‹ La fontaineChapitre 56 sur 123 · T. Il, p. 20;i : livre Ylll, fable XVl, l Horoscope · texte numérisé non relu

T. Il, p. 20;i : livre Ylll, fable XVl, l Horoscope

3. Certains physiologistes, comme Loeli,de Chicago, et Bethe, ont voulu ne voir dans l'animal, au moins dans l'animal inférieur, qu'un simple automate. Mais, par contre. Uiicliner, Cari Vogt. liomanes, Darwin, etc..

Je 110 sais si les repli (jucs et les arguments du fabuliste sont appréciés à leur juste valeur par ses contemporains, mais nous devons reconnaître, fiuoique sa thèse soit vraie, E!iiL-£^i^''^8^ici5--Gt pli^'^ imaginatif que précis dans ses démontrations. Il étaijc le plus souvcnt"sa"tîiéorie p;ir des arguments sentimentaux et, dans la circonstance, cela ne- saurait suffire.

La Fontaine accorde à ranimai une ànie scnsitive, siti (jeneris^ qu'il a le tort dj^jliiférençier jiettement de l'ànie humaine. L'esprit sensitif et l'esprit pensant sont ainsi séparés par la(<. qjtialité j)ct non par la « quantité ».

D'ailleurs, ses fables, les Deux Rats, le Renard et rOEuf\ les Souris elle CA«/-//;/«/ir', sont chimériques, irréelles; elles ont été fabric{uées de toutes pièces pour les besoins de la démonstration.

IV. De la philosophie morale et sociale. — Si de la philosophie scientifique du fabuliste nous passons à sa philosophie morale, nous verrons que, l;i encore, il manifeste, en dépit de quelques recrudescences passagères de religiosité, un esprit libertin^ll s'est composé jino jiorale toute natiirëlle^„ptarce"qlrïl affeali^mie^ jiarticulièreiiijeiit la vie d'ici-bas ,..j3.arcequ'i]^e__semb]^ certain,

quoi qu'iUen ail-dit^ qu'il y ait une.__aiitre jie. yiv-ûiis d'abord dans ce monde qui nous environne, nous dit-il

ont accordé à laniinal la conscience et plus que la conscience qu'ilméritait.

Voir pour les détails l'excellent article de Gi,Ai'ARi:iJE, de Genève, les! Animaux sonl-ils conscients '.' (Revue jihilosophique, mai 1901.)

1. T. II, p. 454 et suiv. : livre IX, fable XIX, Discours à :l/'"° de La Sablière.

2. T. III, p. ICI et suiv. : livre XI, fable IX, /a Souris elle Cliul-lluant

souvent, et nous verrons ensuite ce qui en adviendra.

w Est-ce à dire que Jean de La Fontaine est un moraliste rVau sens précis du mot? Je ne le crois pas. Il s'est étrange- ' ment trompé le jour oii il a écrit dans sa Préface aux Fables qu'il voulait éduquer, instruire les enfants. Son œuyre[)eut amuser l'enfance, jnais^non^l'éduqjjer.. Ses fjibles^ont faites pour les adultes, pour les gens expérimentés qui possèdent l'esprit critic|ue, pour ceux qui pensent et qui réfléchissent, c'est-à-dire ceux qui§avent lire entre les lignes, qui savent retenir le «^sens » et . lion la « lettre »y/'qui savent compléter on un ino.t son . œuvre et sa pensée. Il ayii, cunmie La l>ruvero. en critique et en psychologue. Son œil de subtil observateur V saisit sur le vif 1§-S défauts et le ridicule de notre nature. \ 11 excelle à transposer toutes ses observation^ dans de pèlits drames précis et imagés. Ne crojez pas qu'il soit malicieux, ni qu'il écrive i)our se venger de quelqu'un ou de quelque chose ! Ne nous dit-il pas ingén ùmeiii Ivoici

^l'Llâ]il§â]i-djS Ja société qui est Tait d'après nati^rfi; homij soit qui mal y pense! JSt- i) s'empresse de nous tirer la réyérence sur cette parole si révélatrice de sa pureté djntention..

La Fontaine procède la ))luijart du temps de la même nianièie^que les naturalistê&jiujxlerne§.^ c'est-à-dire au'il peint le « vrai » sans le commenter, nous laissant à pensej:4ii'ilest assezexpressïfT assez éloquent par luimôme.

Rousseau ' et Lamartine '-. qui ont si maladroitement critiqué le Bonhomme, n'ont jamais su apprécier la franchise de son caractère. C'est pourquoi ils lui ont })rèté

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