‹ La forêtChapitre 2 sur 22 · CN BN AGO C ER PE NRA TERRE · texte numérisé non relu

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Kingston, 20 mars 1903.

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PANBORET

Conferences par M. le professeur B.E. Fernow, L.L. D. à l'Ecole de Minéralogie de Kingston, Ont.

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PRMÉOREMSSOURCEÆDESREVENU

OUS pouvons affirmer, sans craindre la contradiction, qu'après les produits nécessaires à l'alimentation de la vie humaine, rien n’est d’un usage aussi universel n1 aussi indispensable, dans l’économie domestique et publique, que le bois. En effet, si vous faites abstraction du bois, et du bois en grande quantité, il vous sera impossible de concevoir l’idée de la

civilisation.

Les nomades de nos jours qui errent par troupes dans les plaines et les prairies privées d’arbres, n’en sont encore qu'à la condition des Scythes des temps

primitifs ; leur vie, leur culture morale, leur perfectionnement intellectuel, rien de tout cela n’a progressé. 51 la colonisation et la civilisation de nos régions occidentales, sans forêts, sont devenues choses possibles et se sont même effectuées avec succès, ce n’est que par suite du développement des moyens de transporter ce bois si nécessaire. Son emploi est devenu si général et si répandu qu’une disette de bois, quelque improbable que la chose puisse être, serait presque aussi cruelle qu’une disette de pain. Soyons, si nous le voulons bien, moins prodigues, tant au sujet des victuailles qu'au sujet du bois, mais le besoin de bois, autant que nous pouvons le prévoir présentement, viendra toujours en second lieu après le besoin de nourriture, et sera beaucoup plus grand que celui de tout autre produit servant dans l’industrie.

Notre civilisation est établie sur le bois. Du berceau à la tombe, sous une forme ou sous une autre, le bois nous entoure, nous accompagne : c’est une commodité, c’est une nécessité. Il entre comme partie essentielle dans presque toutes uos constructions. La moitié de notre population habite des maisons de bois, et le bois est entré comme partie indispensable dans lañconstruction detcellesontlogenautremtoitre san Serta les Ofner alesineubien NÉSICHATHSMEEEOULNES les mets de nos tables. Plus des deux tiers de notre population l’emploient comme combustible, et jusqu’à une époque récente, 1l constituait l’unique ou le principal moyen de réduire les minerais et de façonner les métaux pour qu'ils puissent à leur tour servir à travailler le bois lui-même. Pour chaque centaine de

— tonneaux de charbon à extraire de la mine, il faut deux tonneaux de bois de charpente minière, et 1l faut aussi de grandes quantités de bois pour extraire nos métaux des mines. |

Chaque livre de fer, chaque once d’or demande du bois pour son extraction, du bois pour sa fabrication, du bois pour son transport. Il n’y a presque pas d’ustensile, d'outil, ou même de machine que le bois n’a pas contribué à façonner, ne serait-ce qu’en fournissant le manche ou le moule on le patron. Les objets utiles ou simplement décoratifs, faits de bois en tout ou en partie, sont innombrables. Nos demeures en sont remplies, et nos occupations quotidiennes nous en imposent l’usage partout où nous nous trouvons. Pour nos moyens de transport, nous comptons principalement sur le bois. Nos 260,000 milles de rails de chemins de fer (190,000 milles de chemins de fer aux Etats-Unis), ces voituriers de la civilisation, reposent sut pas moins de 700,000,000 de traverses de bois dont 1l faut renouveler 140,000,000 chaque année; ces rails passent sur plus de 2,000 milles de chevalets et de ponts en bois; sur ces chemins de fer, les voyageurs et les marchandises sont voiturés dans plus de 1,000,000 de wagons en bois, et une bonne partie des millions de tonneaux de marchandises sont expédiés dans des boites ou des barils en bois, et entreposés dans des hangars en bois. Il faut dix millions de poteaux de télégraphe pour établir la communication entre les marchés éloignés.

C’est la forêt qui nous fournit les tonneaux pour transporter nos vendanges au marché, pour emmaga-

siner notre farine et nos fruits; la forêt qni fournit les mancherons de la charrue et le bâti de la herse pour cultiver Mlatérre MlaSbitteuseMmécanique etulé moulin à vent pour préparer les grains des récoltes, la charrette pour les transporter au marché, les carènes pour leur faire passer les mers et les faire parvenir aux marchés étrangers, et jusqu’au goudron et à la poix requis pour que la cargaison soit en sûreté. Bien que les vaisseaux en fer aient en grande partie remplacé les navires en bois dans le service océanique notre trafic nmarnitnememoOnpaleSIECC Tee l’intérieur, qui requiert, aux Etats-Unis, un tonnage deux fois aussi considérable que celui du trafic transatlantique, se fait surtout dans des vaisseaux en bois.

