‹ La forêtChapitre 18 sur 22 · LES CARACTÉRISTIQUES DU BOIS · texte numérisé non relu

LES CARACTÉRISTIQUES DU BOIS

ENTREPRISE du forestier ou du sylviculteur n’est pas tant de produire des arbres ni méême des forêts que la matière principale qu'ils fournissent : du bois, et non-seulement du bois, mais un bois d’une certaine qualité, utilisable dans les industries. Il doit donc non seulement pouvoir reconnaître les différents bois et connaître leurs qualités et leur utilité à divers usages, mais de plus 1l doit savoir comment les différences de qualités se produisent et appliquer cette connaissance à la production de sa récolte. Toutes les qualités techniques, le poids, la dureté, la force, l'apparence, et même la couleur jusqu’à en certain point, et la manière d’être du bois, peuvent être rattachées plus ou moins directement à une structure variable, à la combinaison différente des cellules, avec des parois plus ou moins épaisses, des orifices plus ou moins larges, et aux systèmes cellulaires, qui forment le bois.

Sans entrer dans des détails et un examen microscopique, la simple observation avec un verre gros-

sissant des traits les plus apparents révèle un bon nombre de caractéristiques du bois. Une section transversale. (en travers du tronc) aide mieux à cette fin, quoique des sections tangentielles (parallèles à l'axe central) et des sections radiales (dans la direction du rayon de la section transversale) révêlent aussi des traits particuliers.

En comparant les sections transversales de nos arbres du nord, d'espèces différentes, nous trouvons qu’ils peuvent être divisés en trois classes différant clairement par l'apparence de la structure. On trouve la différence en examinant chaque zone concentrique ou chaque cerne annuel par lui-même et le change- IMeNLICUTICCUTE AMIE:

Cet examen fait voir que dans chaque cas, il y a deux zones définies dans le cerne de la crue de l’année, dans la plupart des cas reconnaissables aux différences de couleurs, savoir, la partie interne plus légèrement colorée —le bois du printemps, ainsi appelé parce que c’est le premier bois formé le printemps, — et le bois de l’été, le dernier bois formé dans la saison. Le premier est légèrement coloré, parce qu’il est formé de cellules à parois minces avec de larges orifices (Iumina), ce qui rend la structure lâche et ouverte, tandis que le dernier a une couleur foncée, à cause de ses cellules à enveloppes plus épaisses et de ses petits orifices, qui réfléchissent la lumière d’une manière différente, formant une structure dense et serrée. Les cellules largement ouvertes ou les fusions de cellules peuvent devenir tellement apparentes qu’elles ressemblent à des pores plus ou moins grands, —vais-

seaux ouverts— et selon que ces pores existent, qu'ils se trouvent distribués plus ou moins également à travers la couche concentrique annuelle ou soient groupés plus ou moins distinctement dans le bois du printemps, nous avons la distinction entre les bois non-poreux, à porosité diffuse où à cernes poreux. Les bois à cernes poreux, tels que le chêne, le frêne, l’orme, concentrent leurs vaisseaux largement ouverts ou pores dans le bois du printemps, de sorte que chaque cerne est de suite visible. Ces bois sont pour la plupart des bois durs, des arbres à larges feuilles, leur bois d'été compact constituant la partie dure. Les bois à porosité diffuse, qui ont des vaisseaux et des pores de plus petites dimensions mais en plus grand nombre, plus ou moins également distribués, sont pour la plupart des bois mous, tels que le peuplier, lérémbIe Hestiilipiereue/boisidétésétantiécalement poreux, et la dernière seulement ou quelques couches de tissu cellulaire se composant de cellules à parois épaisses, à petits orifices et serrées les unes contre les autres, ce qui rend difhcile la distinction du cerne annuel. Les conifères représentent les bois non-poreux, c’est-à-dire, ils n’ont pas de vaisseaux à large orifice De RpOreSRDIenNpronoices leuristructure du commencement à la fin est la plus simple et la plus uinnorme. la seule différence entre le bois d'étéetle bois de printemps, c’est que le premier a des cellules (qu’on appelle trachéides) à parois plus épaisses et comprimées dans la direction radiale. Ici encore nous trouvons des bois mous et des bois durs : les bois durs étant représentés par les pins jaunes et le sapin Dou-

RC

glas, qui font beaucoup de cellules de bois d’été—la partie plus dure, la plus foncée du cerne annuel, — tandis que d’autres, tels que les pins blancs, les cèdres etc, n’ont que quelques-unes de ces cellules serrées de bois d'été, le cerne annuel étant moins apparent.

La distribution variable des petits et des grands pores chez les arbres à grandes feuilles 1on seulement permet de mieux distinguer les genres et les espèces, mais encore de juger des qualités. Il est évident qu'une plus grande proportion d’éléments à parois épaisses, toutes choses égales d’ailleurs, signifie bois plus pesant, plus fort, de sorte qu’au simple examen physique on peut se former une idée comparativement juste de la valeur du bois. |

Puisque, selon les espèces, la proportion du bois d'été et du bois de printemps varie avec la rapidité de lamerue (l'épaissenrmdenanconchentconcentrduelter puisque le sylviculteur peut faire croître les arbres plus vite ou plus lentement, il peut donc partiellement produire une différence dans la qualité.

Une AUtrÉ DAT ENdeMESEUCEUTeRAUTEANIAREUTSS sert à l'identification du sujet et exerce une influence sur les qualités techniques, ce sont les rayons médullaires ou de la moelle. Tandis que la plus grande partie des tissus cellulaires et des fibres ligneuses ont leur grand diamètre dans le sens de la longueur ou de l’axe de l’arbre ou de la branche, les lignes médullaires, assemblages de cellules, ont leur grand diamètre dans la direction du rayon de l'arbre et coupent la ligne droite de la fibre ligneuse. Elles constituent, par conséquent, des éléments de faiblesse.

Sur la section transversale, elles apparaissent comme des lignes radiales, plus où moins fines, quelquefois tellement fines, comme dans les conifères, qu’on peut à peine les distinguer, ou bien si larges, comme dans le sycomore et le chêne, qu’elles constituent un trait des plus caractéristiques de la structure. C’est surtout dans les coupes radiales et tangentielles qui sont celles le plus souvent exhibées dans les constructions, que les rayons médullaires jouent un rôle, apparaissant comme différentes plaques colorées dans l’érable, le hêtre, le chêne équarri, et comme des indentations étroites dans la coupe tangentielle. L'absence ou plutôt le pauvre développement des rayons médullaires dans les comifères est une des raisons de la qualité uniforme et de la manière de sécher de ces bois, tandis que la difficulté tnibVedemaireseéchenle Ut sans défaut, É ACHRol Id Dpartienduetia presence que re considérable de rayons médullaires fort développés.

En séchant, le bois élimine l’eau qu'il récelait ; à mesure que l’eau s’évapore de la paroi cellulaire à l'extérieur elle est fournie par l’orifice à l’intérieur — aucune contraction des parois cellulaires n’a lieu tant que l’eau de l’oriñice n’est pas épuisée et alors la paroi cellulaire doit laisser exsuder son eau, les molécules composant la paroi cellulaire se resserrent à mesure que les molécules d’eau sont enlevées par l’air sec,— la cellule ou les tissus cellulaires se contractent. Les parois cellulaires plus épaisses du bois d'été contiennent, sans doute, le plus d’eau et par conséquent se contractent aussi plus que les cellules du bois du printemps. Voilà pourquoi les bois à cer-

Page 1