T. VL p. •i'il et siiiv. : poème du QuiiK/itind
lontaires qui font « frémir » le corps à la moindre seconsse. De là proviennent aussi Tincohérence et l'agitation de l'âme dans la fièvre. Le fabuliste s'étonne un peu cependant que cette maladie fasse perdre la raison. 11 explique ce fait par les esprits animaux qui agissent sur les nerfs, et sortent sans mesure et sans ordre des vaisseaux sanguins. •
Il n'est pas jusqu'au « frisson » qui accompagne la maladie, qui ne s'explique commodément. Il est dû au « manque d'esprits » qui ne peuvent tirer à eux <( leurs contraires » et les muscles se trouvent ainsi plus lâches, moins tendus. Si le manque « d'esprits » produisait un affaiblissement de la température, nou>. obtiendrions à peu près la théorie actuelle du « frisson d, qui veut que f.e phénomène ne soit qu'une réaction do l'organisme à cette déperdition de chaleur.
Faisons maintenant un peu de thérapeutique et voyons quels sont, selon La Fontaine, les bons effets du quinquina.
Ils sont d'aj)ord remarquables., Cette médecine remplace ^vantageiis emeat les- « saignées )j,..qui ne faisaieiit qu'augmenter la teiflpératnre du cm^ps au lieu de ljib^isg^r. ï.è^ quinquina guérit radicalement de la fjpvpp'^ pnrpo qu'i] f>g^f amer. J^'ainertimiû— eat— Tennemie ./le l'acidité ^uL s^ trouva- .eoLgrande quantité^dans le sang. La fièvre doit donc ces ser^ dè^^queJejQiinquina entre en lutte avec l'organisme.
Mais ce que nous avons appelé la « plwsiologie générale » du fabuliste ne s'arrête pas là. C'est ainsi qu'il se montre curieux de savoir, lorsqu'il parle de la vie et de la mort, de la médecine et de la science, sLla raison e.st innée chez rhomm^ou__ai aLlû iie-xésiiite.que de l'empii;nsme et de l'expérience?
Selon lui, les artssoiit nés de la nécessité, et touHe porte a croire qiie Jes premiers humains n'avaient âlipris ce qu'ils savaient que de Tanimal, j)arce q^ue rinstinct de celui-ci a—tmjjûurs été parfait en soii,et lui^a constamment assuré sa. conseryaticm. L'animal fut le premier ti préceptmir -WLdB-l-kûmjue'.
^Reconnaissons que le faj)uliste, en se servant de l'animal pour instruire 1 'hon'mie^__an (léhnt de, SQp cyala— .si^ .garde-hiÊii-de..iaire__ap^I à-âtv€4^in^ déité. J!^ii!is sonîmes ici dans l'explication scientifiq^ue ; nous nous J^rouyons en présence d'un raisonnement fort proche de celui d'un Diderot ou d'un Darwin, et, à tout le moins, fort éloJ£né des conceptions idéalistes^ et spiij tualistes qui règneiit
au xvif siàcLeu-
Comment se fait-il que le nombre des maladies aille en grandissant, au fur et à mesure que progresse la civilisation? Il est indéniable que chaque étape du progrès humain révèle ou suscite un « mal » qu'on ignorait ou qui n'avait pas encore existé.
'homme primitif était très simple; il se contentait du grand air et delà sainejiourriUiXfî.;..ii.:dxail^ans ambition et sans passion, menant la vif^ pai^tQra1e^j]uiest la moins compUquée et la plus saine de toutes. Dej3uis ce temps, déjà fort lointain, -les nécessités de la vie sociale se sont sans cesse compliquées ; les besoins s étant considéi-ablement accrus, l'homme a voulu vivrejde plus en plus ; il a chfîrxjié à jouir davantage ; il en est découlé des excàê^iiouveaux ; de tous ces abus sont nées des mala-