, sans leur secours nous ne saurions faire du bien. »

(L'idée est vraie, le barbare commence bien, il n'y a qu'un moyen de parler d'un ton supérieur à un plus puissant que soi, c'est de prendre son appui sur un plus puissant que lui. Au-dessus du maître de la terre, il y a les rois du ciel. L'opprimé s'armera de leur toute-puissance, et fera plier les oppresseurs sous la volonté de ces maîtres communs. Il faut que le barbare soit religieux, qu'il sente les dieux présents, qu'il porte dans son cœur leur justice et leur colère. Mais quelles phrases traînantes! Comment se fait-il qu'il n'y ait pas plus d'accent dans son discours? Pourquoi songe-t-il à être utile aux Romains? Pourquoi ce raisonnement symétrique de la fin? Donnez-lui donc de la fierté, de l'âpreté, de l'audace.)

« Notre triste destinée en voulant ainsi, et les dieux irrités contre nous à cause de nos fautes nous ayant abandonnés, la fortune alors vous fut si favorable que les superbes capitaines de Rome se ren-

dirent maîtres de notre Germanie à force d'armes. » (Le maladroit imite les périodes cicéroniennes.) « Certainement, Romains, votre gloire est grande pour les victoires que vous avez remportées et pour avoir triomphé de tant de nations; sachez néanmoins qu'à l'avenir votre infamie sera encore bien plus grande à cause des cruautés que vous avez exercées.! Car je vous apprends, si vous ne le savez, que lors-j que vos chars si triomphants entraient dans Rome) et que de tous côtés on criait à haute voix : Vive, vive Rome l'invincible ! les pauvres captifs attachés à ces mêmes chars se plaignaient aux dieux dans leur cœur et leur demandaient justice. » (Radotage. La Fontaine s'ennuie.) « Quant à votre avarice désordonnée aussi bien que votre ambition, le moyen de dire ce qui en est! Tant vous vous êtes montrés avides du bien d'autrui. et impatients de commander, que ni la terre, toute vaste qu'elle est, ne vous suffit pas, ni la mer avec tous ses abîmes. Oh! quelle consolation pour les affli gés, non-seulement de penser, mais de tenir poui certain qu'il y a des dieux qui leur feront justice... En notre pays et par toute l'Allemagne, ceci pass( . pour constant que qui prend le bien d'autrui pa force perd le droit qu'il a sur son propre bien... Pour moi, j'espère tant du ciel que je ne doute poin que quelque jour ce proverbe d'Allemagne ne soi ici à Rome une vérité connue par expérience, » etc

i (Illisible. La Fontaine bâille, cesse de lire et commence à feuilleter.)

«. ... Je ne sais pas, Romains, si vous m'entendez, mais afin de me faire mieux entendre, je dis que je suis étonné comment un homme qui retient un bien qui n'est pas à lui peut dormir en repos ; puisqu'il voit tout à la fois qu'il a offensé les dieux, scandalisé les voisins, perdu ses amis, fait ce que ses ennemis souhaitaient, porté préjudice à ceux qu'il a pillés ; et enfin j'y trouve qu'il a mis sa personne en très-grand danger, puisque enfin le même jour qu'il a proposé de m'ôter mon bien je songe à lui ôter la vie.... »

(Rhétorique et bavardage plat. Et c'est là un sauvage indigné, désespéré, qui menace au nom des dieux avec une sorte d'emportement prophétique ! Dites plutôt un avocat à gages, qui plaide à tant par heure, un l'Intimé, comme dans Racine. Taisez-vous, pauvre Gassandre, et allez relire votre rhétorique d'Aristote. )

((. Car enfin vous n'êtes faits que pour tourmenter les peuples, et êtes de si grands larrons que vous volez jusqu'à la sueur du pauvre. »

(Trait de bon goût et surtout vraisemblable. Toujours des souvenirs de collège. )

Contre V ambition de Rome.

