T. IX, /oc. cit.: Epitaphe d'un pareufteiix
SA MENTALITE 201
Puis fiez-vous à rimeur,
Qui répond d'un seul moment '.
Dans une autre occasion, il se plaindra sur le même ton de l'attraction puissante qu'exercent sur lui les contes et les nouvelles grivoises : il ne peut se défendre de cet aimant qui l'attire invinciblement :
• iMe voilà prêt à conter de plus belle ; Amour le veut et rit de mon serment ^.
Paresse, faiblesse, indolence sont trois défauts bien familiers au fabuliste. Il n'a jamais pu ou su s'en corriger parce qu'il a toujours dédaigné l'effort. Il a vécu en philosophe indépendant; il ne s'est jamais assez douté que la civilisation du xvif siècle réclamait un effort individuel très grand. Les conditions économiques sont telles, qu'au fur et à mesure que le progrès se réalise, elles éloignent l'être de la fantaisie, de la spéculation et de l'indépendance.
Il est touchant de voir La Fontaine s'accuser de ses fautes, se plaindre de sa conduite ; il devient, dans ces occasions, aussi cruel pour lui-même qu'il pourrait l'être pour un étranger ou pour ses amis. C'est parfois dans des sentiments touchants qu'il s'accuse de ses fautes :
Le nœud de l'hymen doit être respecte, Veut de la foi, veut de l'honnêteté.
Je donne ici de bons conseils sans doute. Les ai-je pris pour moi-même ? Hélas ! non •' !