‹ La fontaineChapitre 58 sur 123 · T. Vin, p. 160 : l'Vijcké · texte numérisé non relu

T. Vin, p. 160 : l'Vijcké

« houtade » d\ni esprit fatigué et découragé de la vie. Cette parole n'est que l'aboutissant naturel de quelqu'un qui a beaucoup joui et peu peiné. C'est un cri de lassitude morale et pliysique ; c'est, chez lui, un signe de déchéance et de mort prochaine.

Ph ilos oph ie s oçiale . — La société est divisée en classes, en castes nombreuses, dont la longue énumération constitue un fonds toujours fertile }i(»ur l'ample comédie en cent actes div ers .__Tou t^ entre dans la com- position de la société : le beau, le bien, le laid, le mal, le ridicule. La foule est impulsive, ignorante, c'est :

l/auinial aux tèles frivoles'.

La foule s'émeut pour un rieii ûL..afi.jiassionnc pour peu de chose: elle est à la noerci d'un « meneur », car elle ne sait pas se.- conduire, se maîtriser; elle ignore maintenant ce qu'elle doit faire dans quelques instants -' : elle est changeante et ignorante :

La foule s'étonna comme il se pomail faire Qu'un homme seul eût plus de sens Qu'une multitude de gens*'.

L'homme (piel qu'il suit est l'c'gal de sou semblable. 11 \ n'est rien de phis puéril que les distinctions sociales, car le berger et le roi « sunt sous même planète' ». Cependant la société t'st oj'gaiiisc'e de telle sorte que lej3auyre souffre iioiir les autres, (pi'ii est l'esclave des classes

1. T. Il, |i. 2;J2 : liv. VIII, Table IV, le Poiiroir des Fables.

2. Voir noire ouvrage, Eludes de psi/cliiUorjie normale el }ialliolo<jique de 1(1 femme dans la sociélé : tout le ehapilre II (V. Michalon, Paris. 190o).

?>. T. I. ia-lS, p. 195 : liv. H. fable XX. Teshimenl expliqué par Esojie. 4. T.. Il, p. 296 : liv. VIII. table XVI. V Horoscope.

aisées ou riches. Nous savons combien est ^'rande xvii° siècle, la misère du peuple. Les plus nombreuses

TlesLlllîIi£s misérabies; les plus t/ beaux échantillons de la race sont soumis à des privations \ caoliiutelles. C'est pourquoi Platon a dit que l'amour est / fils de la pauvreté^'.

EU^aJ^ntaine s'erapi:£ssfî deji£us^onsole^r dfîJj^^ ^jXiitiV-eîar rll^ n-'#s-t ce pas un vice ». Pour sa part, il est resté une « cigale » durant toute sa vie. Ne dit-il pas complaisamnient que c'est une misère que d'être riche?

Les seigneurs et les gTands vivent du labeur et- de la j5eine du pauvre. Il ne faut donc. pas. penser à mal^JIors^ qu'il nomme parfois le paysan : un cancre, un hère, un pauvre diable.

Aimons-nous les uns les autres, va-t-il répétant sans cesse, car l'on a souvent besoin d'un plus petit que soi. L'union est fille de l'harmonie ; elle donne la paix et elle rapproche les cœurs.

Gardons-nous de la sottise, de la vile vanité, car elle est parente de l'imprudence et du babil.

N'oublions pas que la société mange à deux tables diff'é-/ /Jt-^ rentes, dont l'une ne fournit à l'autre que les miettes, que' ' les restes. Qu'y a-t-il de plus,saisissant et de plus vrai que l'aventure du pot de terre et du pot de fer ? (^)uoique la raison du plus fort soit toujours la meilleure^ il esLJbon cependant de ne point se laisser vaiiLOre sans^op^osfiija'^ plus ferme .résistanceu-.

L'homme, qui tient toujours du (( milieu » dont il vient, ne doit point forcer son naturel, ni contrarier sps tendances.

Page 1