<i Je vous demande, Piomains, vous qui êtes nés sur le Tibre, qu'aviez-vous à démêler avec nous

pour venir nous inquiéter jusqu'au Danube où nous vivions paisiblement ? Mais peut-être :

« Étions-nous amis de vos ennemis ? »

Ou bien :

« Est-ce que nous étions déclarés contre vous ? »

(Le voilà qui énumère tous les îas de guerre et prouve doctement qu'aucun de cos cas ne s'est présenté. Un, deux, trois, quatre, cinq, six, sept, huit, neuf. Neuf cas de guerre énumérés. C'est la division que les pères jésuites enseignent dans leurs classes de rhétorique. L'écolier 1 le rhéteur ! La Fontaine saute vite deux pages. Enfin, voici une idée.)

« Ne vous imaginez pas, Romains, à cause que vous vous êtes rendus maîtres de notre Germanie, que c'ait été par votre valeur et pour n'avoir pas vos pareils à la guerre. Car je vous déclare que vous n'êtes ni plus courageux, ni plus hardis, ni plus vaillants que nous; mais bien comme nous avion?, offensé nos dieux et qu'ils voulaient nous châtier, par un jugement qui nous est caché, ils ordonnèrent que vous seriez nos cruels bourreaux. Et, pour dire la vérité, ce ne furent point les armes de Rome qui vous firent avoir la victoire, mais les torts de la Germanie. Je tiens pour certain, vu les cruautés que vous nous avez fait souffrir , que vous les payerez tôt ou tard ; et en ce cas-là il pourrait arriver que vous, qui à présent nous traitez d'esclaves,

à votre tour vous nous reconnussiez comme vos maîtres. »

(Oui, on peut tirer de là quelque chose. Ces malheureux foulés prévoient leur vengeance. Mais rien qu'une matière, jamais d'accent. La Fontaine passe coup sur coup deux, troix, quatre, six pages. A présent le barbare s'amuse à prouver tout au long que la simplicité des Germains vaut la civilisation romaine. A peine çà et là un trait vrai perdu dans le barbouillage. « Nous vivions contents sur nos propres terres. » La Fontaine gardera ce trait.)

Contre les mauvais juges.

« Vous vous imaginez peut être que j'ai tout dit. » (Mais oui.) « Mais il s'en faut de beaucoup. » (Bon Dieu !) « Car j'ai à parler de choses qui font dresser les cheveux » (il n'y a pas de danger, vous êtes trop calme), « et que je ne crains point de dire en votre présence, puisque vous n'êtes pas honteux de les faire, joint que toute faute qui est publique mérite d'être reprochée publiquement. » (Pédant.) « Sachez donc que vos juges prennent publiquement tout ce qu'on leur donne et sous main le plus qu'ils peuvent, châtient le pauvre sévèrement et dissimulent les fautes du riche, souffrent quantité de désordres, afin d'avoir occasion de faire de gros larcins, » etc., etc. (Litanie vague. Gomme le sénat doit bâiller ! Quarante-sept pages aussi éloquentes.)

€ Mais, après tout, Romains, savez-vous bien ce

que vous y gagnez? C'est que, tous tant que nous sommes dans notre misérable pays, nous avons fait, serment de ne plus habiter avec nos femmes, afin de ne plus mettre au monde des malheureux, mais bien pis, de tuer nos propres enfants, afin de ne pas les laisser entre les mains de tyrans si cruels; car enfin nous aimons beaucoup mieux qu'ils meurent avec leur liberté, que de les voir languir dans la servitude. » (Il y a de la ressource dans cette idée, mais quel style ! Jamais ce barbare ne fera un meurtre.) « A ce propos, il est bon que je vous instruise de quelques petites particularités (le joli mot ! ) qui ne sont pas à oublier, afin que les sachant, vous y donniez ordre. S'il vient ici quelque pauvre homme vous demander justice, mais si pauvre qu'il n'ait ni argent à donner, ni vin fin à présenter, ni huile à promettre, ni pourpre à offrir, en un mot, qui n'ait ni support, ni faveur, ni revenu (compendieusement, comme dit l'Intimé) , après qu'il a rendu sa plainte dans le sénat, d'abord on le contente de paroles, » etc. (Nous savons par cœur le développement. Qu'est-ce qu'il y a ensuite? Il conte sa vie : qu'il ramasse des glands l'hiver, que l'été il scie du blé. Laissez donc en pareille occasion ces détails de gamelle. Ce barbare doit être un héros, un juge, et non un compère, un confident de pot-au-feu. — Bien, le voilà maintenant qui se répète et piétine en place sur une idée qu'il a

