T. IX, p. 373, LeI/re à Racine
3. La Fontaine fait ici alinsion au travail de Cureau de La Chambre, Discours sur les causes du débordement du Nil (Paris, 166j, in-4°) : le Nil contient du nitre en grande quantité ; il fermente à tel point à un moment donné qu'il fait déborder les eaux du \il. — La Fontaine raille finement cette conception bizarre. Nous savons aujourd'hui que les débordements du Nil sont dus à la crue de ses afUuents d'Abyssinie (T. VI, p. 339. Poème du Quinquina).
s'élève dans le même passage contre la Faculté de médecine, qui se refuse, malgré l'expérience, à reconnaître les bons effets thérapeutiques du « quinquina ^)).Que faut-il penser aussi de ces astrologues qui devinent la « destinée» de riionmie à travers les astres et qui prophétisent sur le « devenir » de leurs semblables ?
La Fontaine les juge comme étant des esprits aussi stupides et aussi vains que les chercheurs de « pierre philosophale ». 11 répond à ces faiseurs d'horoscopes par une déclaration de })rincipe :
Je ne ciois pas que la Nature Se soit lié les mains et nous les lie encor Jusqu'au point de marquer dans les cieux notre sort-.
Et Jejdonhomme passe aussitôt à la théorie^ de. Fautomatisine des bêtes de Descartes. Son profond amour pour les animaux et son intuition gonîâle luifont j30uteiiir av^c véhémence et avec passion qu'il y a autre chose, chez ces êtres, qu'un « aveugle ross^rl ». Nous savons que l'avenir et l'expérience lui ont donné à peu près raison. La plupart des savants et des pliysiologistes •'• reconnaissent aujourd'hui qu'il n'y a^ entre la conscience animale et la conscience Tiumaine, qu'une question de quantité et de degré, qu'im rapport de n à + n.
1. On trouvera exposée tout au long cette querelle du quinquina dans l'introduction à ce poème de VEdilioii des gramis écrivains (pp. 307 à 315, t. IX). Le médecin François de la Salles (dit Monginot) est un des défenseurs du quinquina. La Faculté ne veut l'employer, parce que, dans les fièvres, par exemple, il fige le sang. Voir encore T. IX, p. 330.