On nous berce dans des berceaux de bois, nous jouons avec des Jouets de bois, nous nous asseyons sur des chaises et des bancs de bois ; nous nous plaisons à la musique des instruments de bois ; nous nous renseilgnons aux informations imprimées sur du papiendetboistavecsdeslénere noter eMttMDOl et même nous mangeons notre salade assaisonnée avec du vinaigre de bois,

Les usages déjà si variés auxquels le bois peut servir augmentent constamment. Avec la fabrication de la pulpe de bois et de la cellulose, une orientation toute nouvelle dans l'emploi du bois a été trouvée: cet emploi du bois appelé tout d’abord à remplacer à bon marché le papier de chiffons, augmente tous les jours de plusieurs manières, et menace, pour l’avenir,

de mettre à la plus forte contribution nos ressources

forestières, la fabrication du bois de pulpe ayant augmenté de plus du triple depuis dix ans.

Pour donner, en peu de mots, une idée de l’étendue de notre propre consommation de bois (en comprenant les exportations), nous pouvons dire que, si l’on compte cinq personnes par famille, chaque famille aux Etats-Unis, aussi bien qu’au Canada, consomme une moyenne d'environ 3,000 pieds cubes où environ 120,000 livres de bois sec par année, soit le rendement annuel d'au moins 60 acres de forêt.

On peut trouver plusieurs raisons à cet emploi si universel et si varié du bois. D'abord, le fait que le produit forestier se rencontre à peu près partout et la facilité avec laquelie le bois peut être obtenu et appliqué directement à la fin désirée, le mettent naturellement en réquisition dans les civilisations les plus primitives ; mais 1l y a en outre certaines autres qualités qui en rendront toujours l’usage désirable, sinon nécessaire. Comme combinaison de force, de dureté, d’élasticité et de légèreté relative, 1l surpasse tous les autres matériaux connus. Non-seulement une pièce de pin austral ou de pin des marais aura plus de force qu'une tige de fer forgé du même poids, mais employée comme poutre, elle portera sans plier six à huit fois la charge que porterait une barre de fer de la même longueur et du même poids. De plus, la poutre en bois supportera une plus grande flexion que les mé taux sans prendre de courbure ou se détériorer d’une facon permanente.

La facilité avec laquelle on peut lui donner une forme qu'il conserve, la qualité d’être à la fois maléa-

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ble et non changeant mais surtout d’être non conductible pour la chaleur et l'électricité, qui en rendent l'usage plus commode que celui des métaux, outre la légèreté spécifique de son poids, et plusieurs autres qualités, le rendent propre, de préférence aux autres matériaux, à plusieurs emplois.

Mais c’est surtout par son bas prix qu'il se recommande. Nous payons aujourd’hui, sauf pour les bois de fantaisie, au plus 60 centins du pied cube pour le meilleur bois, travaillé, tandis que le pied cube de fer en feuille ou en barre coûte de cinq à dix piastres. En outre, c’est le seul matériel de construction que nous pouvons produire et reproduire à volonté, quand nous savons bien que la plupart des autres matériaux que nous employons actuellement finiront tôt ou tard par être épuisés.

D'autres matériaux ont pris la place du bois dans certains cas, mais on a aussi trouvé à le faire servir à de nouveaux usages, et souvent même les matériaux qu’on lui avait substitués ont êté remplacés à leur tour par le bois, lorsque sa supériorité ou ses qualités spéciales ont été mieux reconnues. Même pour des objets aussi délicatement proportionnés que les bicycles, à la fabrication desquels les métaux semblaient être les seuls matériaux à employer, la supériorité du bois a êté démontrée, du moins pour certaines parties.

Un exemple remarquable de ce retour à l'usage du bois au lieu du métal, c'est qu’on y revient dans la construction des fabriques et des entrepôts afin de diminuer le danger des incendies. On a constaté que

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dans le cas d’un incendie, les solives et les colonnes de er se tordent et se déforment sous l’effet de la chaleur, e qui fait crouler tout l'édifice, tandis que, avec des colonnes et des solives de bois, 1l y a de bien plus orandes chances de voir les murs rester intacts.

Le charbon a remplacé le bois, dans une grande mesure, comme combustible ; cependant, d’après le recensement de 1880, plus de la moitié de la population s'en tenait encore au bois, et il n’y a pas de raisons de croire que la proportion ait changé d’une façon appréciable.

En efiet, Sal nous est permis de considérer les chiffres du recensement de 1880 comme encore comparativement exacts, à tout prendre, dans une vue d'ensemble, notre consommation de bois de chauffage représente environ les trois quarts de notre consommation totale de bois ; et même au point de vue de la valeur, cette proportion représente à peu près la moitié du total énorme de notre consommation de produits forestiers aux Etats-Unis, et excède en bloc plus que dix fois la valeur du fer et de l’acier emplovés dans le pays.

