‹ La fontaineChapitre 97 sur 123 · T. IX, p. 113 : le Florenlin · texte numérisé non relu

T. IX, p. 113 : le Florenlin

2. Lulli, célèbre musicien du siècle de Louis XIV. Ne à Florence. Créateur de l'Opéra à Paris (1633-1687].

SA MEMTAT.ITË 199

L'abbé Furelière ' lui garde rancune, depuis ses démêlés avec l'Académie française. Il le raille agréablement sur son ignorance professionnelle de maître particulier des Eaux et Forêts. Dans une épigramme, pleine de sel, l'abbé reproche au fabuliste de ne savoir distinguer, entre cent autres choses, « un bois de grume d'un bois de marmenteau ». Celui-ci répond vertement à Furetière en lui rappelïmt quelque « bastonnade » célèbre qu'il reçut, un certain jour :

Et frappant sur ton dos comme sur une enclume, l.e bâton, dis-le-nous, était-ce bois de grume, Ou bien bois de marmenteau - ?

Mais la rancune ne dm-e pas chez lui, et, il faut bien le dire, il oublie aussi vite une injure qu'un bienfait. Si nous lui reprochons son égoïsme et son indifférence envers sa famille, ses amis et ses protecteurs, nous devons reconnaître qu'il pardonne à ses ennemis avec une grande simplicité, et avec une touchante facilité.

Voyons de plus près, maintenant, ce qu'il faut penser de sa douce paresse dont il nous parle si souvent. En général, pour surmonter un sentiment ou une aversion, il faut qu'i} soit fortement stimulé, sermonné ou encouragé. Boile au et Racine, qui le décident un Ijeau jour, après de pressantes exhortations, à revenir vers sa femme, ont la grande joie

1. L'abbé Furetière venait d'être exclu de l'Académie pour avoir publié un Diclionnnire français, malgré le privilège de la docte Compagnie. La Fontaine vota pour son exclusion.

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