J DÉFINITION
sur là volonté, c'est-à-dire sur le caprice des hommes,
61 tait perdre à ceux-ci le bénéfice de l;i notion de nécessité.
Si tant de folies n'ont pas Rousseau pour auteur responsable; si ceci n'a pas été engendré par cela, il faut
rayer de la définition de l'homme le caractère d'animal
raisonnable et logique.
Quand on demanda à Rousseau une constitution pour la Pologne, il rédigea une constitution pour la Pologne; quand on demanda a Rousseau une constitution pour la Corse, il demanda des matériaux en vue de rédiger une constitution pour la Corse. Dans aucun cas, il ne dénonça la monstruosité de cette entreprise : rédiger une constitution. Il renchérissait encore sur cette folie de principe en prétendant s'entourer de toutes les garanties d'un travail sérieux pour une œuvre de la plus pure démence. Comme si ses cartes et ses statistiques pouvaient rectifier son erreur initiale !
On l'admire de quérir une échelle pour enfourcher la lune.
Un troupeau de moutons n'est pas une société ; c'est une juxtaposition sans ordre et inactive. L'association est tout le contraire de cela. Elle exclut sans doute l'égalité et même la liberté ; mais elle est la condition de la vie, du progrès et de tout résultat humain. Et c'est pourquoi tout le monde moderne rejette et vomit l'égalité démocratique et le libéralisme anarchique. Il faut connaître son temps.
L'orateur de Parlement ne respire que dans l'antithèse et les figures de rhétorique ; il voit le jour et reçoit l'air par les fausses fenêtres dont parle Pascal.
L'intérêt général ne se représente pas dans le sens où l'entend M. Fouillée, c'est-à-dire par une catégorie d'hommes que le hasard désignerait à chaque génération ; il doit être servi par des institutions , c'est-à-dire par des organes permanents, et non représenté par des individus. On comprend que les intérêts particuliers, sérieusement organisés, se fassent représenter auprès du pouvoir central, siège de l'intérêt général. Mais auprès de qui l'intérêt général se fera-t-il représenter : ?
L'intérêt général n'est pas, comme semble le croire M. Fouillée, une idée générale, dont une certaine élite intellectuelle et morale, douée d'une « supériorité d'esprit et de caractère », aurait, seule, connaissance. La bourgeoisie libéro-parlementaire du xixe siècle, dont les méfaits ne se comptent plus, se crut ainsi appelée aux affaires par son instruction et ses vieilles mœurs. Elle échoua parce que l'intérêt général est simplement l'intérêt très particulier d'organes affectés à des services généraux : armée, marine, finances, diplomatie. Ces services demandent des techniciens, et, moins encore que du génie, de la méthode, de la préparation, de la suite dans les idées. A l'intérêt général il faut donc des spécialistes. Et « la montée universelle de la nation à la suite de son élite » perpétuerait la bousculade démocratique.
1. Ce qu'il faut, c'est que l'intérêt général de demain soit représenté auprès des serviteurs de l'intérêt général d'aujourd'hui.
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La atvou mon eut pour but et pour effet d'affranchir
l'individu de toutes les tutelles et défenses sociales que le génie profondément humain du moyen Age et de
l'ancien régime avaient patiemment construites en vue de soustraire l'homme au contact trop immédiat, au frottement trop direct et trop rude de la fatalité. Ces institutions, artifices, usages, mœurs et coutumes, fragiles et légers abris élevés par l'industrie politique, constituaient autant d'assurances contre l'instinct de l'homme ou l'injure sournoise des événements. Il n'y avait pas d'ordre plus spirituel que celui-là. Mais en un ;our la Révolution rasa la vieille Cité.
Elle ne réussit, en ramenant l'homme à l'état de nature qu'à le réduire sous la domination de toutes les forces matérielles. Et l'animal humain redevint la proie de cette fatalité qui le guettait jusque dans ses veines.