‹ La forêt de la Côte d'Ivoire et son exploitationChapitre 3 sur 35 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Par ce que nous en connaissons, la Côte d'Ivoire nous apparaît, non seulement comme l'une des plus riches Colonies françaises, mais encore comme l'une des contrées du monde les plus favorisées par la nature. Riche d'avenir, car à la faveur du climat chaud et humide dont elle jouit, son sol, extrêmement fertile, convient à toutes les cultures tropicales qui font la fortune des Iles de la Sonde, des Indes Britanniques, des Antilles et de l' Amérique centrale. Riche de présent aussi, car elle possède une forêt admirable dont l' exploitation n'est pour ainsi dire qu'à peine ébauchée et qui pourra alimenter des industries considérables.

Nous sommes heureux d'avoir l'occasion de faire connaître cette richesse, le parti qui pourra en être tiré lorsque, mieux éclairés, des capitaux, des énergies nouvelles consentiront, en bénéficiant de l' expérience acquise, de la mise au point de questions qui ont demandé plusieurs années de recherches, d'essais et de tâtonnements, à aller faire en grand ce qu'ont réussi à faire en petit les premiers pionniers installés là-bas, pionniers venus un peu par le fait du hasard, sans programme préalable, sans capitaux pour la plupart, dans un pays à peine conquis et dont ils ne connaissent rien. Et pourtant l'œuvre de ces pionniers, pour n'être pas parfaite, est déjà considérable, surtout si l'on réfléchit aux difficultés qu'ils ont dû surmonter.

Il ne faudra pas cependant que les nouveaux venus apportent avec eux cet esprit étroit qui se rencontre malheureusement trop souvent dans les entreprises coloniales, et dont la caractéristique est de vouloir obtenir des avantages immédiats avec un minimum de risques, un minimum d'efforts. Des fortunes rapides sont possibhs à la Côte d'Ivoire. Nous en avons connu quelques exemples ces dernières années. Mais faisons en abstraction et disons au contraire que la plupart des affaires à entreprendre à la Colonie, que ce soit dans l'Agriculture, dans l'Industrie ou l' exploitation forestière, sont des affaires de longue haleine qui ne peuvent donner de résultats qu'au bout de plusieurs années de labeur et de persévérance.

On remarque que M. MenIAUD ne fait l'apologie d'aucune entreprise particulière, de réclame pour aucun des groupements ou Sociétés ayant déjà des intérêts à la Colonie ou susceptibles d'en avoir par la suite. Nous lui laissons du reste la responsabilité des indications qu'il donne, nous-mêmes ne faisant que présenter son travail au public.

Ce travail est très complet, très documenté. Quoi qu'il en soit, il ne peut avoir qu'une portée trop générale pour dispenser quiconque désirera entreprendre là-bas une exploitation forestière, de procéder à une étude détaillée, minutieuse, des conditions dans lesquelles cette entreprise devra être organisée, puis d'établir un programme qui tiendra compte de tous les facteurs d'insuccès. Il est indispensable, pour cela, d'aller sur place et de consacrer à ce premier travail le temps et les soins nécessaires.

Nous avons Voulu et nous ferons notre possible pour continuer à offrir au lecteur une édition luxueuse, de façon que commerçants, industriels, hommes d'affaires, conservent assez longtemps sur leur table l'exemplaire qu'ils se seront procuré, qu'ils puissent, ayant un certain plaisir à l'ouvrir, le lire et le relire, bien s'imprégner de cette idée que la France possède, dans ses Colonies, un champ d'activité considérable pour ses enfants, des richesses qui n'attendent que des colons et des capitaux pour être exploitées ou mises en Valeur.

Nous aimons à croire que notre effort ne restera pas stérile. Quelque maigre que puisse être le résultat, s'il en est un, nous nous estimerons satisfaits. Notre ambition ne va pas plus loin.

Considérations générales sur le Pays et ses Habitants

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