‹ La forêt des CippesChapitre 147 sur 181 · LA NOUVELLE CROISADE DES ENFANTS · texte numérisé non relu

LA NOUVELLE CROISADE DES ENFANTS

Pâques, avril et mai, saison tiède où les désirs, après les cloches, passent les monts et tendent vers les pays heureux où l'on dit que la vie est belle. Après la montée, la joie de découvrir la fertile vallée, la ville opulente et superbe qui s'étend dans la plaine. Le plaisir sans nulle angoisse de descendre, comme en plein ciel, vers les fruits d'or qui s'offrent sous la main. Léger gonflement d'amour infini au premier souffle tiède qui nous touche à la face...

Tels sont, dirai-je, les éléments charnels du conte religieux que M. Henry Bordeaux oftVe à tous les enfants, qu'il dédie à trois délicieuses petites filles, mais qui est aussi pour les grandes personnes. En un récit tout simple et d'une invention neuve, le romancier célèbre a groupé les symboles de tout ce qui sollicite et ravit au delà des Alpes et rallie autour de la Rome éternelle l'imagination des enfants, c'està-dire de tous les hommes. Italiam, Italiam...

Il va sans dire que cet attrait ne réside pas entièrement dans les sensations de la route. Les grands souvenirs ne parlent pas moins à l'esprit : il y a tous les passages fameux de ces monts historiques, les croisades après les ruées des barbares, les guerres d'Italie qui répandirent sur l'Europe pour trois siècles un souffle d'humanité et un parfum de bonnes lettres, et les campagnes d'Italie, prélude de l'assombrissement général par le réveil des nationalités ; il y a la Rome de Tite-Live et de Tacite et la Rome des Papes, y compris la réclusion du Pontife souverain. Un beau jour.

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