tome I, page
En ipii, pour illustrer une de ses pensées de fond qui transparaît dans tous ses écrits et qiiil n'a malheureusement pas eu Voccasion de développer, Pierre Gilbert donnait un premier témoignage de son admiration pour le Prince de Ligne. Il publiait à la Revue Critique des idées et des livres la plus belle sans doute des lettres à la marquise de Coigny. Je me rappelle ce matin d'été qu'il me l'avait lue d'abord, et le dessin léger des arbres sur le gravier du jardin.
a Cest sur la rive argentée de la mer Noire ; c'est au bord du plus large des ruisseaux, où se jettent tous les torrents du Tcxetlerdan; c'est à l'ombre des deux plus gros noyers qui existent, et qui sont aussi anciens que le monde ; cest au pied du rocher où l'on voit encore une colonne, triste reste du temple de Diane, si fameux par le sacrifice d'Iphigénie ; c'est à la gauche du rocher d'où Thoas précipitait les étrangers ; c'est enfin dans le plus beau lieu et le plus intéressant du monde entier que j'écris ceci... »
Si la page prenait enfin dans les anthologies la place dont elle est digne, mon ami aurait droit, j'ose le dire, à une part de l'honneur. Il lui trouvait ce titre, ami de la mémoire, que le prince avait seulement entrevu. Il disait la valeur du morceau, sa qualité, et le présentait enfin comme une parfaite manifestation de ce qu'il nommait si heureusement le sentiment magistral de la nature. Bref, il l'inventait comme un trésor abandonné.
C'eût été trahir le lecteur qui voudrait se reporter à la
méditation de Parthenizza que de le priver du commentaire de mon ami, où l'on goûtera d'abord un curieux rapprochemenl de plusieurs textes anciens et nouveaux. — E. M.