‹ La Forêt bruissanteChapitre 17 sur 23 · CEUX D ARCADIE · texte numérisé non relu

CEUX D ARCADIE

Jacques Simple que ton cœur soit serein Tu dois combattre et vaincre encor Les rois viennent cuirassés d'or Et pressent leurs chars de guerre...

Si tu veux vivre parmi nous, Hâte-toi vers la lisière D'où tu verras la Terre promise — Reprends-toi, berger blanc, debout, Car ta faute t'est remise.

JACQUES SIMPLE

Quel songe horrible pr^nd fin Où je rampais courbé sous la honte et la faim Et S0U3 la haine !...

Parmi des chants d'oiseau et des rayons vermeils La vision s'efface — Jacques se dresse : sur sa face Rè^ne une aurore plus belle.

JACQUES SIMPLE

Pierre, tu es là... toi aussi, Madeleine.. Un souffle de là-bas, dessille mes yeux

Et comme un feu merveilleux Un sang nouveau bat dans mes veines

Le sortilège se dissipe !

PIERRE

Ah ! Ah ! je voudrais voir la lippe Que fait à cette heure le mage Qui nous égara sous la brume.

MADELEINE

Malgré les sorciers et malgré leur rage

Nous verrons donc le pays que parfume

Une floraison radieuse.

JACQUES SIMPLE

Nous irons ! nous verrons cette contrée heureuse

Où règne la toute justice Mais pour que les destins s'accomplissent Il nous faut combattre encore une fois

Selon qu'ont dit ceux d'Arcadie — Or là-bas j'entends galoper les rois Et hennir leurs chevaux de bataille.

PIERRE

Les rois ? j'ai contre eux cette hache

Aux sûres entailles :

Nous les vaincrons car ils sont lâches.

MADELEINE

Je les barbouillerai de la boue des ornières Et je leur jetterai des pierres.

Que ma droite se dessèche Si je n'en tue un cent avec mes flèches !

Alors, joyeux, tous trois courent vers V Orient I^e matin embrasé flambe et rit dans le ciel

La brise leur verse Varôme ardent Et doux comme miel

Quelle ravit aux corolles dWrcadie .

Et la Forêt soudain flétrie A la splendeur de Vaube en flammes Pleure et geint comme une femme.

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