Voir la Préface an.r Fables, t. I, p. 8 et suiv
ganes de sa machine. Toutes ses œuvres, notamment sa correspondance, abondent en détails piquants, qui nous font voir comment il se juge et comment il comprend la vie.
L'on peut bien dire même, sans craindre de se tromper, qu'il se dépeint avec autant de justesse, d'impartialité et de « rigorisme » que s'il s'agissait de son prochain.
Il se sait impulsif, volage et inconstant. Il parle de sa paresse et de son infatigable passion pour les femmes ; il chante sur tons les tons la misère de sa nature. Souvent 'amertume et le regret s'emparent de son âme. Nous le voyons alors professer publiquement ses fautes, se gardant Ijien de les excuser ou même de les diminuer :
Des solides plaisirs, je n'ai suivi que l'ombre, Les romans elle jeu, peste des républiques. Cent autres passions, des sages condamnées, Ont pris comme à l'envi la fleur de mes années'.
Tous les détails qui concernent son emploi de temps nous sont donnés par lui avec toute la précision que l'on puisse souhaiter. Si j'étais sage, dit-il parfois à M'"" de La Sablière, je suivrais vos leçons, mais je suis « chose légère » ; je change sans cesse d'avis ou d'opinion; je suis faible à l'égard de la passion qui règne chez moi en tyran; mais qu'y faire? Le vase est imbibé, l'étoffe a pris son pli, et n'est-il pas trop tard pour songer à mettre la paix et l'ordre dans ma conduite ?
Un vain bruit et l'amour ont partagt- mes ans-.
Il s'est déjà montré à nous dans l'épitaphe d'un paresseux-'; mais nous devons tout de même reconnaitre qu'il