Le développement de l’industrie de la cellulose et des pâtes de bois, et comme conséquence l’usage plus répandu du papier qu’on en fait pour servir à toutes sortes de fins où l’élasticité et la durabilité unies à la force et à la légèreté sont choses requises, depuis les faux-cols, les manchettes et les peignes jusqu'aux roues de wagons de chemins de fer, a donné au bois une utilité nouvelle et toujours croissante.

Et puis, si l’on tient compte de l’emploi si géné-

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ral et si varié du bois, il sera bien évident que le remplacer par d’autres matériaux est chose difficile qui héeselleraipas sans incommodile et IenbDienNde 04 sans diminution de confort. Donc, de grandes réserves de bois continueront d’être, sans conteste, l’une des nécessités de notre civilisation, presque au même Hiraqueneaum'amenmesthente

À part l’approvisionnement de bois, la forêt fourmit d’autres matériaux d'assez srandevaleus. "Parmi ceux-ci deux classes au moins donnent lieu à des industries d’une étendue considérable, savoir: l’industrie du tannage et celle des gommes de marine.

écorce detcenmtamsStarpre MhATNeRe np Rcelle de la pruche et des chênes, parmi nos espèces indigènes, contient un principe chimique connu sous le nom d’acide tannique, qui sert à la fabrication du cuir.

Ainsi, les quinze cent mille cordes d’écorce à tannin, valant environ $10,000,000, qui sont employées annuellement aux Etats-Unis, comportaient autrefois le sacrifice de près de 1000 pieds de bois de construction pour chaque corde d’écorce; aujourd’hui, on en sauve probablement la plus grande partie.

L'industrie des goudrons, consistant à extraire des arbres sur pied de certaines espèces de pins, surcout le pin austral des marais, ainsi que d’autres espèces, le principe résineux qu'ils contiennent et à obtenir par la distillation la térébenthine, les différentes sortes de résines et de goudrons,-emprunte à la forêt pour une valeur d’environ #$20,000,000 par année, aux Etats-Uuis.

Une industrie semblable est celle de la sève

d'érable pour la fabrication du sucre, qui est particulière aux Etats-Unis et au Canada. Elle produit plus de 50,000,000 de livres de sucre et 3,000,000 de gallons de sirop, soit une valeur annuelle de $#6,000-

Enfin, par la distillation du bois lui-même, et la condensation des produits gazeux, on retire une quantité considérable d'alcool de bois, de vinaigre de bois, ainsi que d’acétates, dè créosote et autres essences de goudrons employés dans les arts, ce qui ajoute encore $3,000,000 où plus au revenu annuel provenant de la ressource forestière aux Etats-Unis.

Bien que la valeur des produits forestiers employés chaque année aux Etats-Unis aux lieux de consommation, après avoir subi une première préparation pour un usage ultérieur, puisse être portée à $#600,000,000, cette valeur se trouve augmentée ensuite, après qu'ils ont êté encore travaillés, à plus de $1,200,000,000 ; ce qui fait. que les résultats des industries forestières ne sont dépassés que par ceux des industries agricoles, dont la valeur des produits atteignait au recensement de l’année (1800) près de $2,500,000,000, tandis que la production totale des métaux qui pouvaient, d’une manière ou de l’autre, remplacer le bois, —l’or, l’argent et le fer compris, — atteignait que $270,000,c00, et que toute l’industrie des mines (les carrières et toutes sortes de produits miniers et argileux étant compris) dépassait à peine $600,000,000.

À mesure que la civilisation avance, l’usage du bois augmente, et durant les quarante dernières

années, cette augmentation a été des plus remarquables. La Grande-Bretagne n'ayant presque pas de terres à bois chez elle est à la tête des pays importateurs de bois ; elle en a importé l’année dernière pour une valeur de $125,000,000 (20% de plus que sa production de fonte). Durant les quarante dernières années, la quantité de bois employé dans ce pays a augmenté de 200 pour cent, tandis que sa population n’a augmenté que de 42 pour cent. La France depuis 70 ans, avec une augmentation de 20 pour cent de sa population, a augmenté de 700 pour cent sa consommation de bois. L'Allemagne est, après la Grande- Bretagne, le pays qui importe le plus de bois, ayant augmenté ses importations de 400 pour cent depuis 40 ans, soit 3% pour cent par année. Ces remarquables augmentations sont, sans doute, dues en partie au fait qu'il y a un plus grand nombre de manufactures qui préparent le bois pour l’exportation, mais dans son ensemble cette augmentation générale est la conséquence des besoins de la civilisation qui avance.

On peut indiquer de semblables augmentations dans la consommation per capita d’après les statistiques du recensement des Etats-Unis, pays qui de tout le monde entier est probablement le plus grand consommateur de bois : soit 350 pieds cubes de consommation Der capila, tandis qu’en Allemagne la consommation n’est que de 43, et dans la Grande-Bretagne, d’environ 15 pieds cubes.

Les statistiques du Canada indiquent que la valeur des produits forestiers en 1891 a été de $#80,000,000,

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