déjà dix fois usée. Mais il y a un trait. « J'ai résolu, comme malheureux, d'abandonner ma maison et ma douce compagne. )> Pourvu qu'il continue ! Ah ! le malheureux rhétoricien qui fait jouer la prosopopée!)

« 0 secrets jugements des dieux ! quoique je sois obligé d'admirer vos œuvres et tout ce qui vient de vous, néanmoins, s'il m'est permis de dire ce que je pense, je crois, moi, avoir quelque sujet de me plaindre. »

(Toujours l'emphase qui tourne h la platitude. Une ampoule qui crève.)

« Or, maintenant que je vous ai déjà déchargé mon cœur et fait ce que je souhaitais, si j'ai dit quelque chose qui vous ait offensé, me voici sur le carreau étendu de tout mon long ; faites-moi mourir,... » «Il demeura à terre ainsi couché une bonne heure. » (Trop longtemps, grotesque.) « Ensuite il fut créé patrice avec pension publique. » (De l'argent à un pareil homme ! Vous le déshonorez.) « De plus, nous commandâmes au villageois de nous donner sa harangue. » (Il l'avait donc apprise par cœur? Il l'avait peut-être fait composer par le magister de son village? Allons, tout est à refaire.)

Et là-dessus La Fontaine laisse le livre et va rêver, jusqu'à ce qu'enfin un jour, par hasard, face à face avec son papier, il se sente en lui-même l'âme de son barbare. 11 reprend d'abord le portrait tracé par

Cassandre. Il efface les traits qui ôtent la majesté, « le visage petit et basané, » les articles traînants, les détails superflus. Il ajoute des mots vivants, « un menton qui nourrit une barbe touffue,y> de puissantes expressions latines i, « le regard de travers,» et par-ci par-là un mot gai, « cet homme ainsi bâti, un ours mal léché ; » car le fabuliste ne peut tout de suite quitter son ton ordinaire ; et il écrit ce début énergique et simple :

Son menton nourrissait une barbe touffue,

Toute sa personne velue Représentait un ours, mais un ours mal léchét Sous un sourcil épais il avait l'œil caché. Le regard de travers, nez tortu, grosse lèvre,

Portait sayon de poil de chèvre

Et ceinture de joncs marins.

Cet homme, ainsi bâti, fut député des villes Que lave le Danube. Tl n'était point d'asile

Où Ta varice des Romains Ne pénétrât alors et ne portât les mains.

Avez-vous vu comme tout d'un coup, au milieu du vers, l'accent a changé, comme le sérieux, la passion y sont entrés par une irruption subite, comme la dernière image toute corporelle enfonce l'émotion dans le cœur des assistants? Le barbare parle, et tout de suite le grand vers imposant soutient sa voix. Il ne salue pas, comme dans Cassandre ;

' Torlo» oculos.

du premier coup, il prend l'ascendant ; « le sénat est là pour l'écouter. » Il n'amplifie pas comme Cassandrc ; son premier mot commence un raisonnement serré qui va droit jusqu'à la menace. Il ne se traîne pas dans la prose plate comme Cassandre; il atteint à chaque pas les audaces de la poésie, et vous entendez la parole solennelle et véhémente de la juste indignation contenue. Cet homme-là croit aux dieux, et il parle comme s'il les sentait derrière lui, dites mieux, en lui-même et dans son cœur.

