SUR JEAN-JACQJJES ROUSSEAU
venais, cherchant le républicain, que j'étais curieux de rencontrer. J'en ai vu trois : le premier murmurait, sans prononcer aucune parole articulée. Le second parlait avec un tel accent qu'il fit rire. Le troisième, fort grave, s'arrêtait tous les cinq pas pour dire à mivoix : « A bas la réaction française. » Il était vieux comme ses idées et, comme elles, bossu, par surcroît '.Je ne doute pas qu'il y en eût d'autres. Mais ils se taisaient.
Tout est fini. Plus de cent arrestations ont été faites. Dans les violons, dans le vestibule du poste et jusque dans la cour nos amis chantent tous leurs refrains'. Pareils à ces carabiniers dont on parle tant, les gardes à cheval font à présent carrousel dans la rue Soufflot : sur un ordre maladroit dont le retardement prouve assez le désarroi de la police. Sans eux, tout le monde s'en allait... Il était juste d'ailleurs que des soldats nous retinssent pour nous donner l'occasion d'acclamer Maurras lorsqu'il arrivera, se croyant en avance. Pouvait-il prévoir, lui, si raisonnable, que le mite à la mémoire de Rousseau serait si vite dépêché ? — Eugène Marsan (Revue Critique des idées et des livres).