Romains et vous, Sénat, assis pour m'écouter, Je supplie avant tout les dieux de m' assister. "Veuillent les immortels conducteurs de ma langue Que je ne dise rien qui doive être repris 1 Sans leur aide, il ne peut entrer dans les esprits

Que tout mal et toute injustice.

Faute d'y recourir, on viole leurs lois. Témoin nous que punit la romaine avarice. Rome est par nos forfaits plus que par ses exploits

L'instrument de notre supplice.

Craignez, Romains, craignez que le ciel quelque jour Ne transporte chez vous les pleurs et la misère ; Et mettant en nos mains par un juste retour Les armes dont se sert sa vengeance sévère,

Il ne^vqus^ fasse en sa colère

Nos esclaves à votre tour.

Il y a un éclat sur ce mot d^esclaves, et à l'instant le discours tourne. La brusquerie, les interrogai ions

pressées comme les coups d'une hache de guerre, la puissante voix tendue et grondante, la hardiesse qui prend corps à corps l'adversaire et le frappe en face, annoncent le barbare. Il ne se ménage pas, il ne ménage pas les autres; il combat et il se livre ; il suit sa passion sans égard pour les règles ; il ploie le discours, il casse en deux ses phrases, il s'arrête net au miheu d'un vers; il change d'accent à chaque minute; voici que, pour la première fois, dans cette curie où les élèves de Quintihen modulaient adroitement les doubles trochées de leurs périodes , les voûtes renvoient les mugissements, les accents brisés et toutes les clameurs du désespoir et du combat.

Et pourquoi sommes-nous les vôtres? Qu'on me die En quoi vous valez mieux que cent peuples divers? Quel droit vous a rendus maîtres de l'univers? Pourquoi venir troubler une innocente vie ? Nous cultivions en paix d'heureux champs; et nos mains Étaient propres aux arts ainsi qu'au labourage.

Qu'avez-vous appris aux Germains ?

Ils ont l'adresse et le courage ;

S'ils avaient eu l'avidité

Gomme vous, et la violence, Peut-être en votre place ils auraient la puissance Et sauraient en user sans inhumanité.

Celle que vos préteurs ont sur nous exercée

N'entre qu'à peine à la pensée.

La majesté de vos autels

Elle-même en est offensée.

Car. sachez que les immortels

Ont les regards sur nous. Grâces à vos exemples, Ils n'ont devant les yeux que des objets d'horreur,

De mépris d'eux et de leurs temples.

D'avarice qui va jusques à la fureur.

Rien ne suffit aux gens qui nous viennent de Rome.

La terre et le travail de l'homme Font pour les assouvrir des efforts superflus. Retirez-les : on ne veut plus Cultiver pour eux les campagnes.

Nous quittons les cités, nous fuyons aux montagnes.

Nous laissons nos chères compagnes.

Nous ne conversons plus qu'avec des ours affreux, Décourîigés de mettre au jour des malheureux, Et de peupler pour Rome un pays qu'elle opprime.

Quant à nos enfants déjà nés, Nous souhaitons de voir leurs jours bientôt bornés : Vos préteurs au malheur nous font joindre le crime.

Retirez-les, ils ne nous apprendront

Que la mollesse et que le vice.

Les Germains comme eux deviendront

Gens de rapine et d'avarice.

C'est tout cë~quê j^ai vu dans Rome à mon abord.

N'a-t-on point de présent à faire.

Point de pourpre à donner , c'est en vain qu'on espère Quelque refuge aux lois; encore leur ministère A-t-il mille longueurs. Ce discours un peu fort

Doit commencer à vous déplaire.

Je finis. Punissez de mort

Une plainte un peu trop sincère.

A ces mots, il se couche, et chacun étonné Admire le grand cœur, le bon sens, l'éloquence Du sauvage ainsi prosterné.

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